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B05TON PUBLIC LIBRARY.

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NOVVELLE METHODE

POVR APPRENDRE

F ACIL EMENT

LA LANGVE GREQVE:

CONTE N A NT

LES REGLES

DES DECLINAISONS, DES CONJVGVAISONS, de rinVeftigation du Thème, de la Syntaxe, delà Quantité , des Accens, des Dialedes , & des Licen- ces Poétiques.

MISES EN FRANÇOISy DANS VN ORDRE

très- clair çfr très -abrégé.

ét§zc un grand nombre deRemarques tres-folidcs & tres-nccelTai-

respour la purhitte connoifTance de la langue Greque,

& pour rintelligence des Auteurs.

A PARIS,

De rimprimerie d'Antoine Vitre. Chez Pierre lePetit, Impr. & Libr. ordin. du Roy;

rué S. lacques, àlaCroixd'Or.

* M. DC, LV.

Auec VriHïleg: de fa Majeflé.

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-*r*AOAMS

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P R E F A C E,

Ou il efî parlé du renouueUement des Lettres Creques dans ï Europe^ (d^ de ceux qui y ont le plus trauaillé.

Auec quelques aduis généraux pour bien monftrer ôd bien apprendre le Grec, &: vn jun-ement des plus beaux auteurs, foit faints ou profanesj qui ont efcrit en cette Langue.

I. Des anciens qui 07it tYaua'tUé fur Iz langue Grecque :

Et de la différence qK'il y a entre apprendre

'vne langue viuante ^ vne morte.

EN F I N 5 mon cher Le{fî:eur, Voicy la Novvelle Méthode pour la Langue Grequcjqui a efté de- mandée auec tant d mflance ; mais que j'aurois eu peine de donner encore toft, dans le deiir que j'auois qu elle peuft eftre auiïi vtilejqu'on a jugé celle de la Lan- gue Latine, fi les prières qui m'en ont efté faites de tous codez ne m'y auoient obligé, La difficulté do l'entrepris fe , & la connoifTance que j'ay de mon peu de fçauoir m'en auroient mefme entièrement détourné , il l on ne m'y auoit engagé plus d'vne fois ^ & je me ferois tenu dans le fîîence pour céder la place à tant de Sçauans qui ont trauaillé & qui trauaillenc encore fur le mefme def- fein, Çi l'on ne m'auoit perfuadé que cet Ouurage , quoy qu'mferieur en mérite à ceux -des autres, ne feroitpeut- eflre pas tout a fait infrudueux, puis qu'il fil digéré dans vn ordre tout nouueau, & que quelques particuliers qui

a ij

iv: 'PREFACE.

s'en font feruy depuis quelques années croyent en auoir

reCeu du foulagement.

Cette Langue a toûjouis efté tellement eftimée qu'el- le n'a jamais manqua d'hommes habiles, qui ont em- ployé leurs veilles 5 leurs trauaux, & leur lliiiirance à Tefclaircir. Et nous pouuons dire, qu'elle a cet auantagc prefquefur toutes les autres, qu'il n'y en a point pour la- quelle on ait tant trauaillé en toute manière , & qu'elle a eu des maiftres qui Tout enfeignée par art , ^ en ont efcrit des Grammaires long-temps auant l'Hébraïque, quieft neantmoins la plus ancienne des Langues, & cel- le > dont la Greque mefme a tiré fon origine. Suidas nous a laifTé vnterraoignage honorable de quantité de CQS, auteurs , la plufpart deiquels fe font perdus par le temps, &r d'autres font arriuez jufques a nous, entre lef- quels fontparticuherement recommendables Apollone d'Alexandrie, furnommé le Difficile, qui viuoit fous M. Aurelle il y a prés de quinze cens ans, & Herodien fon fils , qu'on eftime auou* efté celuy qui nous a laiile 1 Hiftoire. L'on y peut mefme adjoûter Tryphon, qu'on croit eftrc celuy qui viuoit du temps d'Augulle , comme encore Theodofe, Denys Cherobofque, 6c quelques autres.

Mais C\ ces auteurs (ont eflimables pour leur érudi- tion , parce qu'ils doiuent eflre confiderez comme des ruiffeaux, d'autant plus purs qu'ils approchoient plus -de la fource', efcriuant en vn temps, la Langue eftoic en- core viuante , & fubiiftoit en elle-mefme : on peut dire neantmoins qu'il y a beaucoup de chofes à defirer en eux , pour ce qui eft de la difpofition &: du jour que l'on peut donner aux chofes à nollre égard : y ayant vne ex- trême différence entre la manière de traitter d'vne Lan- gue qui vijj^ncore , & celle de l'enfeigner lors qu'elle n'eftjiiis dJPslVfige: & la Grammaire n'eftant jamais moins paifaitte que lors que la Langue l'eft dauantage.

I

PREFACE. V

parce que IVfage fupplée prefque à tout ce que l'art pourroit defirer fur ce fujet.

Aulîî voyons-nous , que les Romains n*auoiem rien plus en recommendation pour fe perfectionner en cette Délie Langue , que d enuoyer leurs enfans efludier â Athènes, afin d'en remporter toute la pureté &:ladeli- catefTe, ce qui a duré long-temps mefiiic après la ruïne de leur Republique. Mais depuis que par les inuafions des barbares & des Turcs , la barbarie fe fut introduite dans toute TEÎirope, fans efpargner mefme la Grèce, qui auoit toujours efté comme la mère des beaux efprits , & Ja fource des fciences : cette Langue commença telle- ment à dépérir , qu'elle deuint prefque inconnue a tou- tes les nations & aux Grecs mefme , entre lefquels, quoy qu'elle ne foit pas encore tout à fait éteinte , elle iVell prefque pas nçantraoins reconnoiflablç.

1 1. Renouuellement d^ la langue Oreque en Europe , ^ p/trucur Ititement en Jrance ^ en Italie.

Xadeftruâiion de l'Empire d*Orient eut cela d'auan- tageuxpour nous dans fon malheur, que ruinant cette illuftre Monarchie, elle jetta en Occident ce qui luy reftoit d'homjTies habiles pour y faire reuiure les belles Lettres.

L'Hiiioire remarque entre \ç.s autres Emanvel Chrysolore, qui ayant eflé enuoyé en Europe par lean Paleologue Empereur de Conftantinopie pour implorer l'afliftance àcs Princes Chreftiens,. & s'eftant acquitté de fon ambaffade auec beaucoup de trauaux, s'arrefta en Italie, & enfeigna à Venife, à Florence, à Ro- me & a Pauie y ayant eu pour auditeurs quantité d'hon> mes habiles qu'il laifra après luy, comme Phiielphe, Grégoire de Tefernes, Léonard d'Arezo, Pogius & an- cres. Et enfin eftant allé à Confiance il y mourut du temps du Concile, qui fuiitçn 141^^.

vj P R E F A CE.

Argyropyle de Conilantinople profelfa auffî à Florence quelque temps après Chryfolore , & fut Pré- cepteur de Pierre de Medicis , & de Laurent fon ^\s, C A L c o N D I L E fut vn de Tes fuccelTeurs : mais ayant efté obligé de fe retirer pour céder aux violences de Po- litien fon ennemy , il s'en alla a Milan , il fut appelle par Louïs S force , & y enfeigna.

Gaze deTheffalonique vint en Italie après laprifc de fon pais fur les Vénitiens, qui arriua en Tannée 1444. H fleurilToit en mefme temps que George de Tr e-' B I s o N D E , qui fut chargé de la conduitte dVn àts Collèges de Rome par Eugène I V. Et Gaze fut pour- ueu dVn Bénéfice dans la Calabre , il vefcut la pluA part du temps.

La France , qui a toûj ours efté le théâtre àcs grands efprits, vitprefque en ce mefme temps laconnoifïance de cette Langue , qui y auoit cfté long-temps enfeuelic dans l'oubly , s'y renouueller par larriuée des grands hommes qui y vinrent faire monftie deleurfuffifance. Grégoire natif de T i F e r n e s en Italie, IVn des difciples de Chryfolore , fut le premier qui en fraya le chemin, &pajG['ajafques à Paris il y a prés de deux cens ans, il futreceu fauorablement duRedeur & de TV- niuerfité, fous Louïs XI. &: y enfeigna publiquement. Lebontraittementquilyreceut, y attira peu de temps après Hermonime de Spattes qui luy fucceda, & eut Capnion 6c Budé pour auditeurs : & en fuitte vint encore Tr a n qv^i lle Androni q^ e , qui fut le dernier de ceux qui y arriuerent fous ce mefme Roy.

Iean Lascaris, qui auoit toutes les qualitez dVn homme illuftre par fon fang & par fa rare fuiîîfan- ce, quitta l'Italie pour venir encore en ce Royaume après la mort de Laurent de Medicis, de qui il auoit efté receu honnorablement, & qui Tauoit employé a drelT'er cette famcufe Bibliothèque de Florence, pour laquelle

PREFACE. vij

il fît vn voyage dans toutes les terres du Grand Sei- gneur, & la remplit àcs plus rares M. S. de l'Orient. Il fut aimé de deux de nos Roys Charles VIII. & Louis XII. Ikcc dernier fe feruit de luy en qualité d'Agent pour traitter auec les Vénitiens.

B V D e' acheua fous luy de fe former dans cette Lan- gue admirable , & il s'y rendit fi habile , qu'il fut vue merueille^e fon temps , ôc qu'il a défriché luy feul tout ce qu'il y auoit prefque de plus difficile dans tous \ts Auteurs. Il fut dans vne eftime toute particulière auprès de François I. qui l'honnora dVne charge de Maiflre des Requeftes , & qui à fa ibllicitation eftablit la BibUothe- que Royale , laquelle a toujours eflé coniîderée comme vne àts premières de l'Europe, 6c fonda les Chaires des ProfefTeurs Royaux pour les Langues & les Mathéma- tiques àés Tannée 1530. aufquelles les autres ont cfté adjoûtées depuis.

La langue Greque commença dés lors a refleurir de plus en plus, &: à eftre cultiuée dans toutes les Prouin- ces de l'Europe. Et Ton peut dire que rVniuerfité de Paris, qui a toujours efté comme vne Mère féconde d'elprits excellens en toutes fortes de belles Lettres, fut vne de celles qui y coopéra dauantage. C'ell elle qui releua la première le rare mérite de Hier. Aléa n- D R E ; & qui l'ayant veu enfeigner publiquement le Grec quelques années dans fes Efcoles , l'honnora de la conduitte d'vn Collège , après quoy ayant efté connu du Pape Léon X. il fut enuoyéNonce en Allemagne ^ puis fait Euefque de Brindes par Clément VIL Ec çn iuitte Cardinal par Paul III. C eft d'elle que font for- tis les Capnions, les Erafmes, & les Gefners , qui ont en fuitte refpandu leur fuffifance dans toute l'Allemagne , & les Païs-bas. C'eft elle qui a formé lesBudez, Se \c& H. Eftiennes , qui ont feruy plus que nuls autres au rcfta- bliffement des Lettres Greque s dans tout le monde -, ce-

a 111).

viij PREFACE.

luy-la parfës^octes Commentaires, &cclay-cy par Ton

riche Threfor, tous ceux qui ont trauaillé depuis fur

le mefmerujet, ont prefque puifé comme dansdeviucs

fources , tout ce qu'ils nous ont killé de plus confidera-

ble fur cette Langue. Et enfin e'efl elle, qui comme vne

pépinière vniuerfelle a toujours porté de temps en

, temps, & porte encore aujourd'huy des perfonnes re-

commendables en la connoiflfance de cette Langue ,

comme en celle de toutes les autres fciences , 6< de tous

les arts.

1 1 1, lye ceux qui ont efcrit de la Grammaire Greque en ees derniers fie de s , foit en Grec , [oit en Z^tin.

JVlais pour reprendre les.chofes vn peu de^plus hautjt & retourner aux Grecs naturels que )'ay quittez.

C H R Y s o L o R E fut le premier entre ceux-là, qui commença à donner quelques préceptes abrégez de la langue Greque dans l'Italie , d'où elle auoit efté bannie durant plus de fept cents ans, comme le tefmoigne Léonard Aretin fon difciple, l'vn des plus ha- biles hommes de Ton temps, &qui a efcrit fa vie.

En fuitte Gaze mérita la loiiange de tous les do- utes par fa Grammaire, qu'il diuifa en quatre liures . Mais Calcondile voyant qu elle eftoit obfcure 6c dif- ficile, trauailla aufli à donner quelques règles plus aifées pour ceux qui commencent.

Et enfin Constantin Lasgarts eftant ve- nu après les autres, tafchade fe rendre &plus clair & plus ample en beaucoup de chofes , & reftablit vne pat- rie de lancienne gloire d'Athènes à Meiîine , il en- feignoit encore en 1470.

Depuis ce temps-là TEurope ne manqua pas de gens qui efcriuirent fur le mefme uijet : &: plufieurs à l'imi- tation de ces Grecs naturels , qui nous auoient laiiTé en Grec les préceptes de la langue Greque, commencèrent

PRE F A C F. ix

aiiflî à en donner en Latin-, entre le fqucls furent parti- culièrement eftimez Vrbain précepteur de Léon X. & C A N I N I V s qui enfeignoit dans T Vniuerfité de

Paris.

ClenArd s'acquit aufli beaucoup de réputation par le petit abrégé de Grammau'e qu'il publia en Flandre dés ^6. lequel il ne pût reuoir , parce qu'il alla aulli- tofl en Efpagne, il fut Précepteur du frère du Roy de Portugal, & de la paffa en Mauritanie pour appren- dre la langue Arabefque , en laquelle il vouîok traduire TEfcriture fainte , dans le defir ardent & tout Chrcftien qu'il auoit de la conuerfion des Mahumetans -, puis en- fin eftant rappelle en Efpagne , il y mourut en 1542. Mais Ram vs, ou en François U RjimU y qui vint bien-toft après, &: en qui rVniuerflté de Paris fe peut glorifier d'auoir eu vn homme qui a prefque renouuellé routes les fciences humaines , tafcha de donner quelque lumière à cet art par vn nouueau chemin, comme il auoic fait à tous les autres \ ôc dreffa fa Grammaire qui fur pu- bliée à Paris dés 1557. & depuis en Allemagne , elle fiit auflî-toft embrafTce de la plufpart des Efcolles, pen- dant que fes ennemis tafch oient de le décrier a Paris , il fut tué en 1571. Nous voyons auiTi que plufieurs hom- mes dodcs ont trauaillé depuis en fuiuant fes traces, comme entr'autres Henry Cranzivs, &le tres- fçauant Sylbvrge: & nous y pouuons joindre mef- meALSTEDivs &: Sanctivs, quoy qu'ils fe foient vn peu détournez de la route de ces premiers.

Ainfi l'on peut dire , que fi Ramus n'a pas trouué en- tièrement la véritable manière d'enfeigner méthodi- quement 8c cet art Se les autres , au moins il l'a recher- chée des premiers , Se a donné aux autres par fon exem-

le vn loiiable defir de la rechercher : en forte que toute a gloire en eft toujours deue à rVniuerfité de Paris, comme à la mère qui auoit produit ce grand Génie,

i

X P R E P A C B.

C'eft a elle-mefme que ie confacre le peu que ie puis dans ce petit Ouurage, & a qui fera deu tout le fruit qui en pourra naiftre, toutefois l'onenreconnoift quel- quVn. Car ayant fait profelîion de n'y rien auancer de moy-mefme ; mais de rechercher auec foin ce qu'il y auoit de plus curieux en cet art , & dans les anciens, & dans les nouueaux : ie puis dire auoir puifé plus que d'aucun autre, de Caninius qui s'y eft formé, èc de Syl- burge & de Sandius , que l'on doit confiderer comme les difciples de Ramus.

Ce n eft pas que ie ne me fois aulîî beaucoup feruy des autres , & particuUerement deVossivs. Mais comme il eft aife de voir, que laplufpart des chofes qu'il a adjoûtées à la Grammaire de Clenard, pour en former celle qui porte aujourd'huy fon nom , n'ont efté prefque tirées que de celle de Sylburge , & de Caninius \ ie pri- uerois cqs deux hommes véritablement habiles dVne loiiange qui leur eft juftement deue , fi ie ne rendois ce tefmoignage à leur fuffifance, & li ie ne confeftbis icy le foulagement que j'en ay receu. le me fuis encore feruy de Crufius, de Tfchonder, de Gualtper, de Surcin , de Gretfer, de Golius, d'Huldric, d'Alftedius, &deplu- fîeurs autres : fans parler d'Euftathe, Hefyque, Phauo- rin, Budé, H. Eftienne, Gefner, Conftantin, Scapula, & autres anciens ou nouueaux Didionnaires , Scoliaftes, Commentateurs & Auteurs , que j'ay eu foin de lire auec toute Texaditude qu'il m'a efté poiTible , ou de les confulter dans les rencontres.

IV. Ce qui a obligé d'entreprendre cette Nouuelîe Méthode, ç^- de la. mettre en Franfois.

Que quclqu'vn après cela s'eftonne, que ie me fois auancé de propofer icy vneNouuelle Méthode pour la langue Greque , puifque j'auou'é moy-mclmc que tant deperfonnes y ontdesjatrauaiUé, il eft aifé de refpon-

PREFACE, .Xj

dre , qu'encore que cette Langue demeure toujours la mefme , neantmoins l'art de la propofer eft toujours nouueau : & que prenant toujours la mefme matière dans les mefmes fources, on en peut diuerfifier vne infi- nité de projets , fans que cela nous puifTc rendre coupa- bles d'autre faute , que de donner fujet a tout le monde d'admirer dauantage la beauté de cette Langue, &: la fé- condité de cet art, qui eft comme la porte 6c l'entrée de tous les autres.

. Mais j'adjoûteray encore que Clenard, qui a eu quel- que cours dans les Efcoles jutques à prefent, n ayant ja- mais efté jugé fuffifant pour l'intelligence entière de cet- te Langue , parce qu'ainfi que dit fort bien Conftan. Lafcaris, la langue Greque eflant comme vne mer très-- vafte, c'eft en vain qu'on prétend d'en rechercher la cca\- noifTance dans de lîmples abrégez : & plufieurs ayant trauaillé à éclaircir ou amplifier cet Auteur : ( encre lef- quelsonpeut dire , cemefemble, que ceux qi\i ont le mieux relifli, ont efté Monsievr Govlv célèbre Profefteur du Roy, 6c Monsievr Meri gon qui a enfeigné la langue Greque 6c THebraïque dansl'Vni- uerfité de Paris) on doit d'autant moins trouu er étrange que nous tafchions aulîidenoftre part, adonner quel- que loulagement à ceux qui défirent s'y aus.ncer , qu'il fembloit bien à propos , qu'après tant de hures efcrits en Grec 6c en Latin fur ce fujet, il s'en fift auiîi quel qu'vn en François pour la majeftc de ce grand Royaume : perfon- ne, que ie fçache, n'ayant encore entrepris de le faire, au moins dVne manière qui renfermaft tous les préceptes de l'art, 6c les règles neceftaires a laconnoilïance de cet- te Langue : quoy qu'on ne puiiTe pas douter que ce ne foitvn moyen auantageux pour les conceuoir bien plus viuement , Ik, fe les rendre plus {)refentes 6c: plus fami- lières.

Si cela feul cuft pu fuifire pour Tentreprifè de mon

xij P R E F A C E.

defTein, il paroiftra fans cloute encore plus légitime, puifque ie n'y propofe pas feulement ces règles en Fran- çois 5 mais encore envers François , dans toute lexaéti- tude & la clarté qui m'a efté polTible, & dans vne facilité a les retenir & à les imprimer dans la mémoire, qui ne fe peut mieux refTentir que par l'expérience de ceux qui prendront la peine d'en effayer.

V. Vijpojttion ^ diuijîon de tout cet Ouurage.

X^'O économie que j'y garde en eft mefme toute nou- uelle. Car ayant reconnu par beaucoup d'expériences que la Méthode de Clcnard n'eftoit pas la plus auanta- geufe , & que celle de Ramus auoit autîl quelque chofè 3'embaralïant ôc d'incommode, que Sylburge auoit re- marqué en partie , & a quoy Sanétius auoit voulu remé- dier en prenant vn autre chemin : ie me fuis tellement feruy de tous ces auteurs, que j'ay ta-fché d'en prendre ce qu'ils auoient de plus vtile , fans m'engager a ce qui eftoit trop embrouillé , ôctrop efloigné de la méthode ordinaire , qui eft aujourd'huy receu'è en France.

l'ay diuifé ce petit Ouurage en neuf liures. Le pre- mier defquels parle de l'analogie des lettres, de leur pro- nonciation 5 ôc des changemens & rapports qu'elles onc enfèmble , ce qui fert d'vn grand fondement pour toute lafuitte. Le i, traitte des Declinaifons , des Noms, Ôc Pronoms. Le 5. de la Conjugaifon des Verbes en a. Le 4. de la Conjugaifon des Verbes en (xt. Le 5. des Défectueux, &de Tlnueftigation du Thème. Le 6. des Particules indéclinables , auec vn Traitte fort vtile de la dériuation & compofition des Noms. Le 7. de la Syn- taxe. Le 8. des Remarques curieufes fur toutes les par-r ties du difcours. Et le 9. de la Quantité & des Accens^ auec vne recapitulation des, Dialedes &c djs Licences Poétiques. le réduis toutes les Déclinaisons à deux j vne

PREFACE. XJlJ

pariiy llabe, 6c vnc imparifyllabe : mais ie diuife cette pa- rilyUabe encore en deux*, iVne qui fuitrarticle Féminin, &qui a vn rapport entier à la première des Latins ; ÔC l'autre qui fuit l'article Mafculm, & qui fe doit rapporter à leur féconde DecUnaifon, comme rimpauifyUabe le rapporte à leur troifierme , ôc les Centrales aux deux autres Latines , que nous auons dit ailleurs n eftre pro- prement que des branches de cette troifiefme.

le réduis de mefme toutes lesCoNJVGAisoNSa dcuxj IVne des Verbes en «, & l'autre àcs, Verbes en ^ : mais ie diuife encore ces Verbes en en deux efpeces, fçauoir celle des Verbes Barytons , & celle des Circon- flexes , que j'ay fait imprimer en deux différentes cou- leurs, afin qu'on pût voir fans peine la manière de conju- guer ces Verbes, tant la fimple que la Circonflexe , fans eftre obligé de les confondre.

La DISPOSITION DES Temps que ie tiens , &: leur formation eft aulTinomielle : parce qu'ayant confi- deré que le Prétérit dépend du Futur en beaucoup de chofes auOi-bien que l'Aorifte -, j'ay creCi qu'il cftoit à propos de mettre ce temps dans l'ordre auant ces deux derniers : & ayant trouué par expérience au(îî-bien que Ramus, Sylburge, Cranzius, Sandius , ^ plufleurs au- tres tres-habiles en cet Art, que cette longue généalogie de temps, par laquelle on les forme fucceflluement les vns des autres , eft aufli def-auantageufe dans la pratti- que, qu elle paroift plaufible à ceux qui ne l'ont pas bien examinée : parce qu'elle ralentit l'efprit dans vn fi long circuit, ^ le retarde parmy tant de retours , par lefquels il eft impoflible qu'il pafTe aufli vifte qu'il feroit k délirer, pourarriuerauTheme du Verbe : j'ay donné vne ma- nière, fuiuant à peu prés celle de Cranzius difciple de Kamus, delesrappeller tous immédiatement au Futur de l'Adif : qui nous eft toujours auiTi familier & aulîî connu que le Prefent mefiiie.

XÎV PREFACE.

Ainfî en quelque temps & en quelque mode que ie me rencontre, foit de l'Adif, Toit du PalTif, ou du Moyen , ie remonte ordinairement au thème du Verbe en deux tours , ce qui ne Te fait pas quelquefois en fix ou fept dans la méthode ordinaire.

lay renfermé en chaque Heu tout ce qui eftoit des Dialectes & des obferuations propres à chaque forte de Noms & de Pronoms, ou particulières à cha- que temps des Verbes , ayant reconnu par expérience combien c'cft yne chofe fafcheufe à ceux qui manient vn liure, d'eftre obligez de chercher ce qui eft de mefme nature à deux ou trois endroits differcns. Mais j'ay tel- lement diftingué les chofes par diuerfes fortes de let- tres, qu'elles nepeuuent faire aucune peine à ceux qui les voudront palier.

Car pour ce qui eft des Noms 6c Pronoms, donnant d'abord la manière de les décliner lelon la langue com- mune, j'ay mis en fuitte des tables qui en renferment les terminaifons auec toutes les différentes Dialedtes^ en forte qu'on y peut voir d'vne feule veuè tout ce qu'on peut délirer.

Et dans les Verbes ie donne d'abord vne Table pour conjuguer, foit l'Aclif , foit le Pailif, ayant choili pour exemple de^ Barytons 77V.) , après Sandlius , comme vn des Verbes les plus fîmples, & fur lequel on peut plus aifément rapporter les autres : Puis ie traitte encore en luitte de tous les temps en particuher, j'ay laiffé lù-^ea pour modelle en faueur de ceux qui y font desja accoû^ tumez : & mettant la façon commune en grolfe lettre, ie joins les Dialectes particulières à chaque perfonne au defïbus en plus petits caractères, adjoûtant encore en fuitte vn petit difcours de cesmefmes Dialedes , qui en explique l'analogie , & les rend très- faciles à retenir. C'eft pourquoy ie n'ay pas creu mefme qu'il fufl befoin de les renfermer toutes dans les vers, dans lefqucls ie me

PREFACE. XV

fuis contenté de comprendre celles ou qui eftoient plus necefTaires , ou qui pouuoient plus aiiément s'échapper de noftre mémoire.

Mais confiderant combien il eft vtile pour ceux qui commencent d'auoir prelént ce qu'on appelle l'Inve- stigation Dv Thème, ie Tay comprife très- cxadlement en des règles tres-vtiles , quoy que ie ne fca- che perfonne de ceux qui ont trauaillé à mettre en vers Latins les règles de la Grammaire Greque qui l'ait voulu entreprendre.

Pour ce qui eft de la S y n t a x e, ie l'ay comprife en fort peu de règles , mais fuffifantes neantmoins , parce que ie fuppofe qu'on aura desja quelque connoiflance de celles de la Méthode Latine : & j'ay referué ce qu'il y auoit de plus particulier à remarquer, ou dans les Aduer- tilTemens, qui font en petite lettre à la fin de chaque Règle , ou dans le huitiefme liure , qui eft tout de R e- M A R dV E s curieufes & confîderables, faifant voir par tout la raifon du régime pour entrer auec plus de lumière dans la leélure des auteurs, qui eft le principal but qu'on fe doit propofer en cette Langue.

y I. Trois chofes necejfaires à la connoijfance d'vne Langue,

le croy qu'il ne fera pas hors de propos de remarquer icy qu'il y a trois choies qui nous peuuent particulière- ment fauorifer dans ce delTein , & nous conduire à la parfaite joiiiffance de ce que nous délirons. La i. eft vne connoiffance fuffifante de toute la Grammaire. La i. eft la connoiffance des motsj & la 3. celle de la Phrafe, fans lefquelles chofes il eft impoifible d'arriuer à l'intelligen- ce parfaitte de quelque Langue que ce foit.

Si la Greque eft vn peu plus difficile que la Latine pour ces deux premières parties , elle a au moins céc- auantage qu elle nous eft beaucoup plus aifée pour cette dernière ^ qui comprend des difficukez prefque inima-

xvj F R E F A C É,

ginables dans le Latin : parce que cette Langue a vn tour bien plus éloigné de la noftre que non pas la Gre- que 5 & qu^eftant plus concife & ayant moins de mots* elle eft obligée de donner bien plus d'eftendue & de Significations différentes ou métaphoriques àvnmefiTie mot , & de fuppléer par la variété de la phrafe , & la ai- uerfe liaifbn des termes, à ce que les Grecs peuuent fou- uent exprimer par vn mot propre & particulier , ou par Vn oompofé pris de plufieurs racines.

Pour ce qui eft de la Grammaire, il ferapeut- cftre difficile de trouuervne manière d'en acquérir vne afïcz exa6te connoilTance en moins de temps que par cette Nouuelle Méthode. Car ayant reconnu il y a long- temps, que c'eftoit ce qui arreftoit plus lauanciement qu'on pouuoit faire dans cette Langue, parce que les abrégez ne fuffifent pas pour nous donner entrée dans les auteurs , & que les Grammaires vniuerfelles de Scot & d'Anteiîgnan font mal digérées , fans aucun ordre, fans aucuns principes , & remplies de tant de chofes, ou inutiles, ou embaralTiintes , qu'on ne fe peut prefque re- foudre à les lire : j'ay tafché d'apporter à celle-cy tout l'ordre qu'il m'a efté poffible : foit par la diipofition , & le changement des caradleres *, par la diuifion des liures êc A<is chapitres, par les titres qui nous marquent en cha- que page dequoy l'on parle , pour pouuoir trouiier tour facilement j & par les Relies qui renferment en peu de mots ce qu on doit Içauoir preciiement , & qui 1 impri- ment aifément dans la mémoire : foit en rapportant tou- jours les chofes autant qu'il fe peut à des principes géné- raux, tant pour ce qui eft de l'analogie des Noms , Ats Verbes, & des Dialectes , que pour ce qui eft de la Syn-* taxe , d^s Acccns , Se de tout le refte. Ce qui ne donne pas peu de foulagement auxperfonnes qui commencent à eftudier par reflexion & par jugement.

Car pour ne rien dire icy que ce qui eft fccu de plu-

ficurs.

F R B F A C E^ xvi)

iîeiirs , & ce qui a e(lé reconnu par diuerfes expériences î Ion a veu des enfans fort jeunes, 6cdVnerpric mefine aflez médiocre , fçauoixpaflablement toute leur Graip^ maire en moins de deux ou trois mois par cette Métho- de. Quelques-vns mefme en moins de fîx femaines , font tirez de tous ces principes pour entrer auiîi-toft dans laprattique &: dans l'exercice de quelque auteur.

Mais ayant remarqué en fuitte que fçauoir la Gram-» maire efloit trop peu de chofe^ l'on ne trouuoit moyen de foulager encore la mémoire par la connois- sance des mots, qui font fouuent auflî éloignez 4Îe ceux de noflre Langue, que les caraderes en font dif- ferens j au lieu que les Latins y ont ordinairement vix rapport entier: jay voulu vous faire prefent en mefmc temps d vn autre petit Ouurage non moins vtile que ce- iuy-cy 5 qui eft des Racines Greques mifes en petits vers François, auec leurs principaux dériuez au deffousjcom- me du moyen le plus propre & le plus facile que j'ayc pu recouurer par [expérience, pour apprendre auec plaji- fir & auec fruit les mots de cette Langue : quoy que ic n'en dife icy rien dauantage , parce qu'on peut voir 1 a- uis que j ay fait mettre au deuant de ce petit liure.

Pour ce qui eft de la Ph ras e , ie croy qu on trou- uera vne partie des principales difficultez qui s'y peu- uent rencontrer, expliquées dans le y.ôc 8. Hures, qui font de la Syntaxe êc des Remarques , & que rien ne nous peut plus feruir à déueloper toutes les difficultez dudilcours, que les maximes générales que j'ay tafche d*y eftablir clairement &: d'appuyer de quantité de beaux exemples, que fay traduits en François , pour les rendre plus clairs, plus familiers, & plus vtiles. Que s'il refte encore après cela quelque chofe à délirer, foie pour l'intelligence de la Phrafe , foit pour l'application particulière de certains termes & de certains mots* ie tafcherayjûDkttm'enfwt la grâce, de trauaiiler pouir

xviij ^ PREFACE,

vous y dannci* quelque foulagcment dans vn autre ou- urage que ie vous prépare , qui iera d.*autant plus aile à retenir qu'il fubliftera tout dans vn enchaiinement con- tinuel des Etymologies, & qu'il fera en noflre Langue.

VII. "Deux chofes qui retardent Veflude du Grec, Lui. qu'on ne le rapporte pas immédiatement au Iran fois.

C^ar i\ me femble quVne des chofes qui nous arreilc le plus dans l'intelligence de la langue Greque, eftquc nous ne nous accouflumons pas afTez a en faire vne com- paraifon immédiate auec la noftre, faifant toujours pren- dre vn tour à noftre peniée par vne explication Latine : de forte qu'il arriue icy prcfque la mefme chofe que j ay remarquée cy-deftus pour la formation des temps , qui cft de produire vn amufcment & vn embaras continuel dans noftre efprit, par la multitude des choies qu'il faut neceiliiiremcnt qu'il ait prelentes en melme temps, pour arriuer on le veut conduire par toutes ces voycs qu'on fuit d'ordinaire»

Que fi ayant vne Grammaire en François, comme vous latrouuerez icy, auec les Racines &lesEtymola- gies que ie vous promets , on trauailloit encore à faire imprimer des liures Grecs auec la traduction Françoife à cofté, ce que iene defeipere pas qu'on vous faflevoir quelque jour: foferois me promettre que le [Grec de- uiendroit non feulement plus facile & plus agréable, mais plus commun de moitié que nous ne l'auons veïi jufques à prefent en ce Royaume.

VIII. La féconde , qu'on ne^ fuit pas la bonne prononciations

l'adjoufteray feulement encore vne chofe qui ne (e- roit pas des moins auanrageufes à vn fi heureux deftein, qui (eroit de s'attacher vn peu plus qu'on ne fait quel- quefoisj a l'ancienne de véritable prononciation de cette

PRÉFACÉ. xix

Langue. le l'ày marquée foigncurcmcnt par tout dans le premier liurc , quoy qu'en peu de mots *, parce qu'il y a allez d'autres peri'onnes habiles qui en ont fait des trait- tez entiers, & que ie ne dehrc pas donner icy des loix aux îiutres, mais reprefenter fmiplem.entvne vérité de fait, dont ic lailTe le jugement libre a tout le monde : ayant pris garde par tout de ne rien inférer dans les Règles qui puft empelcher cette Méthode d eftre autant à IVfagc de ceux qui ne voudroient pas fuiure cette prononcia^ tion , comme de ceux qui la voudront embralTer.

le ne croy pas neantmoins qu'il y ait perfonne qui n'eu reconnoiffe iVrilitc , ôc qui ne voye quelle mifere c'eft de ne rien comprendre en cette Langue que par les yeux î & d'eftre obligé en mille rencontres de deman- der toujours , Il ce qu'on entend eft efcrit par vne telle ou telle lettre, ou chofes femblables, qui font vne cfpouuentable confufîon dans l'efprit de ceux-mefmes qui lifent , qui ne fçauroient arriuer que par vn tres-Iong viâge a diftingu^r vne grande quantité de mots à qui ils donnent la mefme prononciation : au lieu qu'ils les di- ilingueroient auiîî-toft , en s'accouftumant à prononcer comme on efcrit \ parce qu'ainii ils auroient deux mai- ftres pourvu , cftant inftruits en mcfme temps 6c parles yeux <Sc par Taureille , ^ s'abregeroient beaucoup de chemin en fe releuant d'vne infinité de trauaux.

Et véritablement c'efl vne choie eflrange , que la lan- gue Greque ayant, comme nous auons dit, vne difficul- té qui n'eftpas petite, pour les mots, par delTus la Latine : on ie mette fi peu en peine d'y trouuer le (oulagement> que les Grecs mefmes y ont apporté par vne multitude de marques, qui feruent à diftinguer ces mots, & à en ar- reflcK la prononciation , comme font à^s voyelles lon- gues & des breues , des conlonnes douces & des aipi* rées, des efprits &: des accens, & femblables chofes qui ont eflé fagcment introduites dans la Langue, &: par vne

e ij

XX PREFACE.

analogie aiifîî agréable & aullî vtile, qu elle efi: merueil- leufe : au licuqu eftant négligées dans laprononciarion, elles ne deuiennenr plus quVn embaras dans refcriturc aullî inutile qu'il pourroit eflre auantageux.

Que fi cette ancienne prononciation eftoit combat- tue auec quelque forte de fondement , ie m'ellonnerois moins qu'elle eufl peine à fe faire receuoir.Mais puis qu'il n'y a perfonne qui n'en demeure d'accord , hc qui en mefme temps n'en reconnoifTe lytilité (e fiant certain que fans elle, comme tefmoigne Chèque ProfefTeur An- glois , les Dialectes deuiennent vn labyrinthe , la proie languit , 2>c les vers mefme perdent ce qu'ils ont de plus graue &" de plus majeflueux : ) il n'y a point d'apparence qu'on doiue fe priuer du fruit qu'on en peut retirer en fon particulier, fous prétexte qu'on choqueroit peut- eftre l'aureille de quelques peribnnes préoccupées , fi l'on venoit à prononcer quelque mot de cette forte dans le public-, puifque quand cela feroit, ilvaudroit toujours mieux s'accommoder à eux pour ces feules rencontres paflageres, 6^ reprendre en fuitte le bon vfage, que de fe vouloir priuer â jamais, pour vne confideration fi légère, dVne chofe auiîi auantageufe qu'eft celle-cy..

IX. ^ue la faujfe prononciation n efi venue que des derniers (jreci , éf* if*f Ifi ff^uans ont toùioHrs recommandé

l'ancienne.

Au moins ne peut-on pas accufer cette propofition de nouueautéj puifque ce n'eft que rappeller la Langue à fon origine , ôc au temps de fa perfedion. Car il faut bien prendre garde 5 que ce qui nous a introduit cette mauuaife prononciation n'a efté que cette arriuée de Grecs en France ÔC en î talie, il y a enuiron deux cent ans, comme j'ay remarqué cy-defius, qui n'ayant plus trouué dans rOccident aucune trace de l'ancienne connoilïance de cette Langue , nous ont donné la prononciation que la barbarie auoit dcsja incroduitte dans leur païs: Gaze

F R E F A C E, xxj

leconnoiflant luy-niefme en quelques endroits de ies ouuragcs qu elle n'eftoic pas la véritable.

Aullî s eft-il toujours trouué beaucoup de gens habi- le.s depuis ce temps-là , qui ont rem.u-qué les auantages de cette ancienne prononciation, qui l'ont deffendu'é par leurs efcrits, &: qui ont tafché de l'introduire de tous co- flez dans les Royaumes.

Il y a plus de cent ans qu'Erafme en compofa vn Hure exprés, nous voyons qu'il Ta eftablie entièrement.

Ceràtin fitla mefme chofe en Hollande dans vn traît- re qu il dédia àErafme mefme, & cette prononciation a efté depuis vniuerfellement receué en ces Eftats.

Chèque ProfefTeur Royal en Angleterre , & Préce- pteur du Roy Edoiiard procura ce mefme auantage à fon païs,malgrc toutes les oppofitions qu y fit alors l'Euefque de Vmtone Chancelier de l'Vniuerfité de Cantorbie, 6c elle y eft aujourd"huy parfaittement prattiquée.

Vergare l'vn des plus habiles Grammairiens du fiecîe palTé, a repris cette nouuelle prononciation comme vi- cieufe, &: a loiié l'ancienne comme véritable.

Sandius Profeffeur en la langue Greque, & Principal dVn Collège en la célèbre Vniuerfité de Salamanquc en Efpagne, l'a encore eflablie dans fa Grammaire , ôc en diuers lieux de fes ouurages.

Mecherque a trauaillé pour le mefme deffein dans la- Flandre , Sylburge dans l'Allemagne , Anché Hoï Pro- felfeur Royal dans les Païs-bas, à la follicitation du très- fçauant 6c tres-pieux Eftius , qui vouloir qu'on fuiuift cette prononciation 5 &en reconnoilToit l'importance: (k auant luy Petreïus Tiarus Profeffeur de Doiiay qiii l'introduifit en cette Vniueriîté dés fa fondation.

Lipfe a çnfeigné la mefme chofe dans fonrraitté de la prononciation , lofeph Scaliger dans vne difpute qui fe trouue parmy fes œuures poflumes, fans parler de N c- briffenfisj Budc> Glarean, PiérCj Çamerare, Poflei,

e iij

xxij P R E F A C E.

Scapula, Vofllus, Alftedius & autres , qui ont tous re- marqué cette ancienne prononciation , <Sc en ont parle comme dVne chofe tres-vtile & tres-auantageufcj quel- ques-vns defquels nous en ont mefme lailTé encore Aqs traittez tres-dodes & tres-curieux.

La France n'a pas eflé priuée de fçauans hommes qui ont toujours trauailié au mefme deilcin. Il y a cent ans entiers que Caninius Milanois de nation , éc ProfeiTcur derVniuerfitédc Paris, demeurant au Collège de Cam- bray à Paris , nous laifTa fon ouurage de rHellenifme, qu'on peut bien appeller vn des plus doctes qui ait ja- mais paru fur les principes de la langue Grcque, il cllablit entièrement cette prononciation.

Ramus a fait la mefme chofe dans fa Grammaire, & dans le troifiefme hure de fes Efcolcs.

Les jeunes Meilleurs Huraut-dc l'Hofpital la foûtin- rent auili dans vn traitté exprés intitulé PhllopappHS, qu'ils compoferent fous la conduitte do Pierre Chabot célèbre Profefïeur de l'Vniuerfité de Paris leur Préce- pteur, de qu'ils prefenterent au Chanceher de THolpitat leur ayeul, IVn aes plus fçauans Magiftrats qui ait jamais efté en France , Se qui approuua cette prononciation, comme on voit dans l'édition de ce Uure, qui fut faite à Bafle dés 1587.

Ledode Lambin aufll Profcilèur de rVniucriité, l'a fait encore prattiquer de fon temps , comme nous l'ap- prenons de Mekerque a la fin de Co-n liurc de la pronon- ciation : &nous auons veu en nos jours Monfieur Va- lens Profefïeur du Roy en la langue Greque qui a fait la mefme chofe. Ce qui monftre que cette ancienne pro- nonciation n'a jamais efté cfteinte dans cette fçauante Vniucrilté, non plus que dans les autres les plus célè- bres.

Et il eft Cl vray qu'on ne peut rapporter la mauuaife prononciation qu'a la faute de ces derniers Grecs , qui

PREFACE. xxiij

l'ont introduite-, que Mekerque dit auoir veu vn Pfauricr des Septante , efcric en l'an m.c.v. en fort beaux cara- éleres Latins , la véritable prononciation eftoit par-, faittement exprimée , comme EcclefidyBafilen^y^ggelos, fantaj vranu, oHtH, kyrios, &:c. ( il faut remarquer que Vh Latin vaut o^, de Yy vn u François.} Etquala fin dumefme Pfautier eftoit elcrit vn Alphabet Grec, auec le fon des lettres ainfi marqué , Alpha^ beta, gamma, dd- tdy e hreitisy zeta^ eta, thêta, totayCaffa, lambda, my, ny, xi^ 9 brenisy -pi, rhoy/t^a, tau, y>fhh chi,fjly0 longa , qui cfl: juftement la prononciation que ks fcauaiis difent deuoir eflre encore fuiuie aujourd'huy , & qui s'ei^ remife eu prattique enpluHeurs Prouinces à^ TEurope.

Nous voyons demeCne dans les œuures du Pape In- nocent III. qui viuoit fur la fin du d.ouziefme fiecle , &: au commencement du treiziefme , que de fon temps on prononçoit Kyrie eke fon, Chrifie eleefon j & que faint Grégoire commanda que le Clergé chantaft ce Kyrie eleefon j lequel eftoit chanté par tout le peuple chez les Grecs. Nous voyons en la vie de fainte Gertrude de l'Or- dre de faint Benoift, efcrite en partie par elle-mcfine, qui viuoit il y a enuiron trois cent ans, que rapportant ces mefmes paroles de la Mcft^ elle met encore ehefin par vn tf > & non pas eléifon. Et nous voyons que l'A-'/i^J des Septante, qui eft VAmert des Hébreux , s'eft toujours conferué jufques à nous, malgré la mauuaife pronon- ciation des Grecs modernes qui difent Amin oar vn i> au lieu d'Amen^

^* Si^*'^ A''^ P^j^^ ^^ l^ Grammaire à la pmttipie. Et fi l'on doit commencer le Grec auant le Lutin.

Aaais c'eft trop s*arrefter fur vn fujct aufti éuidcnt que celuy-cy . l'adjoufteray feulement , que fi Ton prend la peine de s'affujettir de bonne heure a cette pronon- ciation , de de fuiurc cette formation des temps que j'ay

c iiij

xxiv ' PREFACE,

marquée aueclerefle de cette Méthode, jefpere qu'on reconnoiftra bien-toft par des effets feiifibles, l'auantage qu'on en retirera , pourucu qu'on y adjoûte auffi la prat- tique & la ledhire des auteurs. Car les règles doiuent feruir de fondement à Ivfagc , comme IVfage doit feruir de confirmation à ces mefmes règles, qu'on peut accom- pagner, ou mefine faire précéder des Racines en vers François dont jay parlé, qui peuuent eflre apprifes des moindres enfans.

Il y a long-temps que Quintilien a dit que fon auis cftoit qu'on ml commencer les Enfans par le Grec, parce que le Latin eftant plus commun , il s'apprend plus faci- lement 5 & prefque malgré que nous en ayons : Ce qui peut eflre confiderable à noflre égard, auflî-bien qu'à l'égard des Romains*, parce qu'encore que noflre Lan- gue ne foit pas Latine , elle efl neantmoins vne dépen- dance , & comme vne dialede de la Latine.

Ce n'efl pas que ie voulufTe qu'on prifl ce confcil de Quintilien à la lettre. Car puis qu'il faut aller en re- montant, il efl bien à propos de paffer vn peu par la La- tine, d'où dépendent la plufpart des mots de noflre Lan- gue, auant que d'arriucr a la Greque, d efl defcenduè' la Latine. Et puis il efl certain que les commencemens de la langue Latine , les Declinaifons, les Conjugaifons, & le refle des principes , font plus aifez & plus propor- tionnez aux jeunes Enfans que ceux de la Greque : outre qu'il y en a beaucoup qui ne cherchent quVn peu de Latin fans vouloir entrer dans l'autre Langue.

Mais ie croy que cette parole de Qi^intilien deuroit cftre plus confiderée, & que fouuent l'on n'applique pas afTcz lerieufement les Enfans au Grec, ou qu'on ne les y auance pas afTez. Car comme cette Langue confifle par- ticulièrement dans les mots, qu'elle efl plus aifée que la Latine pour la phrafe , & que nous en renfermons pref^ que toute laneceflîté 6c IVfage dans la feule intelligence

PREFACE. XXV

des auteurs , fans auoir prefque jamais befoin ny de la parler ny de l'efcrire , il lemble qu'il n y a rien de plus naturel que d'y exercer de bonne heure les Enfans; c*efl: à dire dés qu'ils ont vn peu d'entrée dans la Latine, & de les y auancer beaucoup pendant qu'ils font plus capablcs^ <l*agir par mémoire que par jugement , fc contentant d'entretenir leur Latin pour lors , & referuant a vn âge plus meur & plus judicieux à les former dans la belle manière de Teicrire 6c de le parler, 6c dans les règles de l'Eloquence.

Quant a ce qui cil de l'entrée en cette prattique , il femble qu'après la Grammaire^qu'on doit au moins voir dans TAbregé que j'en donne aulîi au public, & qui comprend tout ce qui eil nece (Taire pour bien décliner èc conjuguer, on peut auilî-toft commencer à s'exercer fur quelque liure accompagné de fcoHes, comme font quelques fables d'Efope, ou quelques Dialogues choifis de Lucien, pour voir desja en prattique ce que l'on fçair, en meÛTie temps qu'on trauaillera à fe confirmer dans le refte de cette Méthode.

l'auertis feulement que pour la glofe interlinafrc, il eft fort à propos de ne s'y pas accouftumer : rien n'eflanc plus capable, ce me femble, d amufer l'efprit, «î^ de l'en- tretenir dans vne certaine baircfTe qui l'empefche de fe pouuoir prefque éleuer au véritable fens d'vn auteur, C'eft pourquoy ie ne la confeillcrois pas mefme aux ap- prentis, qu'on doit tafcher de faire entrer doucement, & peu à peu par eux-mefmes dans la force des mots , Se dans le fens de laphrafe. Yne tradudion à collé leur peut cftre plus vtile , pourueu qu'elle foit nette & fidelle ; encore faut-il auoir pour but de s'en palier au plulloft.

Pour arriuer à ce point il n y a rien de plus profitable au commencement, que de relire plufîeurs fois vne mef- me chofe , ou toute entière , ou par parties , la repérant autant de fois quelafoiblefle oudei'efpritjoudelame-

l

xxvj P R E P A C E.

moire, ou de la capacité de ccluy qui efludie en a bcfbin pour fe la rendre aufli familière & aufll prefente que elle eftoit efcrittc en noftre Langue. Vne page eftudiéc de la forte vaut mieux que dixleues auec plus de préci- pitation*, non feulement parce que le fruit qu'on en reti- rera déllors en eft plus grand , mais auffi parce que \zs difpofitions qu'on acquiert pour la fuitte en font plus auantagcufcs. Aquoy fi lonadjoûtelefoin qu'on doit auoir de recueillir les mots qu'on ne fçaurapas , les rap- portant a leurs Racines , & d'apprendre quelque choie ar coeur àcs endroits qui nous paroiftront ou plus eaux pour les chofes , ou plus remarquables pour la phrafe i il n'eft pas croyable en combien peu de temps on fera vn progrés notable en cette Langue.

X I. choix des Auteurs ; Maximes q^u'on doit future

en ce dejfein.

-L'on peut aufli adjoûter icy qu il eft vtile de tenir quelque ordre dans le choix des hures qu'on veut lire à nicfure qu'on auance : encore qu'il foit peut-eftre diffi- cile d'en donner vn auis qui foit au gré de tout le monde, n'y ayant rien les opinions foient plus partagées que dans Teftime & le jugement qu'on doit faire des auteurs. Il femble neantmoins qu'on y peut fuiure trois maximes qui doiuent eftre inuiolablement gardées dans l'inftru- dion de la jeuneffe, qui font -, de commencer par les plus faciles; de fe fcruir de l'agréement de certains liures pour leur rendre l'eftude plus diuertiffante s ôc de joindre au- tant qu*on peut l'vtihté des chofes à celle des mots, afin de leur former Tefprit en mefme temps qu'on leur rem- plit la mémoire, ècdefoulager mefme la mémoire en attachant les paroles aux chofes , qui demeurent tou- jours plus dans l'efprit que les paroles.

L V CI E N cft vn des Autci vs ces trois qualitez fe trouucnc auec plus de perfection, ôc qui a cet auantage>

PREFACE. xxvij

que Quintilien a remarqué dans Ciceron, qu'il peut eftre vtile a ceux qui commencent, & qu'il n'eft pas inutile aux plus auancez . Il cil pur pour la langue , beau pour les mots, agréable pour \cs rencontres, net pour le (lile , merueilleux pour la narration , & a vnc fécondité qui peut ieruir aux clprits les plus fecs ôclcs plus ilcriles.

Il traitte la fable dVne manière agréable & fort pro- .pre a la faire retenir, ce qui n'efl pas vn petit auantage pour l'intelligence des Poètes. Il fait en mille endroits vne peinture admirable de lamiferede cette vie, delà vanité des hommes, du fafte des Philotbphes, & de lar- rogancedesfçauans. Enfin il rend ridicule Tauarice des riches , l'orgueil des grands , & toute la religion du Pa- ganifme : ce qui ne fert pas peu à éleuer lefprit vers le feuî & fouuerain bien.

Il cft vray ncantmoins qu'il faut du choix ôc du dif- cernement dans cet Auteur i car outre qu'il y a plufîeurs infamies tres-dangereufes à la jeunefïe , & tout à fait in- dignes, ie ne dis pas feulement dVne pureté Chrcflien- ne, mais d'vne honnefteté Payenne , il y a encore plu- fieurs traittcz entièrement inutiles. Et peut-eftre meiine qu'en gênerai fa manière d'efcrire pourroit eflre nuiliblc à desefprits mal faits, ou qui font desja portez d eux- mefmes au libertinage & à la bouffonnerie.

Le recueil qui en a efté fait autrefois , & qui eft entre ks mains de tous les Enfans , pourroit eftre vtile , s'il n'eftoit pas fi plein de fautes dans les dernières impref. fions, quoy qu'on ne voye pas toujours pourquoy celuy qui i'a donné au public a retranché certaines chofes moins mauuaifes , &" en alaiffé d'autres enmefme temps qui peuuent paroiftre plus dangereufes.

Mais on y pourroit encore adjoufler plufieurs pièces fortvtiles , comme le Songe ^ le Itigement des voyelles , la V&nte de la vie d&s Philo fâches , Us Pefcheurs oti ^ejfufci^^

xxviij PREFACE,

tez y du gens de lettres qui fe mettent au, ferulce des grands, JHermotîme ou Des SeUes, Hérodote ou Eifion, Zeuxis ^ jintlochuSi le Meurtrier des Tyrans^ le Déshérité y lypiter l'ragiquey Alexandre ou le Faux Prophète, le Maifîre des Hhetoriclens y De ceuxi^ui ont long- temps vefiu j Dlfcours contre Hérodote, Se la mort de Peregrin , foit qu elle foit de Lucien ou d Vn autre : Et quelques autres, pourueu, comme j'ay dit, qu oneuft foin d'en retrancher ce qui peut blefTer la pudeur, comme on le doit toujours faire dans tous les liures qu'on deftine au feruice de iVfage des jeunes gens. Après Lucien il n'y a rien de plus charmant ny de plus

Tûiîen, vtile que THiftoire. Pc lien, qui viuoit fous M. Aurele ' fur laiîn du i.fîecle^a laifTévn recueil dVne infinité de dratagêmes des plus grands hommes delantiquité, qui font efcrits auec vne grande pureté, netteté Se facilité. Eiig„^ Les Hiftoires d'E lien, qui viuoit fous Adrien au commencement de ce mefmefiecle, font aiTcz agréa- bles, Ôc fort pures dans la Langue , particulièrement cel- les des animaux , dans lefquelles il infinué quantité de préceptes auantageux pour régler les a(5tions de noilre vie. Ses diuerfes Hiftoires font moins poUes j & en plu- fîeurs lieux femblent pluftoft eftre vn recueil de mémoi- res 5 qu'vne pièce acneuée , quoy qu'on en puiffe auffi tirer de IVrilité.

Hcroditfit Herodien cft fauotable à caufe de la petite fTe du volume, & de la beauté de la tradudion Latine , jointe à l'elegance Greque de fon ftyle , que Phoce Patriarche de Conftantinople dit eftre tel, qu'il ne cède prefque a pas vn Hiftorien en quelque auantage que ce foit. Son Hiftoire commence à la mort de l'Empereur M. Aurele for la fin du fécond fîecle , & finit au jeune Gordien versi le milieu du troifiefme. Elle eft eftimée tres-veritable, parce qu'il n*a prefque efcrit que ce qu'il a veu , 1 inon en ÇQ qui regarde Alexandre ôc Maximin, on l'accufe

PREFACE. xxix

d'auoir efté moins fidèle. Il ell vn peu plus difEcile que ceux que j'ay marquez auparauant, & paroift corrompu mefmc en quelques endroits. Mais nous en pourrons bien-toft donner vn reueu exadtement fur les anciens liuies, & accompagné defcholies qui foulageront beau- coup ceux qui denreront s'en feruir.

L on pourroit pafTer de la dans quelques ouurages de Plvtarqve, qiioy qu'il foie encore plus obfcur que p/«Mr- les precedens : mais il a vn auantage particulier qu'il ?^' vaut luyfeul beaucoup d auteurs, chaque vie eflant vn ouurage feparé & toujours nouueau, entre leiquelies on peut mefme faire choix des plus belles ; outre qu'il comprend vne bonne partie de ce qu'il y a de plus re- marquable & de plus vtile dans l'Hifloire Greque & Romaine. Ses œiiures morales font encore incompara- bles 5 quoy qu'on en pourroit feparer pluiieurs traittez difficiles, ou de peu d'vtilité, ou dangereux mefmes pour les mœurs. Mais lestraictez Del'Infini^ion dcienfansi quoy qu'il y ait lieu de douter fi ce traitté-là efldeluy, î)e la Ic^Ptre des Foétesi De ta manière d'efiomer; Delip dijference dn flatteur d'aaec lamy^ Dervttlité qu'on feut retirer dejes ennemis ; Du vice & de la vertu -y fa Confola^ tion aApollone: les traittez De la Suferflition > De laCo" lere-. De la trancjuillité de rejfrlt; De V amitié fraternelle i De la maimaife honte; Q^e le vice efl fuffifant four rendra les hommes malheureux ; Quelles pajjlons font flnsmaanaifei decell&s dit corps oh de Te/prit; DelaCaufirie-, De l'amour desrichejfçs j Du retardement de la vengeance dinine ; Ivftrei Co?7tre les Princes ignorans^ Les Préceptes Politiques ^ Si les vieillards fe doiuent mefîer d' affaires dEflat ; Le$ ^pophîegrnes i De la fortune des Romains; De la fortune d'Alexandre ; Les Quefiions Romaines ; Quels animaux font les plus prudent de ceux de la terre ou de l'ean^ Se peut-eftre quelques autres, font des chef-d*œiiares inc- ftimables & pour la matiçjre, 5c pour les figures, «Scpour

XXX PREFACE.

la grande abondance de mots^ de penfécs , de métapho- res, de comparaifons, & d'exemples qui sy rencontrent. Ce quia fait dire à Gaze, que ii de tous les liures il eftoit obligé de n'en referuer qu'vn, il choifiroit les œuures de Plutarque. Et c'eft ce qui la fait tellement cftimer des anciens, qu'il a eflé chery de trois Empereurs, entre les- quels Trajan qui viuoit au commencement du fécond necle, l'honnora de la dignité de Conful.

XII. Ordre que peuuent tenir ceux qui veulent lire les auteurs félon la fuitte des temps. lugement des Hijlortens.

Cvcux qui auront bien leu cet auteur peuuent apré^ celapalTer par tout , 6c lire s'ils veulent les Auteurs dans 1 ordre des temps de leurs Hiftoires, comme lofeph, Hé- rodote, Diodore, Thucydide, Xenophon, Dcnys d'Ha- Jicarnafle, Polybe, Appien, Dion , 6c les autres. loff^h. I o s E p H qui viuoit vers la fin du premier fiecle, a ef. crit toute THiftoire de l'ancien Teftament, 6c celle de la guerre des luifs. Il prefenta celle-cy a Veipafien 6: i Ti- re fon fils , 6v:elic tut tellement eftmiée qu'on luy dreiîa vne ftatuc dans Rome , 6c qu'elle eut l'approbation de tout le monde. Ses Antiquitez ne furent efcrites que de- puis, n'ayant eftéacheuées qu'en latreiziefmc année du règne de Domitien. Elles font comprifés en vingt liures, commençant à la création du monde , 6c finiflant en la douziefme année de Néron. Son llyle eft beau, pur, élé- gant èc agréable, dit Phoce, ^ eft trcs-eloquent dansfes Harangues , d'où vient que faint Hierofme l'appelle l e TiTE-LiVE DES Grecs. Hérodote. Herodote fleutiiToit vets la 83. olympiade, c'efl: l dire, plus de 440. ans auant Iesvs-Christ, fous l'Em- pire de Xerxes 6c Artaxerxes Roys des Perfes. Il eflconll- deré comme le Père des HifioireSjainCi que l'appelle Cice- ron au 2. hure des Loix, 6: nous luy fommes particulière- ment redcuablcs de celle des Peifes. Il a fuiuy la Diak-tle

PREFACE. XXXJ

lonicne, mais il cfl aiï'cz facile Se rres-pur. Atlienée l'ap- pelle 0 ^v !JM.7iCùTXRç ^ ka iJLih.i}Mçiç ^admirable ç^ tres-conlant.

DiODORE eilvdle pourrHiftoirevniuerfelle, parlant D*Wor«; des Egyptiens, Airyncns,Medes,Perfes5GL*ecs,Romains, Carthaginois , <5c autres ; ce qu'il auoit tiré de Berofe, TJicopompe5Ephore,Phili{le5Calli{lhene5Timée5& au- tres auteurs qui ont eflé perdus par le malheur des temps , dont (es liures n'ont pas mefme eflé exemts , ne nous en reliant plus que 15. qui vont jufques à l'an 452.de la fondation de Rome, des 4 o , qu'il auoit efcrits , & qui comprenoicnt l'Hifloirc jufques a Iule Cefar fous lequel il a vefcu, ellant mort fort âgé vers le milieu du règne d 'Augufle. Sa phrafe efl claire, dit Phoce, mais peu ellu- diée,d Vn llile médiocre ^aflfés propre pour vn hiflorien.

Thvcydide viuoit au mefiiie temps qu'Hérodote, 6c J'^'^O"^'- fut porté a entreprendre (on Hiftoire après auoir veu cet auteur reciter la fienne auec tant d'applaudilTement à Athènes en la célébrité de la fefte de Mmerue.Il n*a elcric qu'vne parrie de la guerre du Peloponnefe. Mais il ell vn des plus diiSciles, & (1 obfcur particulièrement dansfes harangues , que Ciceron en fon liure des Orateurs illu- flreSidit qu'il ell quelquefois inintelhgibleaieanmoins au i.liure de l'Orateur, il le releue extrêmement &c alTeure \ qu'il pafle tous les auteurs par fon art, qu'autant de mots '> font prcfqu'autant de fentences, qu'il eft fi propre dans » les paroles & fiexprelîif , qu'on ne peut dire il c'eft fon dikours qui releue les chofes, ou c'efl le fens des chofes qui releue fon difcours. Demoflhene l'eflima tellement '> qu'il l'efcriuit 8. fois de fa main pour le le rendre plus fa- milier : (3c l'on dit qu'en ces derniers temps l'Empereur Charles V . enfaifoit fon homme de guerre, & le compa- gnon de toutes les entrepriles : mais il faut vn peuTeflu- dier d'abord pour le bien entendre \ & l'édition d'Alle- magne auec les fcholies Se les commentaires de PortuS cfl tres-auantageufç pour ce dclTcin,

xxxij PREFACE.

Xenoph, Xe n o P h o n j à qui Ton a toute l'obligation des ceu» tires de Thucydide , parce que c'eft luy qui les a pu- bliées , fleuriribit vn peu après luy , eftant marqué par Eufebe en la 95. Olympiade : mais il a fuiuy dans (qs ou- lirages vnc manière d'efcrire bien difFe rente de celle de cet Auteiu:. Il cil net & d'vn ftile pur &: familier, mais élégant, tenant beaucoup de celuy de Cefar, finon que Cefar eft quelquefois plus graue , & Xenophon plus coulant. Car fou difcours eft il doux que Quintilien dit quil fcmble que les Grâces Tayent formé. Cicerondit ouiîî qu'il cft plus doux que le miel, &: qui! femble que les Mufes ayent parlé par fa bouche : d'où vient que fé- lon Laerce on l'appelloit la Mufe Attique , ou félon d'autres l'Abeille Attique. Dion Chryfoflome en re- commande extrêmement la ledure , & alfcurc qu'elle fuffit à vn homme 5 non feulement pour fe former dans ï'eîegance 6c la pureté, mais aufli pour s'inftruire des plus belles maximes de la Politique.

Son inflrudion de Cyrus n'eil pas vne véritable Hi- floire , quoy que quelques hommes habiles s'y foient trompez \ Mais Ciceron dit qu'il l'a efcrite , non ad hi- ftoria, fidem , fed ad effigiem vert imperij. C*eft pourquoy on pourroit peut-eftre mettre ce traitté entre ceux que nous auons marquez d'abord, &c qui nous doiuent feruir comme de moyens de de dilpofîtions pour arriuer à lire en fuitte indifféremment tous les autres. j)g„y^ Denys d'Halicarnasse, qui viuoit du c7y<//- temps d'Augufle,comme remarque Strabon, a pris l'Hi- t*rnaj/e, ^qjj.^ Romaine dés ion commencement, Ôc l'a conduite dans les vingt liures qui nous rcflent , jufques à Tan 312. de la fondation de Rome , ce que nous en auons perdu allant jufques à 490. a commencé Polybe. Phoce J'appelle a^vo'is^oiTnf ^ c'eilàdire, ^m a vne ^ace ^ vne hcamé toute paniculUre dam la noumaml de fin flyle y 8c dit que fon élégance, jointe ^uec ce qu'il pardculanfe

fore

PREFACE. xxxiij

fort fe s narrations, &: fait des digreflions apropos,adou- cit tout ce qui pourroit fcmblcr de iiidc dans fon dit- cours.

De quarante liures que Polybe auoit efcrits, il ne ^^lyh, nous en refte que cinq qui foient entiers , aucc quelque abrecré des autres, qui prenoient depuis le commence- ment de la féconde guerre Punique jufques à la ruïne de l'Empire des Macédoniens. Cet homme eftoit tout le confeil de Scipion l'Africain, auec qui il paffaen Affri- que, & Brute eftimoit tellement fon ouurage, qu'il y re- cherchoit le remède de tous fes maux, quoy que fon ftyle foit vn peu rude, & reffente vn peu fon foldat. Il eft more Fan de la fondation de Rome 6^u c'eft à dire, fix-vingts ans auant I e s v s-C H r i s T.

L'on peut joindre a ceux-cy A p p i ï n, fur tout pour j^^un, les cinq liures des guerres ciuiles, ou il eft eftimé pour la vérité de l'Hiftoire. Cet homme eftoit d'Alexandrie , &: / cftant venu à Rome , il fit quelque temps le meftier d'Aduocat, ilyefcriuitfonHiftoire fous l'Empire d'An- tonin le Pieux, c'eft a dire vers le commencement du fe- cond fiecle.

Dion Cassivs fleuriftoit vers la fin de ce mef- r),v» me fiecle, du temps de Commode, fous lequel il fut hon- ^^^ ^^^^ noré de la dignité de Sénateur, &: vefcur jufques fous Alexandre SeuerequilefitConful.. Son Hiftoire eftoit continuée jufques , en quatre-vingts liures. Mais les trente- quatre premiers font perdus, ôc la plufpart encore du trente-cinq. Les vingt-cinq qui nous reftenc com- mencent aux guerres de LucuUe , & vont jufques à la mort de l'Empereur Claude, les fuiuans ayant encore cfté perdus. Phoce eftime fon ftyle majeftueux , & te- nant quelque chofe de Thucydide , quoy qu'il foit plus clair. Son Hiftoire eft tres-fidelle & n-es-agreabie, fmon qu'il eft quelquefois vn peu long dans fes harangues , & quilparlcmoinsauantageufement.de quelques grands

i

xxxiv PREFACE.

hommes qu'il ne dcuroit, comme de Ciceron, de Brute,

&; de quelques autres.

XIII. Jugement des Poètes , Philofofhes, Orateurs,

^ autres.

On ne doit pas mcfme négliger les Poètes , fi l'on veut auoir vne parfaitte.connoilTance de cette Langue,

Homtft. ^ particulièrement Homère, qui en a cfté coniideré comme la règle Se le modèle par les fçauans. Car enco- re que plufieurs n'y trouuent pas prefentement toutes les beautez que les anciens y ont remarquées, & que Sca- liger qui préfère incomparablement Virgile à Homère ait vne infinité de fcdateursi il eft certain neantmoins qu'il eft abfolument neceffaire, Toit parce qu'il renfemie luy Teul tous les mots 3c toutes les Dialedtes, foit princi- palement parce que tous les auteurs Grecs font pleins de citations de ce Poète 3c d'allufions a (es vers,qu il eft dif- ficile de bien entendre qu'après Tauoir leii. ^rijîo' Aristophane pourroit encore eftrc rendu fort

phant, ^j-j jg ^ ^ pQj^ gn retranchoit ce qui peut blefter l'honne- fteté, cftant tout plein de rencontres agréables , 3c de cette vrbamtè Attique , c'eft à dire de ces fubtilitez inge- nicufes que Quintilien confefTe eftre tout autres parmy les Grecs que parmy les auteurs Latins.

Luri^idt. EvRipiDE cft rcmply de belles fentences, ce qui a fait dire à Ciceron que tous ks vers eftoient autant de règles 3c de maximes.

Enfin les plus habiles peuuent pafler dans les Philofo- phcs, les Orateurs, les Médecins , 3c dans ceux qui ont traitté les arts ou lesfciences aufquelles on fc voudroit appliquer.

L'eminence de la raifon humaine fc trouue dans

TUun. , p L A T o N , joiute à toutc la beauté de la Langue. Dmo^ L'Eloquence eft merueilleufe dans Demosthene,

^^""* quoy que les formules du barreau d'Athènes , qui nous

PREFACE. XXXV

font fouiient afTcz inconnues , le rendent plus obfcur ôc moins agréable.

IsbcRATE excelle dans le nombre des périodes, //êcw*. &cft afTez facile pour la Langue j mais fes premiers dif- cours fur tout, font dignes d eftre leus pour la beauté des fcntences, ôc des auis qu il donne fur la morale.

XI 7. "Des Liures faints, ^ des TeYe$.

le ne touclie rien icy des Liures faints , ny des ou- urages des Pères , parce que j aurois peine à eftre de l'auis de ceux qui veulent faire feruir le Texte facré a Teftude dVne Langue qu'on regarde quelquefois d Vne manière aiTez profane , quoy qu'on en puilTe faire lire quelque chofe en certains jours & en certaines heures, félon l'auancement en âge ou en pieté des pcrfonnes en particulier.

Et pour les Pères, encore qu'ils foient rres-bcaux & tres-eloquens, nous n'eftimons pas qu'il faille les faire lire aux jeunes gens qu'après auoir pafTé par les auteurs profanes ( fi ce n'eft qu'on en choififTe quelques pièces pour en faire quelque ledture de deuotion en certains jours) afin que les lifant de fuittc, & en vn âge plus nieur , ils en puifTent tirer plus de fruit &: plus d'auan- tagcs.

Que fi neantmoins quelques pcrfonnes de pieté , & qui n'auroient pas beaucoup befoin desfcicnces profa- nes, defirant s'inftruire de cette Langue le vouloîent fai- re Qn(Q mettant dans les Pères, on pourroit leur marquer icy la mefme facilité dans cette nouuelle route, que nous auons monftrée cy-deflus dans les auteurs profanes.

Saint Chrysostome cft facile pour la ai- ^-Chfyfe^ Ckion a ceux-mefme qui commencent , & eft efcrit dans ' *""*' vne pureté & vne éloquence qui a efté l'admiration de tous les iîecles.

Saint BAsiiBcft vnpeu plus ferré , fa manière s^bo/îu,

î i)

xxxvj PREFACE.

d'efci ire eft pure, 6c ne cède en rien à aucun des anciens Grecs au jugement de Budé.

s. Gie-

goi^f' eft

toutes recherchées ^ pleines de pointes

pure, fon ftylc élégant. Ton éloquence plusmerueilleufe

que celle de Demofthene, & Tes vers beaux & beaucoup

plus pompeux & plus releuez dans les chofes que ceux

d'Homère.

Enfin cette Langue a cet auantage par delTus la Lati- ne , qu'il fe trouue dans l'Eglife de grands hommes qui en ont conferué la pureté auec autant de foin que \qs pro- fanes, & qui Tont releuée dVnc manière incomparable- ment plus haute & plus eminente par la grandeur ^qs myflcres qu'ils y traittent, & des fujets tout diuins qu'ils y renferment. C'eft pourquoy il eflbon de les referuer pour les derniers , & de faire pafTer les jeunes gens par les auteurs profanes , auant que de les nourrir dVne viande fi folide.

X V. Combien il faut lire éf trauailier pour entendre parfaitts^ ment vne Langue, é^ du dejfaut des Tr adulions.

le puis dire icy pour ne rien auancer que ce que j'ay veu par expérience , qu'il n'eft pas difficile de leur faire lire vne bonne partie de ceux que j'ay marquez , Ç\ l'on confidere , comme j'ay dit , que cette Langue doit eflre le principal objet de leurs occupations durant trois ou quatre années de leurs eftudes , leur efprit eft encore peu capable de lafolidité de TEloquence.

Car c'eft vne faute, ce me femble, qu'on fait d'ordinai- re en cecy , de s'imaginer qu'on puiue fe rendre fort ha- bile en cette Langue, en y eftudiant feulement vne heure par jour, ou en s'y employant trois ou quatre mois de fuitte. Les Langues ne s'apprennent que par vn long vfage, fi l'on veut s'en rendre maiftre , ^clespolTeder

PREFACE. xxxvij

parfaittement. Et comme nous ne pouuons plus conuer- lerauecdes Grecs qui parlent la langue Greque dans pureté, il faut fc renfermer dans les liures , & conuerfer durant vn long-temps auec ces illuflres morts, pour en remarquer les beautez , les exprefïîons nobles , les mots purs ou particuliers, le tour, la phrafc, le ftile , la penfée, èc nous y rendre toutes chofes familières.

C'eft dans les^rindpes de la Grammaire qu'on doit attendre quelque foulagement, & qu'on peut abréger le temps & la peine de ceux qui commencent, & j'ay tafclié de le faire dans IVne & l'autre Méthode autant qu'il m'a efté poiïîble pour l'vne & pour l'autre Langue. Mais pour acquérir la beauté , la facilité & la pureté dans vne Langue (ce qui n'eft pas fi aifé, ny Ci ordinaire qu'on fe l'imagine) il faut du temps & de l'exercice, & il faut qu'il nous en coufte vn peu de peine.

Mais ie croy qu'il y aura peu de perfonnes qui ne (oient bien-aifes de l'apprendre , quand on confiderera les grands auantages qui nous reuiennent d'entendre parfaittement & auec facilité vne Langue, dans laquelle on efl obligé de puifer tous les arts & toutes \ts difcipli- ncs anciennes, fi l'on veut remonter jufques à leur four- ce: qu'on peut dire renfermer cnfoy toutes les beautez & les avantages de toutes les autres Langues : & qu'on peut appeîler Sainte , puis qu'elle comprend des liures îaints 5 & vne bonne partie de la fcience de l'Eglife.

l'auertis feulement qu'on auroitpeu de raifon de pré- tendre qu'on fe pûft exemter du peu de trauail qui feroit necefiaire à vn delTcin Ç\ vtile ic Çi glorieux , en difant que la plufpart des liures Grecs ont efté traduits en Latin.

Car outre que l'art de la tradudion a eflé peu connu ' dans les fiecles pafTez , & que ces traducteurs n'ont eu d'ordinaire aucun foin de faire paffer dans leurs co^icsy ny les beautez, ny les figures , ny les élégances de cqs no- bles originaux : on peut dire encore qu'il y a fbuuentdes

xxxviij PREFACE,

chofes qu'ils n ont pas aflez entendues , & oi\ ils nous trompent en entreprenant de nous inftruire. Et la raifon de cecy efl , comme la fort bien remarqué le do6te Gef-. ner, que les anciens efloient fi curieux d^eftudier cette Langue, & fi amateurs de fa beauté dans fa fource, qu'ils en melprifoient tout à fait la traduftion , laquelle ne de- uint plus pour l'ordinaire, que le partage des petits ef- prits & des âmes peu efclaiiées, &peu capables dVne haute entreprife.

Cen'eft pas que ie veuille icy mefprifer également toutes ks tradu6tions Latines, ny priuer du fruit qui leur efl du plufieurs perfonnes habiles qui y ont trauaillé auec foin. Mais il me fcmble qu'on pourroit dire peut- eftre, qu'il y en a afTez peu il n'y ait quelque chofe a defîrer i & que fi Ton vouloir rendre vn grand feruice à cette Langue, & faire vn grand bien a ce Royaume: ce feroit, comme ie difois cy-defflis, de joindre à ces originaux incomparables , vne tradudion Françoife , qui en pûft eftre vne plus julle copie, & qui pûfî nous reprefenter auec plus de proportion &: de fidélité, que ne font pas ces Latines , fur tout celles qui font vn peu anciennes , leurs beautez ;, leurs figures , 6c leurs élé- gances.

X y I. Concîufion de cette Treface.

Aaais ie m'apperçois, quoy que tard, que ce dif- cours efl: peut-eftre deuenu vn peu trop long , pendant que j'ay voulu parler en mefme temps & de la Gram- inaire ,& des auteurs Grecs, 6c de la manière de bien ctudier &c de bien entendre cette Langue . Telperc neantmoins qu'il y poiurra auoir quelque chofe en cecy qui ne fera pas inutile Se qui ne déplaira pas à tout le monde. Ce qui me refte après cela, Mon cher Lecteur, c'eft de vous fupplier d'excufer les défauts que vous pourrez remarquer dans la fuitte de cet ouurage , Se

PREFACE. xxxix

d'aflifler de vos prières celuy qui n'a autre but en cecy, que de diminuer quelque chofe de voftre peine par Ton trauail. Que s'il eft vray, comme il eft, que c'eft parti- culièrement dans ces commencemens qu'on le peut faire-, j'ofeme perfuader que vous y trouuercz quelque foulaeement par ce nouueau Liurc , & par T Abrégé que vous en receurez bien-toft, ne mettant que ce qui fera de plus necefTaire pour ceux qui commencent, vous pourrez voir comme dans vn modèle racourcy , quel eft le deffein de cette entreprife, & quels font les fruits qu'on peut raifonnablement efpercr de cette Nouuclle Méthode.

ADVERTISSEMENT.

/' L faut prendre garde four bien prononcer les Règles, ^y troumv le nombre du vers» que i' ay fouuent appelle les lettres du nomjim- fle qu'on leur donne en Latin» éf* ^n noflre Langue , comme A, G, M, &CC, d'où vient que it les ayfait mettre quelquefois en ça" raBeres Romains » afin qu'on ne s'y pufi pas tromper.

Les Règles qui font en pltti petits car avères, font celles qui peu- uent eflre pafsées par ceux qui commencent , comme leur eji nnt moins necejfaires , aujjt-bien que les Aduertijfemens , les Diale^es, les Remarques, c^ tout ce qui efi en petite lettre.

NOVVELLE

/Vv' '^^ ^vvA ^^w^ -^vv^. /'*<Vi t)J A<^ v\ /VriA Aoa A<V\ Aiv. AnA AiVv

NOVVELLE METHODE

POVR APPRENDRE

FACILEMENT

LA LANGVE GREQJVE.

.1 - - ■^_ . -- - - - I - - , - ■■ ,. ■- ■,.-■■-—

L I V K B P R E M I E R.

Des lettres ôc des fyllabes.

Chapitre Premier,

Dmlfion générale de cet Onumge,

^^ Ette Novvellë Méthode nous pre- fente vn moyen facile d'apprendre les principes ^w--^ de la Langue & de la Grammaire Greque.

La Grammaire Gre qx e eft l'art de parler ^ d'efcrire correctement en cette Langue.

Cette Langue doiteftreconiideréé, ou généralement félon Fvfage commun à tous les peuples qui en ont vfé \ ce qu'on appelle laLANGVE commvneiou par- ticulièrement félon les fliçons de parler propres à cer^ tains peuples , ce qu'on nomme Dialectes.

Ces Dialedes font quatre principales , fçauoir TAtti- que,rionique, laDorienne écTEolique, aulquelles on en doit rapporter quelques autres moins connues , com- me la Béotienne, Cyprienne, &: femblables , ainfi que nous dirons plus particulièrement au liu. G. Et de c*es quatre, l'Attique eflla plus confiderable, comme la plus dégante , 6c celle qui s'eft plus répandue dans la Langue

A

2. L I V R E I.

commune , laquelle ne fliitpas vne Dialede a part, mais eft compofée principalement de cellc-cy auec quelque mefîange des autres.

Les parties de la Grammaire Greque , foit prife en gê- nerai félon la Langue comir une^ foit prife en particulier félon i^QS Diaieéles, font deux, fçauoir i'Etymologie <Sc la Syntaxe.

L'Etymologie n*aitte des mots feparez , & la Syntaxe en conlidere la liaifon, Ôc la ftrudure qu'ils peuuent for- mer dans le difcours.

Les mots font compofez de lettres &: de fyllabes. .

Les lettres font les moindres parties à^s mots. Les Grecs \qs appellent co/;^a , c'eft à dire Elemema j ou '^^ù/uff.a.-m.y littéral :> d'où vient le mot de Grammaire, de meiiiiequede Littera les Latins Font aufîîapp elle e Lit- temturay comme on voit dans Quintilien ic dans faint Auguilin mefme au 2. liu.deTOrdre chap. 12.

Dans les Lettres, il faut conlîderer le nombre, la figu- re, le nom, la valeur, la prononciation &ladiuifîon. Ce qui enferme le changement qui te fait des vues aux au- tres 5 félon le rapport mutuel qu'elles ont entr 'elles.

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Des L C

Les Grecs

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ETTRES ET DES SyLLABES. 3 HAPITRE II.

J)es Lettres en général.

ont 24. lettres , dont il faut connoiflrc le Nom y & U Valeur.

Alpha

Bf eta

Gamma

Delta

E paruum

Zêta

E'ta

Thêta

Iota

Cappa

Lambda

My

Ny

Xi

O paruum

Pi

Rho

/

/

6)/^;<)t

Sigma

Tau

Y paruum

Phi

Chi

Pfi

O magnum

a. b.

i

e bref. z, ds. e long, th.

1.

k,c.

L

m. n.

X.

o bref.

P- r.

f.

t.

y, u François.

ph.

ch.

pf. ,

olong. A i]

4 Livre!.

advertissement.

De ces lettres Cadme en apporta ï6. de Plienicie en Grèce, ou il pafla du temps des premiers luges du peuple d'ifrael. Et ces let- tres font ;

A,B,r,A,E,I, K,A,M,N, 0,n,P,2, T,T.

Ief<^uelles pouuoient fuffire pour exprimer tous les Tons de la lan- gue : les 8. autres ayant efté inuentées depuis auec plus d'vtilitc que de neceflîté.

De ces 8. Palamede en inuenta 4. à la guerre de Troye, c'effc à dire Fan du monde i8oo. félon le P. Petau , & plus de 150. ans après l'arriuée de Cadme ^ fçauoir le 3 , & les trois afpirées , ©, <I) , X i quoy ^ue quel<^ues-vns attribuent le 0 & le X à Épi- carme.

Simonide qu Eufebe met dans la 61. Olympiade , <jieft à dire prés de 6^0. ans après la guerre de Troye , inuenta les 4. autres qui font , -/i , a , & ^, ^|^. Mais la raifon de ces lettres adjoiîtées it verra mieux cy-aprés.

Chapitre II L

DÎHÏjîon ^ ■penmttation des lettres.

Les lettres fe peuuent confiderer ou alphabétique- ment ou arithmetiquemcnt.

Les lettres prifes alphabétiquement fc cîiuifent en voyelles & en conionnes : in çm»iy7zt ( fup. 'îça'^^^^.ctTtt) (jr ci>{x^mcL : ce qui fe fait par certaines clafTcs , félon lefquelles ces lettres fe changent facilement les vnes aux autres.

Les voyelles font celles qui peuuent former vn fon d'elles-mefmes : & celles-cy le peuuent confiderer fe- parément ou conjointement. Les voyelles prifes fe- parément fe diuilent en longues , breues , ôc dou- teufes.

Des Lettres et des Syllabes, y Règle I.

Des voyelles longues , breues & douceufes.

Les langues font y\7^y grand. Aux hreues e , o rejpondant : A' A(p5t , IccT^t font douteux , Mt l'vy^,hoy aufi comme eux*.

Exemples. Les Grecs content jufques a fept voyelles , fçauoir

2 longues, fMi}LcÀ » û) -) *î"'^e rcfpondent 6: fe \_ ' > changent fouuent l'vne

X breues , ^es^-X^^ ^ ® -^ pour l'autre.

3 communes, Kciy a a / «^ ? qui font ainfi nommée* tant parce qu'elles font quelquefois longues en certains mots, & quelque- fois breues en d'autîes i que parce aulïî qu'elles font quelquefois douteufes, pouuanc cftre ou longues ou breues dans le mefme mot.

ADVERTISSEMENT.

Les Grecs n'ont eu autrefois que cinq voyelles , comme elles font encore en François & en Latin , içauoir A, E, I , O, V: W & l'a n'ayant efté adjoiitez depuis , que pour marcjuer diffé- rence dans la quantité.

Platon le témoigne dans Ton Cratyle , puis qu'ayant dit que les anciens efcriuoient ê'iOÉÇpt pour w/ut'g^; il adjoûte, v yàp ^ €;\^ga^âcc , a'MûC ? TOTrTtAaiior, Car nous ne nous fermons pas d'yt autrefois , mats paiement i\. Plutarque monftre la mefme chofe en fon liure de l'èT. Et dans les Colomnes des.Farnefes, apportées de la voyc App;e , on voie encore l'E pour Vn , DE M ETROS pour ii)t'juntfoç y KOPES pour Koç>t?, & femblables. Comme aii5î Vo pour TûD , L Q I O N pour Acùlor, e E O N pour ôècâ"/, ôc fem- blables.

Terencien a marqué nettement la nature de ces deux voyelles a 6c en ces vers :

Litteram namqH>e E videmui ejfe ad ^jol proximam, Sicut 0 ^ ce vtdentur ejje victn£ fibi : Temporum momenta dijlant , non font natiuit<pf.

elles ne font différentes , dit-il, que dans la quantité, & non pas

dans le fon naturel ôc çffenti^.

A iij

é; L I V R E L

Prononciation de rmzt»

L'*m eftant vn £ long , doit auoir vue prononciation pleine comme eft celle de noftre e ouuert en bke^fete , tète, ôcc. au lieu que l'e-vf^A^j' doit eftre noftre e bref & fermé , comme le dernier en netteté» Mais I'm doit auoir vn fbn moyen entre l'e & l'et, comme y ayant vn rapport mutuel entre luy & ces deux autres voyelles , comme nous verrons fouuent dans la fuitte.

Aulïi Euftathe» qui viuoit bien auant dans le iz. fîecle, dit que B>^, fiJT, efl: vn fon fait à l'imitation de celuy des brebis, & cite à ce fujet ce vers d'vn ancien Cratinus ;

Is fatuui permde ac ows bê, dicens inceàiU Et Varron témoigne la mefme cliofe.

SainfAuguftin, au liu. i. de la Doélrine Chreftienne , ait que B E T A , duni le mefme fon 0* la mefme prononciation > marque le nom d'vne lettre parmy les Grecs , ^ le nom d'vne herbe parmy les Latins, Et nous appelions encore de la Bete.

C'eil ainfî que luuenal a aufîî appelle cette lettre : Hoc Sfcunt omnes antè Alpha & Beta pmUA: Ce que monftre encore le terme d'A l p h a b e t qui s'eft conferué dans la plufpart des langues vulgaires jufqucs a nous. Et ces au- toritez ne confirment pas moins la véritable prononciation du ^, que celle de 1'». Comme elles paroificnt encore toutes deux dans l'antiquité par le mot de Beel , qui eft le mefme que BirAfl.c,^ Belus y père de Ninus Roy des AlTyriens, qui fut adoré comme vn ' Dieu par les Babyloniens.

Prononciation de tu.

VàfA^ycc doit aufli eilre diftingué de Vo/JuK^or dans fa pronon^ ciation : celuy-cy fe prononçant fur l'extrémité des lèvres , & l'autre dans le creux de la bouche , comme eftant d'vn fon plus plein. C'eft ce qu'enfeignent Caninius & Sylburge ; &Terçncien le dit formellement en ces vers :

û, Grajugenùm longtor , altéra efl figura 7 jilter fonui > temporumque nota variata, Jgitur fonitum reddere cum voles minori , Retrorftts adaSlam modtcè teneto linguam 'RiBi* neque magno , fat erit patere labra : jit longior alto tragicitm fuh bris antra JAolita rotundis acuit fonum lahellts. Cette diftin6liou de l'y bref &: de Vo long fe trouue mefme

Des Lettres et des Syllabes. 7

dans noftre Langue , nous prononçons autrement vn hojle , (hojjiei) & vne hotte: vne cojle, (cofi.t) Se vne eotte : il faute , (faltat) Ôc ync/otte, (Jliilta) Ôc femblables.

Prononciation de fv.

Vb-ifiKùt fe prononçoit comme noftre «* François, au lieu que rv Latin fonnoit o«* , comme nous l'auons fait voir dans la Nou- uelle Méthode Latine. Car l'Y Grec, félon Capelle, Terencien Se Prifcien, auoit vn fon moyen entre Vov & Vlâ-m.. C'eft pourquoy Je mefme Capelle dit qu'il fe prononçoit par vn petit fouiHe , & en preffant les lèvres. Et Ariftophanc dans fon Plutus voulant exprimer le fon que fait vne perfonne en fentant quelque choie & retirant fort fon haleine, met ^ tT, ? T, îT, zT, tT, &c.

On voit parla que la prononciation de cette lettre n'eftoit pas celle d'vn t. Et ceux qui la prononcent de la forte, & qui en font aufli retomber dans le mefme fon cinq ou fix autres ; fçauoir i,tjy », o<, 6< , y/ : introduifent vne confufîon eftrange dans la langue , y ayant quantité de mots differens, qu'il n'cil: pas polfible de di- itinguer par leur prononciation.

Chapitre IV.

D€S Difhthongties.

Les voyelles jointes enfemble font les diphthon- gues : le nom en eft tout Grec Xiq^boyfoty ôc fignific pro- prement qui fonne deux fois. L'on en conte ordinaire- ment 11. qu'on diuife en deux bandes s ilx propres , 6c iix impropres.

R E G L E I I.

Des Diphthongues propres & impropres*

4.

^ Fais les propres d'oH^ av ,

D'à 5 ei» 5 cV y ov : * Impropres et , ii, Q^fiujcrites :,

Hy , m y vi font dites. 5 Ces diphthongues fouuent changent^

Se refoluei^t ou bienfe mangent.

A iiij

8 L I V R E I.

Exemples. Les fix propres font Les iîx impropres,

ti tlet Elit H 0§fwtt X^^^jf^-

€f Tçyla. Trola ù) u'fù^ctuf Herodes,

euj cwe^ Aura •) >^ /

«y _ > ny ny/, bonus.

oy •v^iif -yrlna av côutb^ pour o i^j^tb? f^y?^»

v/ A"f'/7v/s4 Harfuia,

Toutes les Diphthongues finiflcnt par ; & par v : c'eft pourquoy ces deux voyelles s'appellent fubjonUl- nés ou fuiusntes , & les autres prepofitiues.

I. I^es propres fe font de IV (3c des deux breues g & 0 jointes chacune auec ïi & puis auec Vu. Les Grecs les appellent cA^pmci befie fonantes ^ parce qu'elles font fonner diflindtement les deux voyelles..

2. Les impropres viennent des propres, comme on peut voir dans la table des Exemples cy-deiîus \ mais il y en a de deux fortes : les vnes fo urdes &l(^cù\>ct, Iça- uoir les trois foufcrites «x, m, ^ s l'/^aTct n'a elle njis dciTous que pour monftrer qu'on ne le prononçoit plus félon la plus commune opinion des fçauans j d'où vient que fouuent mefme on a négligé de le foufcrirc.

Les autres m^tl formantes KoLyJ^moi, ccû a dire qui font plus difficiles à prononcer , fur tout Vttu ôc Vcûv , à, caufe de la voyelle longue qui ell deuam l'y. Car pour la dernière y/, il femble qu'elle n'ait elle mife en ce rang que pour faire égalité dans la diuifion , pouuant paffer pour diphthongue propre , comme l'ont mife Ramus , Cranzius , de plufieurs autres. Mais elle ne fe met jamais que dcuant vne voyelle félon Hcrodien le Grammairien,

5. Ces diphthongues fe changent (buuent , foit les propres en impropres, ou avi conçiraire , félon le rap-

Des Lettres et des Syllabes. 9

port mutuel qu elles ont enfcmble ; Toit en quelqu au- tres manières particulières , dont nous parlerons dans la fuitte . Elles fe refoluent , Toit que la iubjonâiiue eftant marquée de deux points au deiliis , flilTe vne fyl- labe à part, comme -^ra/V pour 'n-Ci; ^ puer-, hmii pour hn-roi , Laton£ i ce que l'on appelle Dierefe ou diuifion : {oit que la dipKthongue fe change en deux fimples voyelles félon fa valeur^ comme « en a ou en sa, 6c fcmblables.

Elles fe mangent aulTi ; foit en partie, perdant ou leur prepofitiue, comme )t^ct'&', Kh^io^^fleo-, ouleurfub- jonétiue , comme ;v^o/<, ^"iot-, color: foit tout à fait, com- me àyeîpa , <i^^&> , Att. çongrego. Ce qu'il iufEt de remar- quer icy en gênerai, pour y rapporter ce que nous en verrons de plus particulier dans la iuitte.

Trononciatlon des Diphthongncs Propres.

La prononciation de ces diphtliongucs efî: prefque aflcz mar- quée par les exemples que j'ay joints à Ja Règle. Elles doiuent auoir vn double fon qui faiTe entendre \qs deux voyelles, à moins que de n'eftre plus diphtjiongues ,• mais tout d'vne haleine Se tans diuifer la voix : es qui autrement fej^oit deux voyelles feparées.

Toutes \qs Langues vulgaires ont leurs diphthongues , le double fgn paroift fort bien en vne mefme fyllabe , fans auoir rien de trop rude, comme la noftre dans raye^, Fayens, CteiCieux^ hea:t,mien,fien, Ôzc. Et partant on n'en doit pas faire difficulté dans la langue Greque.

De Voj^

Airdî la diphthongue «/ fe prononçoit par cç% deux lettres ,' comme tefmoigne mefme Quintilien, & non pas par vn e ouuert j ce qui la confondroit auec 1'».

Scaurus , ancien Grammairien dit que les Latins ayant pris cette diphthongue des Grecs, & depuis l'ayant changée en «e,la prononçoient en forte qu'on y entendoit toujours les deux voyel-^ les : Et les Poètes qui ont fait diuiiîon de Va'i en deux fyllabcs , comme Virgile dans ces génitifs auldi\ pt6laï\ ôcc. monfircnt aflez que ces deux lettres s'entendoient dans la diphthongue, puis qu'autrement ils n'auroient pas pu trouuer le fon d'vn a Se d'vn f dans la prononciation d'vn e iîmple,

lO L I V R E I.

L'interjedlion a/', «/', marquant vn cry de douleur parmy les Grecs, comme on voit dans Ariftophane, Sophocle, Lucien ôc au- tres, marque encore la mefme chofe parmy nous , ayant gardé le mefme Ton & la mefme prononciation.

Et partant la véritable prononciation de cette diphthonguc cft celle qui eft encore demeurée dans Maia, Gratusy Naïades; comme encore dans ceux-cy en noilre Langue, ^j4«ctf, Majance, p^yfn, ajMitj ôcc.

, De /'fy.

Vil fe prononçoir aufîî par ks deux voyelles , & faifoit vn fon plus plein que VtciTtt.

Hermogene parlant de la cadence finale des périodes , témoi- gne que les drjfhîhongites ^ les voyelles donnent beaucoup de grâce qt^and elles font à. la fin ds mots i que neantmoins il en faut excepter l'ii]. Mais que fi elles finijfent par vn i feul^ a'ors le difcours n'a rien de grand r.y de releué , pareil que cette vvyslle teff.rre la bouche ^ qudk ne la remplît pas. il fait voir qu'encore que Vu foit moins plein que les autres diphthongues, il eft différent neanti»oiiis de r<feul, puis qu'il en fait vne diftindion particulière.

De Vcjj (jT" /Vu.

Les autres diphtKongues font faciles, Vcw fe pronônçoit conv me dans aurum , autem, en leur donnant leulement quelque cho- fe de Va , comme font encore plufîeurs prouinciaux parmy nous.

Ariftophane voulant exprimer l'abayement d'vn chien, luy fait dire, oJ", oo" j & cette prononciation doit paroiftre dans Pcwaoç de mefme que dans faulus , puifque ce mot Grec n'a efté pris que du Latin.

L'et» fe prononce comme dans euge , Eucharifiie , ou l'on fait toujours vn peu entendre IV.

Ceux qui prononcent tu comme ef, av comme af font pref- que condamnez de tout le monde , tant parce qu'il n'y a jamais eu de diphthongue compofée d'vne voyelle & d'vne confonne, que parce que les Grecs n'ont jamais en df. Que cette pronon- ciation eftoit valable, ilfaudroit aulïi prononcer e/pour ot-j CQ qui paroiftroit ridicule.

De Poi & Vc-j.

L'ût fe doit prononcer comme dans Oileus i ho* pour hei dans Terence : quoi pour cm dans les vieux Auteurs : protnde^ de deux fyllabes dans Virgile , & femblables. Kamus , qui a efté fuiuy de

Des Lettres et des Syllabes, ir

plulîeixrs , croit qu'on la doit prononcer comme dans noftre François, moy^ toy^foy. Mais l'autre prononciation iemble plus douce & plus naturelle, & eft plus fuiuie.

L'oy fe prononce aflez bien prefque de tous, pourueu feule- ment qu'on fouftienne vn peu ïo pour faire le double fon, parce qu'autrement il n'auroit que la force de IT Latin qui faifoit oj* en vn fon (impie. Le fon de cette diphthongue femble ne pouuoir eftre mieux reprefenté que par le bruit fourd que font les chofes qui tombent par terre pou.

Chapitre V.

Des Conformes,

Les Confonnes fe diuLifcnt en Mutes ou Muettes, (sL^eoya,) Liquides ou immuables, (uyç^.y ^LUA-nH^ùKa) ôc en doubles, {SiTsKa) aufquclles on peut joindre IV qui les compofe.

Règle III.

De la diuiiîon des Muettes.

^ n", KcLTCiTa , TclC y font les Temi-es , Et pour Moyennes font recettes Ces trots BîiTtt, rdjjiuoLy AsAttc: Ajpirantcs ^7, X?, ©>itx.

* chacune ejlparfon rang changée. Tenue en Moyenne y Aj^ïrée,

Exemples. '1^15

Ç 3 Tenues , 4<ac« .

1. Les Muettes J Moyennes, «1.^.

lont 9. y

/ 3 Afpirées , Jitcrgûc,

2. Ces Muettes doiuent auiîi eftre fort confiderées par le rang de haut en bas, félon lequel celles du i Jang,

n

B

0

K

r

r

r

A

0

Il Livre I.

par exemple, font aifément changées l'vne pour l'autre: celles du 2. & du 3. de meline; comme ^(iTœy ^ x/twV, tHnlca j «;^»9ioi' , et^viiov , Jpl?7ie genus 3 ôcc.

Et ce changement fe fait fort naturellement, caries moyennes deuiennent infenfîblement tenues lors t[u on les prononce vn peu trop doucement ', comme au con- traire il s'en fait des afpirées lors qu'on les pouffe auec vn peu plus de force.

Prononciation des Ajpircei.

Cette différence ne doit donc pas eftre négligée dans la pro- nonciation, puifqu'en noftre Langue mefme nous faifons fort bien entendre les h afpirées , prononçant autrement vne haïuteiét <|u'vn auteur, vne hache que de Vathe y forte d'herbe, & fembla- bles.

Ainfi le <p ne doit pas eftre prononcé comme vne f fîmple , parce que Vf n'a point d'afpiration. Quintilien remarque que Ci- ceron s'eft mocqué d'vn Grec , qui prononçoit Fundautiti de mef- me que s'il y euft eu (Pundanms ; c'efi: à dire ¥fhu>ndamHi félon Lip- fe , ou pluftoft Ihunàanim félon Sylburge.

Prononciation du V>.

La prononciation du S> qui eftoit combattue autrefois , plu- fîeurs difant Vita pour Beta > eft prefque aujourd'huy receuë dq tout le monde ; & ce que nous auons rapporté en parlant de 1'» fuffit pour l'autorifer.

Les vieux Syriens l'appelloient mefme Beta , & les a^iciens Grecs efcriuoient BETA; dont les Latins n'ont pris que la pre- mière fyllabe B E. D'où vient qu'Aufonc a dit :

D'tmàttum Beta , monofyllabftm Italtcum B.

Que les Grecs eulTent prononcé Vita , ou mefme Bita par vn », il y a apparence que les Romains ont eu grand tort de ne pas fuiure la mefme dénomination dans le nom de cette lettre.

Il ne fert de rien d'objefter qu'ils ont quelquefois mis le & pour l'V confonne , comme "EiBiiçoç pour Seuerus ; parce que cette efcriture ne monftre pas que le & euft la prononciation de l'V , mais fait voir feulement que les Grecs manquoient de cara- ctère pour exprimer cet V confonne des Latins ; le Digamma Eolique qui en tenoit la place n'ayant jamais efté rcceu de tous Us Grecs, 6c ayant mefme efté de peu de durée parmy les Eoliens,

Des Lettres et des Syllabes, ij

C'cft pourquoy l'on trouue encore plus fouuent SêV^go^ que Si- BiTgo^ ; ce premier eftanc jufques à douze fois dans les Médailles de Gokzius , au lieu que l'autre n'y ell que trois fois. Ils difoienc mefme èvvçoç , ovu^aïf , otég><A(fl$, oi/€auK,(7ict/o'$, & femblables ; comme on peut voir dans Suidas & ailleurs. Et quelquefois ils fc font feruy de l'Y pour marquer ce mefme V confonne , comme CEYHPOC, Seuerus. YECPASIANOS, Vej^afianus , l'on voit aulTi vne forme de Stgma^ dont nous parlerons plus bas.

Prononciation du r.

Le y retient par tout la mefme prononciation que nous don- nons à noilre^ deuant l'd, l'o &: 1'»*, commQ galant, fagot, at^utUe. Ainfî c'eft vne faute de dire ay^iAoç, auec vne prononciation foible au milieu , comme eft celle de noftrc ; confomie dans fay, fauray, ôc femblables.

Règle IV.

Des Liquides ou Immuables.'

Liquides Immuables font Act^Cik, /)(» 5 que fvjy ro futur ont ^

EXEMP LES.

Ces quatre lettres font appellces Liqvides , parce qu'elles (ont fort coulantes dans la prononciation : & Immvables , parce qu'elles ne fe changent pas facile- ment . D'où vient qu'eftant au Nominatif d'vn nom elles demeurent aux autres cas : & que fe trouuant au Prefent dVn Verbe , on les retient au Futur, & fouuenc mefme au Prétérit.

Neantmoins elles fe changent quelquefois dans les mots l'vne pour lautre, & particulièrement félon Tor- dre que nous les auons jointes icy i c'eft à dire ^ pour §, & /:>t pour K 5 ou au contraire.

Prononciation des autr&i Confonnes,

La prononciation de toutes les autres confonnes eft facile, cha- cune fe prononçant par tout félon fa valeur : l'opinion de ceux qui vcukrfc que le i fc pronoAce comme yn ^ deuanc i3, tr, , tom

14 L I V R E I.

fcipf», par exemplcj toV Blor vitam, ellant aiTez condamnée par Qui'n- ' tiîien , lors qu'il dit que nui mot Grec ne fînilloit par vn m , puis ou il eft certain qu'alors tom finiroic par vn /u.

Il eft vray que le t fe changeant en y deuant vn autre y, ce y prend alors vn nouueau fon, comme celuy d'vne n Françoife, et">féAoé) comme angtîw. Et que le y deuant icj yy x> reçoit la mef- me prononciation^, WcpccfKsc apparut ^ ôcî'fp-c$,haj}a- Mais alors il ne tient pas tant la place d'vn y que dVn nouueau caraftere , qui fe- roit neceflaire pour exprimer ce fon , qui n'eft ny celuy d'vn gam-^ maj ny celuy d'vn r Grec , furquoy l'on peut voir la Meth* Latine.

Règle V.

Des doubles & du a-.

Les doubles fent -vf^^ ^"5 ÇW > ^uiji rejûlucm par aîyijut,.

Exemples.

Les doubles font trois, qui toutes enferment le tr auec IVne des muettes aufquelles elles ont rapport , félon le rang que nous les auons marquez cy-demis , ainiî

ÇTff

Kff

/Scr

yff

Ça-

X<f'

ADVERTISSEMENT.

Les doubles ne font que des abbreuiations d'efcrfture pour les lettres que nous voyons qu'elles enferment. L'vtilité de cette ob- feruation fc verra tant dans la formation du Génitif de la Decli- naifon imparifyllabe , que dans la formation du Futur des Verbes.

Le t, vaut ^T , d'où les Doriens faifant vne tranfpolîtion onC pris leur a-^ j difant <rSiv$ pour Ça/?, a-Jbyôs pour t^wyoç.

Il femble mefme que cette lettre ait eu autrefois quelque rap- port auec le y. Surquoy on peut voir le Traitté des Lettres qui eit dans la Méthode Latine.

Du '%'iyfJLei.

Quoy que le <r foit feul de fa bande, nous pouuons neanfmoins le joindre auec les doubles , non feulement parce qu'il en fait par^

Des Lettres et des Syllabes, ij

tie , mais anlli parce que dans leur prononciation elles ibnc toutes iîiflantes comme luy.

Cette lettre doit ei'trc remarquée comme ayant vn rapport par- ticulier auec le dernier rang des Muettes r, }", 6, d'oil vient que les Noms finis en a- quicroiÀent au Génitif, forment leur Cas par l'vne de ces trois conformes : Et que les Verbes qui ont pour fisiu-. ratiue l'vne dec?s trois lettres prennent vn a- lèul à leur Futur, comme nous verrons cy-aprés dans le i. 6c 3. liure.

Le 2 faifoit autrefois comme vn C Latin , ainiî que Terencien l'a marqué ;

1 ftm'dher l^ra, creil , O* C potsji quoi Sigma fie. On le trouue encore de la forte dans les vieilles efcritures, AIOC- K O P O C , Dtojcom ;CA?APlAOC, Sara^idoi j O AAYIOC , Flauios , &c.

C'eft pourquoy le nom de S'^a marquoit quelquefois ce qui eftoit en Croiflant &en demy-Lune , comme dans la defcription de Conftantinople , Forticttmjlmïrotundtfm (jt*£ ex fimiUtiidtnt fa^ hric£ Sigma Gr£cor>tm vccabido nuncupatar. Et nous auons encore vne forte de Q qui reuient alTez â cette figure.

Prononciation du a-.

Sa prononciation doit eilre ferme 8c entière , auffi-bien entre deux voyelles qu'en tout autre lieu. C'eft pourquoy il le faut pro- noncer dans ;tpt;'j7)$ de melme que dansovTj:, tu£ : quoy quenFran- çois nous prononcions autrement Cbrjfes , que fes.

Chapitre VI.

Des lettres prifcs arithmetiquement.

Les lettres fe prennent arithmetiquement lors qu'elles ferucnt de figures pour exprimer les nombres ; ce qui fe peut confidercr en deux mameres ; l'vne nat'urelle ^ l'autre artificielle.

La manière naturelle eft lors que les lettres marquent ks nom- bres félon l'ordre qu'elles tiennent dans l'Alphabet , en forte que l'A valle I ; le B z ; & l'O 14 i comme on voit dans l'ordre des liures d'Homère , & ailleurs.

La manière artificielle eft double:l'vne par toutes les lettres diui- fées félon leurs clafîès, & l'autre par quelques lettres particulières.

Cette diuifion des lettres par claifes eft triple : la première eft du nombre digite ou des vnitez. Ce qui fe fait par les huit pre- jnieres lettres aucc cet autre caractère r , <ju'on met au fîjiefme

l6 L I V R E î.

lieu pour marc[uer 6 : <Sc qu'on appelle '6^jM/u$f Fav j ou reulcment

La féconde eft des dixaines qui fe fait par les îiuit lettres fui- uantes auec ce caraftere ^ ou Z , qui fe met au neulicfme lieu pour faire 90. &: s'appelle Kophc ou Kq-s-ttu.

La troifîefme claile eft des centaines , & contient les huit der- nières lettres auec cette autre figure /^ , qu'ils mettent encore au neufieuTie lieu pour faire 900 : & ils TappcUoient Sanp/ ^ parce qu'elle eft faite d'vn ancien Sigma renuerfé auec vn tt au dedans.

L'on peut donc reprefentcr ces figures des nombres félon leurs clallès , ainiî :

/. y-rutez» II. Dizd'//es, III. Ccntainei,

hJ. i. I / 10. P % 100.

B i3' 2. K »' 20. 2 ff loo:

r^'j. A ^' 30. T t' 300.

A/" 4. M />t' 40. T V 400.

E ^ 5. N / 50. ^ ç>' 500.

Ç"' <?. ^ f (jo. X "^ 6co.

Z Ç' 7. : O 0 yo. -^ 4' 700.

H>î 8. riTr'So. ^ û) 800.

®Ô'c;. Ç 4' S^o. ^' 5?oo,

Toutes ces lettres font marquées dVne petite iigile au dcf[u5 : mais 11 l'on vouloit exprimer les rxiille <Sc au delà , on mettroit la ligne au defî'ous : de lorte que Ïcl vaut mille, 0^ deux mille 5 ôc de mdmc i^ dix mille ; ç^ cent mille , & ainlî des autres. - Pour la combinaiion de ces nombres elle n'eft pas difficile ; car fi Ion met par exemple iat, cela fait xi : xfl', xxii : Ay', X X X 1 1 1 : ç5^', CI V, &c. Et l'on met ce % la ligne deflous la pre- mière lettre , &: deflus la dernière , cela fait cIdv, 3cc. Ainlî (x-xn'y fera la prefcnte année lô^s- Mais il eft bon d'en reprefentcr vne table plus particulière.

Tal;U

Des Lettres et des Syllabes. 17 Table de la ccmbinaifin des I^omhres.

I

2,

3

4

î

6

7

8

9

iS'

y

y

/

f 7

Ç'

>1

V

1 l

1 lit.

-s'

'>'

/^^

e

'r

i9'

ÏO

II

II

14

IS

16

17

18

19

f

;c>'

kS^'

X5

«r

"«',

lO

11

11

ij

i4

16

17

z8

19

^'

^i3'

a/

^c^'

Ae

t

^r

Kn

Aw

51

5^

3i

34

3S

i^

57

3S

3?

f

1

f/i3'

(xy'

y.f

^i

i"^

i^C

1

t^y

40

41

41

43

44

4^"

-4^

47

48

49

y

1

va

Vl^

y>'

y«r'

vç'

^r

vS'

^^

51

51

S3

54

s^

57

58

59

r

fr

1/

fcT-'

¥

f^'

ir

fr

60

^r

61

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64

65

^7

6i

69

1

0

Ofit

0^'

6>

CcT'

'^'

CM

CÔ'

70

71

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74

75

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77

78

79

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«ira

•r/S'

crcT'

9ré

Tf'

^r

TJt

m^

80

81

8i

83

84

Sa

87

88

89

^

^*

4^'

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4r

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4'

^e'

90

9r

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5}

t^4

95

95

^7

98

99

300. ZO

0. 300.

400.

çoo.

(6"Û0. 700.

80 p.

900. JOO©.

r "

/ T

f

V

?'

X

' 4'

f

;?) çt-

La manière de conter par des lettres particulières fc fait par ces fix lettres maiurciiles , r, a, ^, H^ X, M , qui marquent toutes le nomore dont elles commencent k mot, ainfi

I vaut vn,parce qu'il vient d'i* qu'on difoit pour yu-j^^^nâ, n vaut 5. parce qu'il eft pris de ^ny-n, quinine. ^ vaut 10. pafcç ^u'il vient de A'^gi^ d^cm,

B

l8 L I V R E I.

H vaut îoo. à caufe que (eruant autrefois daipirarion, ilfairok la premicre lettre dumot Hekaton centîtm. X vaut looo. a caufe de p^M<5t 'mUl(^. M vaut loooo. à caufe de //Je«cc decles ml/te.

Et toutes ces lettres fe peuuent redoubler elles-mef- mes jufqucs à quatre fois ( horfmis le tt qui ne fe redou- ble point ) ou fe multiplier auec les autres pour fliire tou^ les nombres i comme II, 2. III, 5. II II, 4. AAy 20. A A A, 30. A^AA, 40. Etdemeiine Ai, 11. A Ai, 21. ni, 6. AU, 15, ikc.

Que Cl l'on met ces meûiies lettres dans vn grand fj, ( hois il qui ne s'y mettoiî jamais , parce que IVnité ne multiplie point ) il marquora qu'il faut prendre cinq fois le nombre de la lettre qui luy fera inférée. Ainfi J^l vaut cinq fois dix, c'efl à dire 50. pt cinq fois cent, c'eilà dire 500. f\ cinq fois mille, cefl:àdire5ooo, &c: Et de mefme pour faire combinaifon [41 5 51, R n, 55. plA, ^o. Et ainfi des autres.

Chapitre VII.

Iks Syllabes en gênerai.

Apres aiioir parlé des Lettres , il faut parler des Syllabes.

Le mot de Syllabe vient du Grec cT^MctCéff, comp.'-eheni:re : 6c par- tant eft proprement l'vnion de deux ou de plulîeurs lettres: Ncant- jnoins il i'e tiouue non feulement des fyllabes, mais des mots mef- me d'vnefeule lettre, comme en Latin », alle\, Impératif d'ca. Et- en Grec 0* > hic , article mafculin , &c.

Ainfi la Syllabe peut cftre diuifée eniîmple & en compofe'e : la Simple qui n'aura qu'vne feule lettre , fçauoir vne voyelle comme ey-delTus : la compofée qui en aura deux ou pluf eurs , comme fe- ront des diphtliongues , ou des confonnes jointes auec des voyel- les ou des diphthongues , foit que la coniomie foit au commence- ment de la fyllabe ou à la fin. Surquoy il y a quelques obferua- tions à faire.

i. Vne fyllabe en Grec peut commencer par deux confonnes, comme ^Ma, mttto : ou par trois (ce qui ne peut eftrc en Hébreu) comme ç-Tfc^y^ y ^Htta^ ^^^

Des Lettres et des Syllabes, i^

1. Mai^ la mcfme confonne rcpctée ne peut point commencer vne fylLibe en Grec, ce q^ui le peut en Hébreu.

3. limais vne nfpire'e ne finit vne iyUabc , d'où il arriue que le p le redoublant au milieu d'vn mot , le premier fe prononce par vne afpiration douce, parce qu'il finit la Tyllabe précédente.

4. La mefme arpirée n'e/t jamais redoublée dans le mefrae nioc, parce qu'il faudroit ou que toutes deux commençaiTent la fyllabe fui'jaate, contre la féconde obieruation j ou <jue la premiè- re finiil la précédente, contre la troifiefme.

5. Lors que deux Muettes commencent vne fyllabe , il faur qu'elles foient ou toutes deux Tenues ; comme TE-n/7i?a/ verberuùus «Jî, &c non p3S Tsv^^uci > quoy qu'il vienne de '^'7^(pA , verberaui : ou toutes deux moyennes , comme «"o/o.fj^ , fipt:mH-> , &honpas ^rhusi-, cuoy qu ii vienne à'î^.Trioiyfpt^m: eu toutes deux afpirées, commZi'r6<pTUvy vcrbsrattés fum, & non pas è 7vV8/u;, quoy que les Grammairiens le prennent qî'tvttIc/^.

6. Les Muettes du dernier rang r, ^, ^ , ne fe mettent jamais, deuant les autres j de forte que l'on dit par exemple m'^''^ , parfo, & non pas -n'I^SP > quoy qu'il vienne de 'ïi'y^ , êc que le k dem£ur(î toujours pour fîguratiue ; Et l'on dit au contraire mTciaty cado , & non pas wi'Wa, quoy qu'il vienne de Tiiicà : oii l'on voit que la let- tre adjoutée, qui cfi: le -a, va deuant le r , félon fon rang j au lieu que dans l'autre exemple , la lettre adjoutée qui efroit r, n'alloit qu'après le z. , pour la mefme caufe.

7. Deux fyilabes de fuitte ne commencent pas d'ordinaire par vne afpiration , parce que cela cauferoit quelque rudefïe dans U Langue. Delà vient que les afpirées fe changent fouuent en Te- nues, comme nous l'auons marqué cy-defTus: Ainii Ton dit rfi)^^ currv, pour >gf>!, d'od vient le Futur ^g«?ca : de ^iltû>,percutioy l'on fait rèi-A>:s(-, &non pas fifxyje., & ainfi des autres. Neantmoins il fe trouue quelques exemples du contraire î comme ctV?ê';ït/':«, cir- canftofus erut, dans Homère pour ciu(pi-/.îx^"^* d'c^ctcpip^'a. L'on en voit mefme quelquefois trois de fuitce, comme oLjLi(pi^J-it$ daiià le mefmé Auteur , ce qui efi: lare.

Chapitre VII I.

B^ proprietez, de la Syllabe,

Les proprietez de la Syllabç font trois : la Quantité , l'Accent, & l'Efprit.

La quantité eft la mefure du temps que dure vne fyllabe, fclon leq-iel les vncs font longues, & les auties breues.

Bi;

10 L 1 V R E I.

Les règles de la quantité peuuent eftre diuiTées en deux bran- ches : l'vne générale, ^rautre particulière.

La quantité générale dépend de l'analogie des lettres , 8c confî- fte feulement à connoiftre les deux breues g, o ; les deux longues n, a ; les trois communes ct^nv, & les diphthongues.

Ainfî quand on veux allonger vne fyllabe , on change fouuent ces breues en longues , félon Te rapport qu'elles ont enfemble : & quand on la veut abréger , on fait le contraire.

Pour les diphthongues elles font longues d'ordinaire, ce n'efl quelquefois â la fin des mots.

La quantité particulière comprend d'autres règles , qui deman- dant vne connoiiïànce plus parfaitte de la Langue , doiuent eltre referuées en vn autre lieu.

Des Accens.

Les Accens que les Grecs appellent Tvvot tons y font le rcleuement ou rabaiffemcnt de la voix en prononçant : ce qui peut eftre confideré ou feparément en diuerfes fyllabes , ou conjointement en la mefme.

C'eft pourquoy il y a deux fortes d accens : deux flm- plesj fçauoir 1 aigu, »ft/, figuré ainii (') qui eft pour re- leuerj éc le graue, ^«pt^\ ainli ( ' ) pour abaifo : & vn au- tre compofé, qui a efté fait d'abord de ces deux lignes jointes enfemble ainfi ('' ) &:en fuitte dVne figure ar- rondie, comme vn vpfilon renuerfé ainfi ( ^ ) & puis en- fin comme vne S couchée ainii { ^ ) -

Les règles des accens font ou générales ou particulières. Les particulières fuppofent vne connoiflance des quantitez, & doiuenc eftrc renuoyées au mefme endroit.

Les générales regardent la nature , la différence , «Se le lieu de l'accent ; ce qui doit eftre marqué icy. "^

Règle VI.

Des fyllabes capables d'accent.

V^igii peut en trois lieux p^ffir. Sur brcue ou longue fe placer.

Des Lettres et des Syllabes. 21 Le circonflexe vne longue aime^ En la dernière oh pnultiejine. Le graue à lafln/èule esl vetf Dans le difcours é* four Paigti,

Exemples.

Les accens en Grec non plus qu'en Latin ne pouuant s'éloigner plus loin de la fin que fur rantepenultiefme :

1. L'aigu fe peut mettre fur chacune de ces crois der- nières fyllabes , Toit que celle qui le reçoit loit longue ou qu'elle foit breue : &; il la finale eft breue, d'ordinaire il efl fiu' la troifiefine de deuant : comme au contraire fi elle efi; longue , cette troifiefine ne peut ordinairement auoir d'accent.

2. Le circonflexe ne fe met que fur la dernière &la penultiefme *, & ne peut cfire que fur vne fyllabe longue par nature.

3. Le graue ne fe met que fur la dernière , & dan-; la fuitte du difcours feulement , fur les mots qui deuroient

auoir vn ai^u.

ADVER. TISSEMENT.

Le graue n'eft qu'vn rabaiiTemeiit de la voix. C*e{l: pouiquay comme après auoir rdeué la voix fur vne fyllabe , il faut nccelîai- rement qu'elle fe rabailTe fur les fuiuantes ; ces fylîabes s'appellent graues ou barjtones , encore que cet accent n'y foit pas marqué. Car on ne le figure jamais que dans le difcours, fur les mors aigus, comme ©écV; qui dans la fuitte changent leur aigu en graue, com- me ©écV iix^?,T>em nofter, pourmonftrer qu'il ne faut pas releuer la dernière , laquelle autrement parteroit jufques fur le mot fui- uant, & feroit le mefme eff^t qu'aux enclitiques , qui elt de les vnir auec le mot précèdent.

Des Esprits.

Les Grammairiens appellent Efprlt otov^, la manière d'alpirer vne fyllabe en la prononçant.

B iij

IZ L I V R E I,

Ces erjprits font de deux fortes j IVn foible Se délié -^Kov, quife forme comme vne petite virgule au haut du mot 5 ainfi e^^y, e^a.

L'autre plein Se fort Jb:a^^ qui fe marque comme vn petit c, ainiî u/mi , fimicl.

Chaque voyelle au commencement dVn mot eil mar- quée de IVn de ces efprirs.L V prend toujours le rudc,v/w3 aijiia : & les autres ordinairement le doux: , comme nous dirons plus particulièrement au liure dernier.

Mais la marque de leiprit doux efloit affez inutile, puisqu'on il n y a point de rude on eft obligé dans fjus- cntendre vn doux.

A D V E R T I S s E M E N T.

Autrefois l'H efloit la marque de rafoiraiion parmy les Grecs., comme elle l'eft encore en Latin 8c en noiire Langue. Car l'on ef- crinoit HEKATO'N au lieu d'/j^f^oV ; l'on eîcriuoit PH' KH 8c TH au lieu de cp, Xy ^* ^^ ^^^ efprits dont nous vfons font en- core des reftes de cette H , laquelle ei^ant fendue en deux, fa pre- mière partie a feruy pour l'efp rit rude , & fa féconde pour i'erpric doux, comme on les voit encore marquez dans les anciens îiures : Et depuis Ton n'a fait qu'arondir ces deux dcmy fgures,pour for- mer celles dont nous nous feruons c, .7.

Les anciens mettoicnt au,(fi quelquefois felprit au milieu des mots, •sf^ûÇâi rmtUj comme nous vfons de l'h en Latin mthi.

Chapitre IX.

^ jD^ la muUtionj addition ç-r retranchement qui fe fait

dam les fyllabcs.

Ce chapitre comprend les noms de quelques figures, dont nous verrons des exemples en diuers lieux dans la iliitte 5 & que nous traitterons plus amplement au liu. 6. dans les licences poétiques 5 comme plus ordinaires aux Poètes.

La Mvtation ou Metathese , f^uTzH^inf, eft vne tranfpolition ou de lettres ou de fyllabes , comme dm- ^eifficc pour àmi^itnci) wfinlta ; ^olg^ï pour ,^'$c^f , ahdaçla.

Des Lettres et des Syllabes. 23

De mefme en Latin deois de yujéht : clto- de TuyS : mem dV^iCf : rego à'uf;^ : pariai, ds TrMfipt , d'où vient aulli no- ftre mot de panure : àY.o>. M^i, la^fcaù^ qitaji ac^jw'».^ , &c. L'Addition s'appelle Pléonasme ^AiovoL^rij^i^ &;fe fait au commencement , au milieu, ou à la fin.

Celle du commencement s'appelle Prosthese nj;tr- «Jh^^, comme ;?«<<* i-, yt(^cun':paHliiliim : h'/jctî, Ihha^^ viglnti: En Latin natp^.gnatuj^ Ôcc.

Celle du milieu Epenthese i-iiv^oj? > à'yu), rpy^^yx^ ^yy^gi : En Latin relUglo pour nligio.

Celle de la fin Paragoge Tr^^j^^y-jv/) : xo^t^y >.n.^j3i7Jî fermonthm : Mha, hliyaoj Minois : En Latin amarier ^oiin A-mari.

Le retranchement fc fait de mefme en trois lieux.

Celuy du commencement s'appelle Aphérèse a^oi- f ioi ç. coiVim^ *<Pc*j7rA^<?i^£7rà^ fulgiir.

Celuy du milieu Syncope o-o^-^ott^ comme «'a-'^^v pour iti-v^v,vem ou venmtnt: 'a^-ni'^y pours^.^TSfcw'V-y, vtrin- qnç: En Latin amarlt pour arranerit -, puho pour pnljîto^ Ter. &c.

Celuy de la fin A.pocope km Kaynr, comme J)yj.<^v pour Jdy^vov^ lachryraa : Tfo^t pour no^n^ov ^piagnim^pleimm: Jh) pour «Ay]t«c, domH4 : Tra'rpour 'mvcvu.paix,taifez.-vou^.

Chapitre X.

De la contraciîon d&s jyllabes,

La contraction eft l'vnion de deux fyîl'd:>eç en vne. Cette vnion eft ou fimple , lors que de deux fyllabes -on en fait vne fans rien çlianger, comme -n'r^y ini^t muro^ ce qu'on nomme fynerefe : ou méfiée lors que les deux voyelles fe confondant enfemble, il s en fait vn nouueau Ion, comme Td^of , ovs , mûri; ni^^ , i^.muri; cecu'on nomme Crafe.

Certe çrafe eft auffi naturelle que la fynerefe, parcç

B uij

2^4 L I V R E I.

qu'elle fuit la nature des lettres que nous auons expli- quée : ou bien aflez fouuent la voyelle plus forte dans le fbn ou la quantité , mange la plus foible.

Lafyllabe en laquelle fefait la contradion , foitpar fynerefe, foitpar crafe, eft toujours longue, parce qu'elle en enferme comme deux en elle-mefme : de d'ordinaire cfl IVne de ces trois voyelles et, », « : ou IVne de ces cinq diphthongues «, «, o/, &>, eu : ce qui fe retiendra aifcment parla règle fuiuante, ie ne comprendray neantmoins que les plus générales , referuant les autres plus extraor- dinaires en leur lieu.

Règle VIL

Générale pour toutes Iqs contractions.'

Comme H d' zz y iy\ , ia. ^ vient d'cLOùy oct, cto. Comme y d^oo^ og, so. H d'h : E I d'ïî y w,

Ol d' zoi 3 001 : Ç^j cLOL Ailleurs deux JylUbes joindras , Ou U breuc tu mangeras,

EXEMP LES.

C dLA : xt£^«t> ^i£5s î corniia. ■} ae : Kfiioii ^xficiy cames : ^oatz^ acclama,

clametis ambo.

A J««» : ^oei))7i>?y^ouTvy^ clame ntnt de J-tfV î >^Σ^Vi }m^.^ , fineBiitu

Vient

Et par mefine analogie. A ç «« : .Éoet«, Ç:oA^ clamât. vient de c di} \ ^oÀi^i^Q^^clamet : parce qu'on ofle Vu

Des Lettres et des Syllabes. 2j

^ iit : A'97îA^è'^^f > «r, u4ff elles : ^lit^i^v^TninviVi ambo H 3 faclatis ou faclant.

vîcnc de ^ 25 ; rt^»)S^'?, aA>i3iï, veri : t^Tiiifi tf , Att. E<^fùtes. C iA : ûLhv>^Ai Àhji'^ i fuera. fia : dhn^fiVyahn'bZu'verorHm: rtufd^ vniayfaclo.

oec : ^MTDat, hy^TWyLntonam. Mais s'il ell fuiuy dV- ne confonne , il fe change en », iSsV» ^Kf> fi S ^o/<^j : quelquefois mefmes en as «/> 2rA.o'd;

vient de "^ J)^^tf7, Cy-defïus.

rto : Kfêcîsf, y^itBS^ carnis : (îocioVy ^q^v , damans, oLùi : KpidcûVi Kfii^y, carnlnm : /Sosî'a, ^oro^clamo. «jî î ^oet^^f^oa, clamerls. Car Tu s'ofte , puis Ton fait la contradion d'c4o en «.

Et par mefme analogie.

vient

^00/ : V90/, vûT,

OT

OI ^ «°' : V90/, vo/, mentes : ^jm^^n^ otç^maurarcs, vie m de )©« : ^^<^^i> p^S'^^^^f > inauros,.

fii : p^ycTîiif, xÇ'^'^^^î aureos : 'miiouji, vcn, facmnt, ' OM : x'^TJcv^y'/jvT^^ ^ inaHreris, 00 ; vôifyVHf^mens : yjvciofjh>y^y^ > inaurampt^,

vi?ntd£"\0^ : yo's, VK,?«^;7J;XÇ^'^^> XF^''"^> iminra. Et de

mefme : «.yA^^Çy dfjut^vçy arenoftiS : -xj^va^cnVy XP^^^"» inaurare : parce qu'on ofte Vt auant que V, de faire la contradion.

^ it : Wh, Tn'iHyfac: dhn^îfy àhn^f^ veri, El 3 ^*^ ^hitiSi nsKfif 5 naiùgas. vient de/ $o : dans ce mot feulement TAe'oy, -^xh^j f/^- ^ Car cf^ ;', oforUre ell vn véritable infini tif.

^^

Z6 L I V R E I.

Voila les contradlions les plus ordinaire s, aiifquelles on peut encore joindre les fuiuantes icy :

I 3 amicm.

T Çvîi: ^o7fi/if^ (6 07^1^ ^raceml. 5 pour les noms venant ^ ^^ . ]^^^^ ]^~ ^ fifces. C gi-'aucs feulement.

Chapitre XI.

Dfi changement dei voyelles finales dans le conconn

de deux mots.

Ce changement arriue le plus fouuent pour éuiter le concours des voyelles : Ce que les Grecs ont fait d'ordinaire ou par l'Apo- ftrophe , ou par crafe , & par coinpolition -, ou enfin en inférant vne lettre au milieu des deux mots, comme nous allons voir dans les trois Règles fuiuantes.

R E G L E V I I I.

De rApoftrophc.

' ï! Apofirophe en vn mot fUcêe

Marqi^'unc hreue rejettée : ^ Mais le mot diaprés s'dJJ?irant^

F rends l^AJpirate au ^recédant.

Exemples.

I. L'Apoftrophe ( Wç^ocs? , auerjto ) ell comme vne petite virgule ( ' ) qui fe met au haut du mot , pour marquer qu'on en a rejette vne breue dans le concours des voyelles ou diphthongues de deux diuers mots. Ce qui arriue en deux manières : IVne ordinaire , qui efl lors que le premier moc JinifTant par œ, «, / , o, ou par <Ui 0/ ( ces deux diphthongues eftant eilimées breues en

Des Lettres et des Syllabes. 5,7

ce c[ui regarde ou les accens ou rApoftrophe ) on re- jette la finale de ce mot. Ainll au lieu de dire 'Triù-m ihipv^ ils difènt 'Tra.vT h-i^y , omnia dixi : comme on dit en François faims pour /> aime.

L'autre extraordinaire & particulière aux Atriques & aux Poètes j qui rejetLcnt iouuent ces mefmes voyelles ou diphthongues du commencement du (jcond mot. Ainfi ilsdiknt a^yj-^i) pour S â-^a'^^âbone : n'-^^^f»^ bona iîLt pour >i cè)A,^ri : ^î^'^j de y-v^ 'çt pour ^y 'o^> V'ûi eU: ftn' "oç?, 77on cîl : 7w 7-/W pour iro' i^^ meo, Quoy qu'A- pollon, au 2. liu. de la Syntaxe appelle cela vne craie.

2. Quand la voyelle qui commence le mot fuiuant efl: marquée d'vn elprit afpre , alors la tenue de deuant le change en alpirée, parce qu'elle fe reu^^il du merme elprit que la voyelle auec laquelle elle fe joint, lï'eflant pas polîîble de la prononcer autrement : ainli au lieu de dire if/:n 6 J' ils dilenr «ç' oîTj à qito ^ dcc.

A D V E R T I s s E M E N T.

Il y a des rencontres oii l'apoflroplie n a pas lieu , nonobftant ic concours de voyelles :

I. Dans 'Z^ oc ■cts? : 'seê^' cwT^t^ ad Ipfum : rsçs^yo , prodéco,

z. En d'aucres rencontres particulières , pour éuiter quelque mauuais Ton, quelqu'obfcuritéjOU chofe femblable, qu'on doit re- marquer par ivfage.

Il y aulîi des rencontres, ou l'apoUrophe a lieu, fans qu'il fe trou- ue concours de voyelles i comme ^ag' QiS" pour -a^' ©«ûT, apud Venirtf &c.

R E G L E I X.

Qu]au lieu d'apoftrophe onvnit les deux mots en vn.

Von fait aujsi cette vnion Far crajè & comfojiîiofî.

Exemples. Quelquefois, les deux voyelles qui concourent à la fin d Vnmot;, & au commencement de l'autrc; s VnifTcntpar

zS L I V R E I.

crafe, ^ne fe fait quVn compofé des deux mots *> com- me iy^un/y iy(àtf& pour e'}^ ùyuf^^ego pHto :iya oT^^ ego ne- UP : /^upa> pour (u,tt cvpw, ?ion inuenero : is^vf^Vi «aiç/y a/^w pour 'T^ irpu^tx YCi operdt pretitm: (srç) ihi)fivy paulo ah" te^ dcc,

ADVERTISSEMENT.

Cette vnion fe faît tres-ordinairement de la conjonâ:ioii x^^ auec le mot fuiuant : Et ce mot commence par vn « ou par vn «, la crafe fe fait en et , comme x,<tf:KS(, pour ^ aHh^si , ^ inijua : xÀyù) &: x.eç/A.9i pour Jfoy' «>^' , C^ego : yay' #/t(5«, C^ f»/^i •' JtctKfr.c? pour j^^ «'xer»o^, ^5* ''^^^ * v^-'^e? pour y^' /kéI, ^ //5^zV : Ainlî ^coox., xoJç, X.OCF; x-ctW, fe difent pour ^gy oît, )^' sV, ^ or, & 3(W '^ i^^^s xoc"? fe dit pour xçpj ctv , eijl.

Auant la diplithongue «r , la contraâiion fe fait en a foufcrit ; comme xoTtcl pour x&^ wTrt, ^ deinde.

Mais auant o, la contra (5tion fe fait en œ, & s'il y a vn oj , elle fe fait en ço foufcrit j comme "nafoi pour ;(5i/ o^fo;, Arifloph. ^ vinum: mais y^vo)- vient de x^ 9'yef: ^ aJÏ7ium

Si la fyllabe fuiuante commence par vnc voyelle alpirée, le x fe cliange en ;^, pour la mefme raifon que nous auons dite cy-deiîus; comme ■)(û7t, ;^V6}^ pour y^ o'tî, ^ quod :v^ oV©?» ér it.

Cette crafe eft encore tres-ordinaire auec l'article mafculin & neutre^ comme uvé^, cHi^^cùttoç pour 0' einç, 'vir: 0' ecv"8pa7ro^, homo: .Wf ;:j«7c)'pour 'C ây;>«7e», antiquum :'Tûùfi7rî}<)i(i? pour '(»<i|^^■^^yot^ indîimentum.

Mais auec cet article neutre, To & l'a fe contraârent quelquefois en eu contre l'ordinaire de la contradion 4 comme féu^Ao, ^tT^^çc» pour V cî'AAo^aherum.-V <xf)'èpo7,articulm : Et quelquefois il s'y fait vue fyncope au lieu de crafe j comme Tttfcl<pt§«y pour V cuvxÇo^or, iiectls, hmulm: TUùyue/ior pour V «Lpyûgiot, argentum, ôcc.

Auplurier on trouue aulfi 7rt A))9»',7ag;:|«rct pour tu a Awfl»', vera: Ta- ccp^7c(., amiqua : 4&:{emblables.

O' éiiQdç, alter, reçoit vne crafe toute particulière : car encore qu'Hérodote en ait fait «y'TEgeç au mafculin, & 'Zv'nçof au neutre ; neantmoins d'ordinaire on dit ctit^oç au mafculin , & ^-aiipo' au neutre. Et de mefme au génitif ^cfîï'goi/j au datif ôetoïs» , auplu- rier ct'npoi, alttri : Ôc ^-^t'îïpct, altéra. Le refte tant du lîngulier que du plurier nefe contrarie pas facilement.

L'on peut voir cecy traitté plus amplement dans Sylburge page 175». & fuiuantes.

Des Lettres et des Syllabes. z9

R E G L E X.

Du f adjoûté à la fin de* mots finis par t ou i.

Jpres VltAOK, /(Îto.,

Le y fement sUdjoàtera.

Exemples. Les Grecs ont vne autre façon cVéuiter la rencontre des voyelles, qui eft d adjouter vn la fin des mots ter- minez en 4 ou en r, comme e..c..'7yct<'i^P«,Demolth. vt- ginti vin: kUc^-^ ^ 4^»^ T'^r «;^'o/r . Galen. Icombus, vd altjs qmbiifpiamagreP:tbHi : T^.tré.Tt^Lciii ct>^,«^.PIato, omma miror: himi^ êj/roj ^ ipfi ^^'^^^ ^ ^^•

ADVERTIS SEMENT.

C'eft pour la meime raifon que la particule negatiue y, non, prend vn x, lois qu il y fuie vne voyelle, y Jt ïJhr., v 7n.3 .',«^, Hom, nori -vidi , non ^udini. Que fi la voyelle qui fuit eft afpiree, pour ce X ou prend vn ;^ \ v'x ""»'^-^«> »^^ pl^cebat, par la meime analogie que nous auons expliquée dans l'apoilrophe.

Voilr. àfeufrés ce qu'il y a de flta remarquable a confiderer fur^ Us lettres. Ceux qui en voudront dauantage pement voir le Traitté qui eft d(ins U Meth. Lat. Mais parce que ces changemens font tomme les premiers fonde inens des dialectes . nom en donnerons icy •vue Lifie.fuinant l'ordrt de l'alphabet , iirée pour la plus grande partie de la Grammaire de Canmim, é» éclaircie par des exemples familiers pris de la langue Latine é" ^^ ^^ Franfoife.

Lifie des lettres aaec leurs changemsm fltu crnftderahles^

A,

A"A©a vient de l'Hebreo ^It^h . Pour 1'», fur tout paimy les Eol. Sc

comme qui dîroii: «"aeç* ; ou les Dor. «p^.afl . *^M.a» dou vient le

plultoftdu Vieux nom Syrien mefme Latin /4B»<»: Etdemefrac Trhy^yn.TrK*'

^/pha. Il fe met pour l'f,/t*^>«'iof, Ion. yaJ, p/a^a : M«x*tv«, fxi,x*va,7«^.'^»««

X^,curro ïyc.^>/cJ>r«. Pindar. .?.< comme renutque Qumtihen.onc pac- è«.o^,J&>:y.EoI.>:^,^^.rrrro,oùily ticiUieremene affçfte de fuiuie ces adeplus le icitaiKhemencdUï, dcuxDiâle^cs*

30 ' L I V R

L'on peut icy rapporter la rcToIu- tion que les Poètes toac d'ii en é«, comme «y»)? j«a>îit' tfrtiCfusfum, ôcc.

L'A le met aulli pour & parray \ts Dor. h'kîOT) tfJKaTî, ■.lùnti. De inefmc

L

B.

Bî)r« vier.t de l'Hcbrei». teth, ou du v'eux nom Syiien hc^ht ; ce ([u' mou- les Latins à'à.pj.iç^'i^ ont pris *ra,trum^ ftte encore combien eft fauilb la pio- quoy qu'aucc vn «long: de K^poVa, nonciation de vite. C6T. Les Eol le mettent pour le S.é'ih-

Pout o), TTg^'-rctiDor. ttç^tvç, pri" ç7;t5, ^Sr-p^fjvtj , dauphins: J'ixîc/^.^î-

mui : Ci'g^v, 6{/e^y, partarum : £t/i|&), Ascy , puis pat fyncope ÔC crafe, /S,\«p,

Xtï <i\(i -, fi-^tiU yi.\oiy , j-îhay, r^îe^j :■ r/c«. Aii^.Ii de cf'ij vient iJ-jj , deux fois,

^j-oo^j/o/y, Beot. Trrff^iJ^i^Keptunus, De /if<c/,'/i,-7i, ie,7«w, la guet.te.

Il fe conïtP.fte de Vai.-tvfuist, Iv^va, L^ fe change en/Ô. JTiç'oA'^Tk', îttîç'o-

Atcic. /«5e«io/«w ; mais il faut qu'il y '~ refte encore vne voyelle deuant : car on ne diicit pas ivyc'.ia, ^liycioi , ^c- neiofutp-.

Il s'adjoûte au commencement, ra-

y^/r.t. Ce qui eft propre aux Attiques. De mefme de /•'(?» c^^eic nous auons fait

mLcnenoir.

Il fe retranche, ctfjtixvçjt), ^ai;g;'<», objcuro, hettio. Ainll d «AwAyto vient mu'gec: à'ÙQ^vp^, rus, rura : d'ài^u, a.uîiTij, rrejîis ôc rr.eto. Car fouueiit le

^«v, <a/tmnta>f. Aînfi de fce;m>jumf banc, vient fcaUHum , efcabelle: de rnatmor, marbre. Ainli de (j.i\i , wjf/, fi«>iiTTa' fe fait ^xirro}, rr.eltx fauis aufero : de /ao^'^wtç fc fait ë-vouua. |,aKoj, ^vpij.a.:L^y d'où v'ientfo?f?7ictt.

Le /3 s infère après l'^ dans les mots formez par fyncope ; ya/x5';,«/<^/j;t; 'yc.fxvtpç^yv.u.'^ç};^ gêner, fponfui : />t<-

fj^Xr.m , OU 7rvçy.[xi[j!ihr.Ki , TrcLpfjuîu- fixtuiti, adej}^ manfii. Od il y a de plus vn changement de Tu en ûj , & vne

vcibe Latin fe piend du nom vetbal fync. de l'a de irabu!: [xb.r,^^, [xtfjiÀ- Grec; comme de ç>'//j !itio,^y.Tiç di- ^ofj^^, (j.(,j.Bx<:,i^j, euro: r(xoe.pr£it iijix- cendus y'xnx.fateor, ie confefl'e: yiv^iJ^Ji^ /Sporss , peccaftt. Ainli en Latin on dit

cornburo pour <o««ro î ÔC en Franjols, chambre de caméra i nombre de aume- rus , ôcc.

Ceux de Pamphilie mettolent le iS auant toutes les voyelles» ce que fàî- foient aulVi ceux de Crète & ceux de Lacedemone; çh-'ûs, fàlSoi.htmenyluxt

floridui , il y a de plus vn £ pouc

vn u.. Les Eol. ne mettoicnt le /3 deuant Tp

que lors que la fylUbe fuiuante aiioic fici.XavHov vient balneur/fi de /raXajU»» vn k, cT, c^, ou t. \ciKii, ^fcinai^pan-m pa'ma; de yf'xcof , Woj, beHe-fœur : ôc M(« t^i »>, vellis lacera: j3py7)ip, f'JTtifp en François de compa^anus , compa- haûenci^flageliuvi.

Ava, ;cc(ra, Trapa ÔC ag« perdent fouuent l'ct final; iç, itaque , igttHr,

'vtt(jue,ticmpc ajî, cw;^. 57^', d'où vient FaV/''*. Ton. Çemraa, de l'Hebreil

/7f, Latin. Et de vient que leur C:r>iel , ou du vieux noiu Syrie»

voyelle finale fouthe quelquefois di- CsmU.

nets changcmcns dans les compofcz. Les Attiques le mettent po^uc le 8i

comme nous diious auUu. 4, ^>.ji;i^uiy,yA«;^fc'yi/'W'«'^'<«w;j3AsÇ(i»5<>

gf.ftoy de yiV^'oi,gul}abiUs: Xiyw, dtcci xô-p-y dictie, èc delà loquor. Le Fran- çois retranche aulli 1'*» i comme d'a- potheca , boutique.

Les Poètes 1 infèrent au milieu: ttv- XCûQ^iy TTvXoLd'Ççi, ianitor: «.êgartif, h?- fa'àTîî, cot-nu: tj.aMÀKVi ■, manùa, vne manche : (JMiicwyy ^.ovaà.Cû'i , Eol. d'où vient mufarum : ôfo.), ôpaa v, videre.

Ils le retranchent de mefme i yaAa- KT^çsi'jP), yXoLKTt^^t^yit ^t*t /affeviSfi~ 7anttiXâcuçJ\ffc^.i, p'OJecfM, Ainfi de

Des Lettres et des Syllabes. 31

y}.i:f»2$i.ipafe'JM. Les Frinço'.s de mefnie de mhus ont Faîc rouge, de m- ètes, rJ^^Ci ÔCC. ^

Les Beoricns an contraire, ^AHfi>ui pour yiu;«£<xr; , muiteres , il y a en- core vn y pour c«.

Il fe met auiFi pour le /, Kf>iyi/ov. pour x»i»Wt;ov, -te h?'/^, honitm^ piati^ îum, ido'fieum. Et de mefme mandere^ niaiicer : vmdauum, vcigcr : Et les Irai. Aiurnum, giorno. A quoy a rap- port noftre chaugemeni: du mefmc d euf confonnc ; Dlcs, tour, à caufe de la rcflcmblance qu'il a auec le ^ dans noftfc prononciation.

xehe>fte>ts : ^Uii'^iii ,ij2xi^^^, plumOi-.m: HacTi/^f , i^dui , vn cade ; car le S" fe change aulTi en / : O'tTuwjù , Eol. Y'cTt/arJt/V, f^'îyjp'i : cTîs-Kcr, A/o-jccr, aif- lus. noXi^tTIu^tnç , follux, comme qui d!ro"t Poldnx. cTaiip, /eutr pour dcHtr, bcau-frere. cTaxf tvoy, iaciyma^

E,

E'4f>vO'/, s bref & delîé , comme dans net, nitidus» cet, tjîei mer, ponit; en quoy il diffère de I'îi , qui eft com- me dans nets, ;es, mas, ÔCc. Il fe met pour «,, Tiosa,^, Tt'ccêgjt, Les Att. le m«cceat pour le ?,, (jm?4( , Ion. cjuatuor ; K.ê£*a, Kifio-y cornu» , fjuày\^tVix,t*n:.ernyt.gie. Et de mefme iiTA,îiri ^ p9jiea,ud>iui,ne>i?iei vttXcif de uJ-'/^'jV v'ent m-igts : de <nycîo>,/j/eo. Att. uîXor, vitrum : xpâ^xî, Eol. /cpsTir, Le r s'adjoûie : yAa/^Jk', /«/'/'Hî, de rol/ur^viSypote^tia, Etauplurier palTif A»iw«, hppttndo : yvôî.05, 'Jî<if'fi, de vé- en adjoûtant Vy hiy'^iiBzv pour Kiyh- çcf , nubilum Et de mefme en Latin ^S*, •^lamur, ÔCc,

Ainlî de raAttPTCv vient talentum^ de niandoy corur/tendo , de otvTa, a/jw , de Tvdxh'ji ou de iSoL?^(o pelloy ôCc.

Pour H. «oTc^v pour Hwwy ou iJTT&if ; rninor y d'où v'ent lariw pour «aria-, itnco: TTcv&M^iit, Eol. ^rcvfifATJif, /k^c— ^«i : acrtT)6« oto-K^Biif, fànus , liUfmi Ifiv pour iy, if«c : î);r«T» pour if;? «t»,

Ainfi en Latin de x^yiTrk, îcfbr, vient

natus , ^flf«j ; /)«î<«j , piiuui : £c en François raiiunciilm , grenouille.

Il fe retranche, ya/.a diot, lena : iyù, Beot. ici', pour î.rj , d'où les Ital, ont pris 10, les Efpagnols yo, ôc nous_;f.

A.

Ai^Tct, de l'Hébreu Ddleth, ou D*-

/«//jjd'où vicndroir TJeleta ôcparfyn-

cope /Je//«e : ou du vieux nom Syrien creptda,S>C irepido, de ^hJ'cv, medeor, ÔC mefme Dtlta.

remeatum.

Pour O.ôJVvTEf, Eol.'êcTbyTEf, dentesi IcfuAii/iJ^uAiiyeioior, Ecdc mefme pi- yo&), n^eo : yôw , genu*. ^po;70Fsua'» propero, forncestventces, ècc.

Il s'adjoûte, ÊMf pour Mt, wf/?^/ ''

«1^-

Ilfemet pour le y,yr'^<poi, J^vi^o{, cttti^ê : yvi, {Ta, ferr« : » /a!», c'eft à dire, V{A»Tiujy^y, non perierrtim. Ainh de '\'Kvy.ii vient dukn , de tungere, lolii- dre, &c.

Il fe mer auffi pour le Ç , Çetf, «Ttyç, tTatice, i)uJ'Bivc«,ptacnti: cCoLirtitov, Eoî.

i;</>/rcr, d'où vient cT/oç , /oMt'j fi l'on £<f»':rêc/by, fo'htn. Ainfi de fptmus,

n'aime mieux le prendre de /ii : ^cp- vient efptir, de fpero, efperer, ôcc.

Ktity oitiKcèi fCaptea. Et de mefmc au milieu, fiovauf.

Pour le ff , ôa/xH, ô</"/Aii, o^/or; 1(7^, Ion. iMV(TÎCtiy,mufarum, & fcmblablest

ÏJ'fjSp, famus: «^Kag-^lyoî , Hom. «^- de«^.oî vient ;<^v?èf, v<»cï«f<î, de Xf^""

jta^Mfvof, Pind. tnjlmifus. f^V^^^j XP^^f^^^' "^"'^^ ^'^•

Ils'ad)oûte,u^to, ^/i<o; CS'cco,pluuU; Ce qui eft encore plus ordinaire aux'

Triuybiie i tt^J'a^, font î 6Ùjpiî,ay«fg^f, Poëtes, yc*s6^«a, e^ : iMfMÎûtv), iecor-

viri. Ainfi de fcoi/M»?, le ptofire, vient datus esî : ^iat^jù) , fulphtire purgabo,

prodes, tu profites > de Te»"ya;, Eol, T'y- Deo ficri^cabo , &c.

vœ, vient tendo: Et de ;f?/fr, tendre» Quelquefois il fe retranche, Trpocyw-»

de f/ner«j, cendres , ér£"« tiov, Tv^evdiriott Afitefacttm : êç-mWf

Il fe retranche, «Tfiyit, «ù/èy , ^M«n, s-wkû» , /'#ryîa : î;t{j6s*, k^7Sc*, »//;««■ :

3^ L I V R E I.

i'/SiiK, }ti'lv(.f,il!e: 6cp\t,l^T-r\, fefium. auons dit cy-defl~us , il marquoit au-

Ainfi d'ffi^to vient uxor : d'ifjyyo), irefuis l'afpiracion en Grec comme

Tufio. l'H en Latin H O ES T I N , fur les

Demefmc au milieu, furtoutdans i. colomncs des Fatnefcs, pour ojçjk,

les Poètes, lyïyçTo, È'yMTD, /'<«?: srrfAf, <]uod tji. Et l'on croit que S"monide

iTrhîyerat. h'iïïùV on à.ina.'^^a, y Tdxft; ne la prit pour long, que parce

cita: ffivfcî, l^irii,caprtjîcns. ttàc nief- qu'cflant obligé auant cela de raerttc

me d'coxiyn vient vlna ; vskw, nuo: deux EE, ces deux lettres tournées

TTiv^ùj, Duto , &c. l'vne contre l'autre £3 font prefquc la

A la fin , Ixosè , ^oî , lauabat. Et de figure de l'H.

mefme en Latin fat pour faie , ^c. Les changcmens plus ordinaires de

Mais les Latins le changent aufli en m l'ji'fe peuuent voir dans l'a ÔC dans l'e,

bief, ffsci-mhcf.fopu'us : 'i\Koi, v/cus : auec lefqucis cette lettre a vn mutuel

fèfo/jîiffiov, Brundufium: Et quelque- rapport.

fols en u long, is/, Éyoî, vnus : 'i^co,vtor. Mais II fe met encore pour Te dans

z.

les dcrluez, comme kÎva, tra, kot««î, trattis, U s'ad joute foît au commencement,

ZvÎTa, du vieux Syrien Z<//»rf, parce ^aj'iv.iftiaLtov , paniuicim :1<rau, nsav,

qu'il ne doit pas fonner comme vne f toant : foit à la fin, «xf-j» pour lirei,

entre deux voyelles , comme quand quandoquu^em : cr<H pour on, ama:

nous difons mifee, ny ccmmï deuX;^, ^p//» pour rrpii-, pnufejuam.

mais comme c'j, qui ell le fon que Delà vient que les Doiiens difent

Quintilien a appelle très-doux. iy-Jw^ tjoo'm pour iyù, ay, ego, tu, ôC

Les Doricns le changent en ffcT, o-y- femblables.

paSca pour o-'jp^Çw,(r</t/p/ pour Çi^^py, U fe retranche au plurier de l'optat,

tugum , Sec. ce qu'ils font par vne (fAiy^^,(ÇMfjdp, dtcet^amus,S<.c. Les^Lz-

tianfpofition de fa valeur naturelle ds, tins difent de mefme auUiùam , lem-

Les Eol. chargent cTen t, Ça3»A- bam , ôcc. ôc d'Èpn^olT^f , nousfalfons

?,oy pour Sia.^d?>,eiy , calumniart , d'où Ermite , vient t«/î«?«f pour cria,i?o^.of , calum-

matoTi ou b'en ils larefolucnt exicTo-, 0 Z-Of , c'ciiV, luplter.

Ceux de Taiente le changeolent en ©«ra, Thêta, & non T6<rrf,de l'He- dcux oj, Trhâosa yiouz Tr^^Ça, pt'afmo, hicaTheth, ou du vieux Syrien Thera, tompono , forma. Et les Beot. ôc Lace- Les Dot. ôc les Eol. le mettent pour dem. en deux cf cT, ^««T/a pour laaÇ*, le «T , •4'gî/tAiî, 4^3" . falfum : (x«/û;, ;7;a^ horaeacea: P(^a Jtfû; pour ;^a'^«» (/.î^^a.fuadti : c/^aVefjôaVef, denjîtai, la- ce do, eus filiioftu.

Il s'adjoûtc quelquefois dans les II fe me-t pour le o- , «Tt^apiii, cTtyS.aîj,

verbes en w put, I^-kvù', ;p7rû^«, /ê'-/'o; /ô/jj occafus : /uwwcftof, /*)n»6^of , i>4-

Tpy'c.', rcr#, i.orrumpo; rpi/'^o) ,_/?■/•»«!« , cundta'. ofX^<rnlf,ofX^)è'^Qijfaitatfo,

gtmo. Il s'adjoClCe cp^-o, 'o;)j^9m , r»/;4 : x*^*

Les Latins le changent en I confoQ- humt : ;)(f àa^»Aû5, humiiis •.^x'^i^dx"

ne, ^îC^pf , iu^um, 6ot , fatcina, gramtas '.jx^y^A^hi , Ma\-

fictHof , wo//if. Ainfi d'/ç)/, /em'/#r, vient

J-J^ if8/«9f , poiens, fortis^ ôc non pas de

ç 6t/jU.cr, 4«iwt c«?;/î.ytfnrw, comme pcc-

H T«, Eef4 vient du vieux nom Sy- tendent quelque s- vns,

lien Hetha, qui eft le mefme que le De mefme de «Tj;)^» ou «Tixa., vient

Heth, La plus forte afpiration des Hc- J^ix^cl^ bifanum : de r^ix'h ou rpi;x*»

breuxi c'cilpourquoy, comme nous Tfi;^6;*', trifuriam, ôçc.

bon

Des Lettres et des Syllabes. 35

Ainfi dr/fvi-/ôg^<n-/ vient fyf'T^f" ^^ (^k\Ta,aiMt,^ les Ital.oncfalc fantaji-

èai'» l\.K. ''•igi'ai<eTi!nT,exl:errecn^iiint, ma, & nous fanttt/ie.

'Quelquefois il fe perd, j^xU, îc^oc, Il s'actjoûcc encore dans les prcpofit;

a*i frtnuu:. h.\ï\i\à'^^(j-3i'^ dtfjicut- foît au Commencement , foit àlafîn,

jelptrantlty ics Ital. font «/»><» , &c. h, ju, iviy (m , tn , /^cr. Ce qui arriue

mefme dans les compofez ih'od'm^

T, compitilis : lyix^oj'C^ , leuttervu/nerê,

Ainftde TPfOj vient TrfOTi, Dot. pouc

i'ara, /«M. tilffyllabe, de l'Hébreu tt^jî',*»"', «i^, <v/>W, ôcc. Et dans Hom,

/oti , ouduvieux Syiicn /0/4. Il n'cft 7roT/,oftant l'p.

jamais que voyelle paimy les Grecs, Cette prepofition eft tres-brd'naîre

mais il elt confonne dans les mots patmy les Dorlens, mais en compolî-

HebreuXt Ce qui a fait croire à Cani- tion elle perd i, lors qu'il y fuie vnc

nlus que Clod'.en n'a pas eu laifon de autre voyelle, comme ttÔtocttov de tts-

ftiirc ii>d£ns de quatre fyllabes : Ôc il t'iu-k'h^ pour •rpocraTroi', perfona,vuttu$,

dit que l'Kaâî deuio't cdie de deux ffectes : ÔC de mefme mrxyio pouc

fyllabes en Giec, comme II ell encore Trforayo), addmo ,a.dmoueot aimittoi

en Hebieu. Tr'^ôôpo) pour 7rfoii«p(ti, afptctc, oùfe^uo z

Lésion, le mettent pour l'î, frU, Trori^e* dans Théo, pour 7r(,ririS«, c'eft

ir?M , fo-uSi tutti, aon.iciiium : d'où à dire Trpsriâ'Er/ OU7rpor»'S'« (derjÛjù)^

vient lirirm pour tpsnoç, domefihus, w) appose, compoKC, imputa,

famtiiuris^ jupptx, holft'aits y Jeaes. Auec l'article , elle perd encore IV

De mefme en Latin de çtA^hoi vient Sc ne fait qu'vn mot des deux i ■^cttcS'

piuo i de n^^a^tin^o : à!<Pvci>,in'ii*Oi dCc. au lieu de Tror) rS pour Trpof rb» /ifr

au contraire ondifoit autrefois leLer^ hunct ttç'.tt'^v pour Trpos tok, na h^ncz

Me'ierufi, ècc. Voyez Meth. Lat. TTSTraV pour Trpct ritw', <ri^ /îrt«c : ttttt&ç

Les Eol. le mettent pour ïv , v-^i- pour TrpU tj/î, ad hos: mTroii,as hasi

^zVf'i^'ohctfdeCuper : ÙTrAfy'iTfùLfjVifum, Trirr»', ai httc,

tt/io vera : /SûS/oî, ,iiiSx6c, papyrus, rau- D'i<7ro vient aVa» Nicander , <?, «î^,"

<iex-, fj^é'-i d'où vient i/z6/e. Air fi de tx,dei d'iTTro vient uVctj', Hom. <î,<tè,

fftfyœ vient fngo , de rûf w, ^»^o , de /"^ , changeant i'o en a, auant que

fûâjj/o: &C airtrefols on difoic o^/h- d'adjoûter ['t. De mefme que de 7rp»

7i«M5, maxt'.rnus , &:c. les Latins ont fait non feulement pro^

Ceux de Syracufe oftant vn i ad- mais âurti /"•«, D'Jttîp vicntuVfjp, //<-

joiuent l'j après t, pour faire diph- pf,f'ipran/-rrû^(yj. i)0\ii V7rcf^it/'jv,fH—

thoiVgue,S(?ctroç,«<iariÇ, nonas , &c peteminebAt ruTrfz'poxt'S, exceilens.

L'< fe conita£lc de deux /i, cTjifiXoc, L< s'adjoiuc encore dans les nro-

^i.fi>t)%, Iqhi amicus, ow dvn , U^hi, noms, «roc, u'ioff; , ^»<r. Dans les datifs

If'-A, f(i(er,màgnnii\iç^\.,i^\\'^,accipi^ plur. xi^iî K'^yninv , fermohihus. Dans

/C'', efpreuieî. les participes de l'aor. i. tv-^m , tp-

II s'adjoûte fouuent dans le-vcrs,foit ^J'•wf, ejta verleiAutr. Dans les noms

pour faire diphthongue auec & I'o ; impàrifyllabes en «{long, f^ê/ttc, ^j—

comme cpiiF, tïçjo», -veiittS'. ^ia.,fa(.i.'e. >.C6'5, mjer. Dans les accuf plur. fem.

ifeî<». rf>.o&', n-ea, y£^67iï»Tfî, ot/'.tyjpour en ar o-o^aî, c-ojicùs , prudentes. Ce qui

ytKiSir:i , Ttdeniej: foi t pour faire vne alors retombe dans la tetminaifon de

fyllabe à part, yù^-iiyhu^MfVltirriUi : leur datif plur. li^f aj( ,fponfas ÔCJpon-

«'té.'.a, a'eâA^a, iertamma , pr^mw : ivr- //i. Dans les aduer, vtw,yuju't, nuac, èCc.

7r<c/:=4/*«« > ei^uts gauaens i d'iTTrit, L'i fe retranche fouuent des diph-

etjnus. ^ thongues eu, n, u ; xa}&;, x.ix'xa,vTQ : /xj«-

Aînli d'i^w vient 40^ j&», comedo; de ^ojc, /^«^(ïr, »3<îro» : tto/w, ttçw, r^r/o : r£-

/wi'* , mina i d'à^tt , a/tus i de >«.Cç, TfajUC<fo5 , tIt^v.^cç^^ , cjuaiirip.irtttus^

natiis > àsiu.w}n, naitt») nMita, Ainfi De mefme enLaïin,<j«rfaf«rr,«î«rf<t^/f/>

c

2A L I V R E I.

cauiun>, calduw ; hmrna, Umna, ôcc d'où les Laiîus ont pris pulmo. Ajnfi £:à la fin mefnie ^ÎK^^nel, IrUesJ, ôcc. u^^^.r,^g>^or.»ua, vxm de 1 . pnua-

•rr ««^?r n«/^^i de noyrjç. Ainil de ii;/*?»

•"■• vient le Latin lympka ; de TraVoffWf on

K^;ttc6, IC"/'/'^. de l'Hebrcu C4/» ou a fait Palerm^ ville de Sicile ; de .«/.'- «p/, ou pluftoil: du vieux Syrien Traxrof, If/'f«rf vdle d Acnaie. ^ ' ^ On le change aulli en c/l; (j.%Ki'<ot

méditer: »iMJ>^iv,itmy-ion.

M.

MD*, félon les Ioniens /-cù', de l'Hé- breu Mem , ou du vieux Syrien Me, dont il n'a apparemment changé la

Caph, ou pi

Il fe prononce par tout comme nous faifonsle c deuant Va,

Les Ion. mettent le x pour le j dans les relatifs &: interrogat.fs , TrûTj.xô^r, 07r<yf , 6V.&f, (jMmodo : ^tï-, xf, ^:«« : ttÔ- ffoç, xâo-oç , cjnaritHi, ÔCC. Et de mefme

Sien Latin de ...e^P vient /a«- voyelle que pour conucn.r aucc la

ÙIU pour (utniUia. De xt.Va,, >-i/.T^. lettte fumante ri/.

; llvient nna^.0. Et de mefme en Les Eol, le mettent pour le ^^ -r^cu-.,

Snçoîsd 1 . frocher. le c qui eft i..r^.,ejT.ndoJ.doarn0.uo-. ^^..,

fe mcCe que e x prenant de plus vnc ^-& J^,-. /uppHctoafeaa. A.nfi en La-

le rntimc ^u , ^ ^^^^^ d uttwç vient fomnus pour /6/?««5.

L'on ouue au contraire le . pour H s'adjoûte ^oc, iy^W. , veluc.Iun> :

le .rr pour ...^.. /.^.. De ^./7.«. x.7^4«. .«^. Les poètes le

t^pfme oTen Latin de x-^x^r vient /«- redoublent . ï^c^Sc, s^/x^^c^ rf.i„« :

Z L%T,le,^s-, ^A.ma,.Ua, «/..~ . EoUV.. «0. Voyezlespro- w^;.4/V* , des cabanes ; ^ar le y ayant

affinité àuec le x , foufFte le mefme changement.

Les Dor. le mettent pour le r en quelques aduetbes, Trôrê, 7r6x«,,^»i««^o àMorS.cÏMcxc., i>«er.^«w rt/i^i: «r rix«,. d'où vient tune Anifi de ns vient quis en Latin , ÔC de ïwrwa , ««rw« en

^' n s'I'diovVe aufTi quelquefois, corn- changé de nom, ny dans les vieux Sy-

me dan les verbes formez du futur, riens, ny dans les nouueaux.

«^L, «f .'axe.. pUu. : Et ailleurs dans Les Dores le mettent pour_ x. ^ors

noms auliu. fuiuanr.

Il fe perd aulfi quelquefois , /Ax.'U, V!2a : ixifx^fjs'^ , iMitor^ pour immttor, fait pat mstathefe : ox'iiJ.Tîa)VyJcipiOy vn bafton.

N.

Nu, de l'Hébreu ?^«», qui n'a point

les poètes , oxot, o^X'^. lehtculum, rota, fmis: OKU,, OKxcc, Pind. c}uando, ^

Il fe retranche xo/Jxv/xci, 3a.%M^ct, t>- i ' '

We>«^, iaSfantta. De mefme en Latin, «y:^.,, Pind. iKi^^^w, «.

f«V^cs^f«^:-«^'"^'^'^l- -*'^"'-«'^''^"' Alcman..iA..o, iMro,uro,

Il s'adjoùte encore poutoltetl/;,^- y,yuTO,upn. ^

tus, u^xin pour />iH «r,, «f cinipttus : de mefme qu'en Latin ficuhi pour y? i^^/.

A,

KduA^ct, de l'Hébreu I.d»î«i, ou du vieux Syrien L^mOda. Les Attiques le mettent pour v, n-

qu'il y fuit vn r ou vn Ô ; y.xâ'ov.irii'Ôse, xent: fibrini, !iiirtriÇ,optfniUi : çjixrst- Tor, fÔT-fltTOÇ, amiafîtmuM 9>ixr/r, p/ix(ç, <zî«rî^ij, Pind. iKi>^iJOy K&ro . tuiehar,

ÔCaojoûtanr

yyyuTO, ceptt.

Ceux de Crcte le mettoient pour a- ; d'où vient c* fO\\iiuin:cf'/j.^'t, ad chorum; puis chargeant Vi en »; \y pour ff ; u?«,'« , Hefych. d'où vient l'i>j Latin , tn lucem.

Il s'adjoùte dans les verbes en <«, i/*', ÔC autres ; r'tu , nya> , /o/"0, pe^do, luo,

ro , ôcc.

Des Lettres et

Et les poëccs adjoûtant le v font dVn b.irycon vn circonHexei ly.cj, um'^, u\cû, yefiic, emitio : dyo àyviu, ay^y , ago, duio ; 6C prer.anc encore vn i , oiynu, vehoycompom : tteê^, Hom. ( pout t£- e^ Je TTêfa/o)) ^repyûTi à'où vient ttÎ^v^lu, te TTÎfvctc-HAf , 11. V, iranjeo, trumfiio, emeîior.

Souuent on radjoûce feulement pour rendievn fon plus net ÔC plus clair; de fju-.v'lcj, mmuo : ujvujj^x, pau- tutttm : uivMj^k-fitî, b'tHi durans : àxot- ^^'70///f/^«î , pugna. irifattgabthii de àxxix^-Di , tndefejfus.

Et au lieu du f on ad joute le y auant y. ", X > ?^^-^ qu'alors il tient la place du V i comme h:^S.'^\u^ > TT^-^ylc.us^, erro,erraho, o/'.o. 7TÀ'-:.y'/:^>i, je:^:tdus ef},

le y rechange en 7,, à caufe de l'autre afpirée, Tà'.oiydi' y puppa ce-eai d's:^' j-yp, percufî: : /é;.o>p:a pour Xî'xs- X«' venant de i^.ÎKvyu, fortnus JUm i ou bien de ^sya, fO.o/jt- . legi.

Etdemefmele jj. s'adjoûte au lieu du V auant fi, tt, ç-, 4> i^ ' comme .'?^- tjéi, mortalts : à,a.^£f«n'x, amb'e/îe : kiA- îry£U,&« ^oni hmviuh^u ^ffpir<^'*it ' Et de vient que les Ioniens difenc ^cfuvj/c/vC'Zf pout_ ;>!\|,c/^:u , acciptam: ix<x,y.r^ljjj pour ixiifhbjJ, acceptus furrî i èC femblâbles.

Ceux de Crète 5c d'Argos ofloient fouuent I deladiphthongue «, puis mettoient vn * i comme de c^fîJ^o) ( d'où vient i-7rej;o/y^ ) crnrîvJ'u , //î-o > d'cneixùi ( d'où vient encore l'aor. ï. nvety-a ) lyîyy.a>y fera . Ainlîd'eysi l'on a faic euh éc cc'i, femper ; d'où vient «sv- yaçr & àéja.oç , femper fii.ens : r/Oîif, ponensi au neutre r/S?/, Se femblables : Éi/ôa*, fctre; îkT ti-»!, Hefych. ^a«v£f, Eol. f«t£ii»t , Ihcidui, fpeaofnsî «Tetn?, «Tfyi'Of, conutcium , &C.

Ainfi les Latins de cTasût ont fait denfus i de xu^w, ;i«-;<!> dexvTroî, Dor. y.scx'of,cami?us , &c Et en François de latema, lanterne; de lucumr,, concom- bre ; de pauttare, efpouuanter.

Les Lacedemoniens &c les Cypricns oftoient de mefme la fubjondiue d'«,v, ^^ âdjoûtoicnt » i ajjrii,ifj'nf';(,,tpfiii où.

DES Syllabes, jy

il y a de plus vn cfl pour vn r ; ajjyjjjj^ àjUj-Ki/, rerriix ; vn ? pour vn^ •' r^àjtrnî ê'rjjç, k'.Tirti, etïtC^iem anni.

Le 1- s'adjoûte encore après î ou après <; comme nous auons dit ail- leurs. De vienr aulii félon Caninius que l'on dit au vocar. w VxV , 0 armce^ pour w ïriv de êVijr , tr«. Quoy que d'aurres eftiment que ce foie vn nom deriué ; comme d'éf/*;;? fe fait If^aii-, Mercuriui,

Les deux « fe changeant en » à l'im- parfait , l'on adjoûre encore le i- à la fin/J7T^£5,'ç;7Aiai, 'iiutga^i(ir,Vf^iî,io^Ujj, fiueuat ; Ï£, iit', Euft, far. Ce qui rentre dans l'analogie des verbes en (xi.

Le V fe mange aulTi quelquefois; c-î'^v^ç pour c-u/i^v^ç, co/iinXy ^-îtritus, Ainh de 7vi;v<'/, tteni;v^ -erro , fe fait Tra.' >j(«!|/ç, itenna pc'fecutio : TruKiay.m.vm— ùn/ns. AmCideTTfi^iy, les poëesfont Trpow'J, vlieriiis,a,'ite lus', d'îyM.r'ip^()tVf îy.ZTîf^.t , l'trinojue par fyncopc Ec de mefme les Latins , de n^irar ont faiç Piatoi ds2i^y, Simoy ôcc.

ET vaut xo- ou yo-; comme il paroift en déclinant çcii/?, /xsî, paima. : ArTi'^

Les Eol. tranfpofent ces deux let- tres , rcfoluant | en o-x i "^uv^, erxîm, hofpes, /louus, aù'ur.us i ^i^-a,;. cxi^iatç, ptfcts. Et les Latins de mefme d'agir» ont fait aTcia, vnc fcie.

Les Beot. changent y. en ^ ; î/zajt»;, t(|<*T«v , Ariftoph. iue'-unr : ixei/, Tçar, perue?terun:. Hom. Quoy que d'autres aiment mieux d're que du futui ÎV.W, <?« fe fait vn autre prefent qui aura à l'aor. Ihr-

Les Latins au contraire mettoient le xpour^; fjuira.,mi*i'iS,

Les anciens Atriques char>g?oienc Va- en ^ dins la prepofirion c-ua'i cv^w i'^^Z'-î' ^î^f-tAKtX'jf) ommturo'. ce qu; n'a gutres efté en vfage depuis le temps de Thucydide

Les Dor vfent du mefme change- ment dans les futurs & les ïor.t yj.ûvi dtio , celti/roi V-îij-w, ■K>a.^à : x<*Sj£rft>,

36

Livre

deo, Alniî de HXeif vient kA«|, f/'iwii : d'cpyiç.of «E, «i««^, «ï^^î omculum, &:c.

Les Ion. changent les deux cv? en | i cfy«7Ô?,d»iÔ4, ûti/'/e-A:- Et les Latins de mefmede îrâcvjaxos ont fait paxtUus ; deTTiW,/'»*, &^c.

o.

O' artgj'v, /'<?»ï «, ainfi nommé pour ledlftingueidu grand w, ow^e^i. L" vieux Syt'.ens l'appelloient Oe , ÔC les anciens Grecs 0(?'.

I.

n.

nî, de l'Hcbrcu ?he, dont aucc vu Daguech on a fait Pe.

Les Eoliens le mettent quelquefois pour le iJi i omiOLTat. , l7r7ra.T», ocuitt (MT^ iaiy TTiv* î(*5. me.um : fUTi^'/fii>-*^* TTt/êfXo ;•*«"» préite eo, appeUo , <jHAiot fj.iTxfnsi, TTiJ'Ufaio', , J'ubiimis, vo!ani. Et quelquefois mefme pour le 7'û?-»> CTtciKn , /?o.4 , amtcJm '- sr^keH , cr7ro>.Hî > 77U (fus, pulfus '. r'îTQpi-jrrtu , Trtrç^- TCTdut, conuerfui eft : ^îvrt ^Trium, ijutn-

Il a affinité aucc l'ai ; (X»?-«x«, (/^\o- haùeUnt prx. m^niutu hajima tn qutn- X«,».-^/«rt: s-eptiéç.reFW.Eol. ^xm.- ^ue iufptdes d.utfa '^ ' "^ '-'. ^ . -r Ceux de Cictc difoicnt de meffflc

tnracAov pout TyMoy.jiidium. Et TriVvftç pour Ticjapit , quatuor. Aînfi en Latin de ç-^xt^f vient yjt)t«; de raûlç, /»<t«o, vn pân.

Pkifieurs Aduerbes prennent Vn ^r pour marquer 1 interrogation Vu . vbi indéfiniment ^Toei.t/^î par interroga- tion : oî, vbi indéfiniment : îto7, cj»o, ou vbi en interrogation : «i f^' i g^«9 Sc auây ou bien *rf rattane indéfiniment; cjua ratior.e, en intettogatiou, qui fi- gnihc aulfi qm : oScv, vnde^ ex quo loco, quare, indéfiniment ; ^réScy.'vni/*, quare en interrogation.

Plufieuts aulTi qui font înterrogatifs perdant le z-, ÔC prenant vn efprit ru- de deulennent relatifs ; puis reprenant auec vn o dcuant, redeuiennent

'tus, «v«,ova.,/«pr« . &c. Et de mefme en Latin de cTa/^», domo. ^

Il fe met pour l'f. Xiy(t>,<Uco : xo.cyce., àtxt : Tpf'/^J, re<^;ai'w. iremo^umeo : cTps- i/û,, <«rro : '^x?jy<f'çsfJiî<^. recurro, rectdo, ,e, tproco. Et de melme en Latin, pendo, pondus, pondero : o-TriccTû), Ubo, fpondeo:

tego, toga, &CC. ,

Les Eol. le mettent pour 1 ce, chan- geant les noms imparifyllabes en pa- lifyllabes ; 'ie^i , «ix;?, «foer -Ao^ç^ ov. Idem. Et de mefme ailleurs, w'ejt.oe^, hora: ôC dans les poètes , tufix^e^f» «"-

p^X^e,". fpa'f'>f'^^y ^'','"»*' ' "'»/'''** '■ '"'f^' Mw«s pour 'ia^, Hom.ôc femblables.

Il s'adjoiite quelquefois au com- mencement i /Lwpy v'ûw , û^xopy -.«y , al- ftergo. Et de mefme en Latin 77Aây«ç ,

oè//W5. Au milieu ôpS,ôe?'",i;taeo: leutx .f . ' ^,.,„^„ >

^^iI o<r.^pourccxar,lmperat.d'à^«.- encore mterroganfs ; -no^^^quando.

^fefuL : ç.~. , ,ot. l'amen : .^, S., ^x^: : .^. ^uius : o , .^. : ^^Ocv ....:

Il perd quelquefois feloii les Dor.

KihcLi, ( comme en François KicoIm) De mefme les Latins de ttv'js ont fait

P«, de 1 Hébreu Bjfch , ou du vieux

Syrien Ror.

Il fe change fouuent en c , comme

nous l'auons monftté dans la Meth»

Lat, Il fe redouble fouuent , mais les

Eol. le redoublant font vne tranfpofi-

rjr6«7^''o6cv.'..e<;*, des Génitifs \tAo, tion, aucc yneniutation deTien^r,

C'eft par la mefîne analogie que àMÔrf,cf,iMiri,Vor,4/»c«.*5.d ou Vient l'on dit TiTTTÉ , ctiT pour tI/Totî. '»^'"'-

pur, de (J.o'^f , mors ; de .s/e nowo, denuo ; d'ï-ouy., «owe/j; d'o7n«3»£, po/îi d'ôfUtf, tuo i à'ofjf/JJici , r<»?w«5 ; d'ûJt'êMw, (f Vo. Et les Eol difent i,à^bcv, <nhaiMcv pour

Des Lettres et des Syllabes. 37

U fc perd aulTi quelquefois; m- ù,uijum,ècc. Et nous à' vmùra, nous

u^Uu f^^y^î^^^ Tof , auec le change- Les lon.cns & EoK au contraire l o-

ment de l'a en v, /(j»?ç«j,ïor,//?;wM5. De to.ent fcuuent ^^tAa^, /^ja*- , hedera^

mcfme les Dot, dlfent o-^Tv-n^ pour taxus : a/.cix£jV, ^ixeos , paruus^ aKcJk-

<ry^'Tor.'SieptrHmA'on vient ^zy^iv roC- ^w, ;'-«crâ^«, ^r/?/>o, dtfpergo : ,r^', , 9^/, ,

X.c ^-^7^1;., Rex fcrpnifer dans Hom. /é, Ce que les Ladns onc aulTi quel-

mKKti pour fy/x2j;'f , paruus : ttot/ pour quefois imite : cfx^^ciyfallo : a? 6.c/ô»«,

«%<, aor. 1 'iacCTTo., Infiii. (x^^tth., Les Lacedemon.ens ÔC ccuxd Argos

♦..^Tf?., Ion. ij.a.A^y. la rettanchoient & mccto.ent vne af-

Les Larins de mefme d'apÔe?" ^oï^»^ p'ration à la place , aY^ct,iJMcf.,mM;A'.

artus ; de XÎkt^qv, .'ecfusi de ;a£rf «« , me- Tracra, x^'ct, o;5^?n5 :^/S«o-ôa, /3«5», 6oum

tior; de HtrrecBiît, centones, ÔCc. Et peut cK,'?(;i : (v cci, i'J^ oT, fce'ze ttbi fit, d'où

cftrc mefme de «rip.^f. vient E^oe . cris de joye. Et de efl

encore demeuré t?i pour fus dans la

^ langue commune.

* Les Latins au contraire ont fouuent

^- - 1 l'Ut—., c^Mi/iA Tp<: chansé 1 afpitation en a , vvri , fub : STv/xa» de 1 Hébreu Samech. Les . , " Ts. r «, t-, 1 c •-.

Dor li nomment <r*. félon Hérodote. ^V p. /.^. ^^ '=- Z^'^'^^- % TrKv

Il fe met quelquefois pour le «T dans niemc ds 1 ont mis pour 1 efpnt doux,

la fyncopc : vi"/«f<uV,v.^--i^, fciueramus. comme u ^ /'- ,

T T j' ,^,-,«e lp mprrnî-nr <^eiix <^e Ctete ÔC de Megarc 1 ad-

Les Lacedemomcns le metto.v-nt . , . > , c " j^ - j^ -j

, . ^ /, •, T.. Arlipni'-ns joucoient a la hn , ootad £ , o/v.Ad h , d<t

pour le ^ : Qioi , c-toi, JLCS nineiuwus * - > . r\' ^ .

'^rr.^ r - ft'r '. ^,,'r rfeTOKw: àv, «>«<> rf«c,a?«. D ou Vient

en faifoient de mefme, ayattoî.ayaTOî, «''^««'''- -^r* , T >,.?„„,„ ^ . <,

, tv , ^^ ,J-, .relira E^ le-! pcut-eftre (lu on dit a ilmperat. ^X^f»

tonus: ^cLuiya,, ffa,y.iyy., creuro. t. ics r , , , j a;, h^,,^ . »i,e

iOH. au 1 f.uu35, PU '^ / r (Dr« f par fvncope ) f«r, &c. qui font

rMWj, d vient aSi/ojcf, «^jjW, ^ti» f \ P*^ '> V^"*^ y ■'V ^ ^ ' . .A.f 4. les Impératifs de <;x«/^' > 7<a^.-^^c/,

Ce qui confirme encore le rapport ÇP"/^'» o^<^- . , ^ / I r f -o Les l'oëtes au contraire oltent quel- que nous auons marque diuetfes fois •-" 1 oclc^ .lu n du. auec le dernier ring des muettes, qucfois l.a lannpour ^^ ^ .J^ vas

Ilfemetauilîpourl'v;cra,.'v,cre;.,;<. cT.^^' , ^/.;«. ^ ^''fî ' ^ r(vnr',.r

rf./;./.....:^V.aw.,;».«/?5, Le. Eol. cornme les vieux Lanns diloient ^.r-

tbntdemcfmeàrinfinItIf.vo£7K,»o«f, -^t" ' '^ '• ^"^T Vnr .n(T, ,! n.m ?c

,«r.//^er.: .^>.^v.>4x<a5, udrre. Et les Les Donens d.foiem aulTi 0 pour .*,

Dor. aux premières perfonnes plur. ?«*" &'-'^ pouror,^. ^uuum^ue. .

•jv;TTifi.i<:,veri>eramus : f'/fT^o/xU, ferpeùa- 'p ^

»î«i. Voyez les Conjug. au liu 5. * .

Pat la mefme analogie ceux de Crète Taîï, Tau. bc non pas Taf, de l'He-

dlfolent Zi pour «y, eraf ; à.k pour «tîéy, bieu Ta» , qui a retenu l'ancien nom

femper : afS pour MSy , e^utdem : K»>vâî Syrlcni

pour aVZ«/' , pulchram. Et les La- Cette lettre a efté particulièrement

tins de TThiot ont fait plus; de Trpix, chérie des Egyptiens.

priud, bec. Les Athéniens la mcttolent pour le

LV s'adjoûte fouuent pour donner «■; T(cs»ç^,TiT7siÇ9t, quatuor: tr«^«-

plus de force, comme çâo, ç)ict«> =•?•'■- g^v. TjifAtgjiv, /;o£/î>, ôCc.

^,^,iugulo ^ mafro,imrf;olotfjuSo,a-ij.ô^, Les Dor'ens faToient le mefme,

quxra : ^f^a, rfji.ifcf'u, video. Les vieux quoy que plus rarement , s-v', ti/ , tu:

Latins en faifoient ptçfque de mefm?, <r6t, rfôs, fitKs: fîn'y, li-^^i': ou félon Ic^s

car ils dîfolent (i'iies pour /u<ri ; /f-.'oc^;?» Eol. ijri, funt. Aînfi les Latins de «J

pour /ec«&?,ÔCc. Et d'«,ils ont fait/îac ont fait -v/, de . oro,, foN &c.

C iij

38 L I V

LcsmefmesDonensmetcentr pour

Les vieux Attlqucs adjoùtoîent fou- uent le r, foie dans les noms, folt dans les veibes ; vrô^f/^wî, -rrôxi^i , bellum > d'où vient Ptolemée : kotto), x^^-KT(a,i*do : TÛTTw, ry;rr6), ver'jero, ôcc Et de vient que les noms prennent fouuent vn r au génitif: n;|, luxrôç, nox,r.oCfi5::^'va,'^, ùiaxTOi, texi d'où vient kva.yA^tnv, tenr- p/um, palatium : ya.\cL^ (ou yâ?.«,) ya- ^ctxroc, /4c, Voyez la lifte des génitifs au iiu. i.

Les Latins de mefme ont fait de //- num, itnteum ; ôc femblables.

Le T s'adjoûce en plufieurs aduer- bes, lors qu'ils font relation auec d'au- tres i (îrî, rOTt, cum, tum : j'i/usi, tyivUa, ^uando, ti*m,iar/i : wV, raf, x'/'j/ic : ofÇ^y rôpÊpt , intérim , a[iqnando : «ccî , rêo:?, cjuandiu , undiu : oâv , ro6< , f^i , «^' :

r»/^5V(j5, cj'Mnde, tune.

Il retranche aufll quelquefois TTopriç, 7rif/{, f »r«/4, iuuenca ; d'où vient TTOp'p^r dans Lycoph. Ainfi de 7rrsf>«. vient /)er;?rt en Latin > ôc femblables.

T.

diftinguer de l'V Latin qui faifoit ou»

Il fe mettolt quelquefois pour Vu,, niais rarement, T'iasetfiÇy7['ios\jfii, qua- tuor : yXy.fw, ■yhvpa>.,fodto, (ca'jjo. Aiufl d'âyzûxcî, les Latins ont fait vncus.

Quelquefois aulli pour l'/j K/x^izr/Ci)'i', à. uj-ty-iv ai' V , qui circum circa habitat'. Ttitfikxeiu. y Tfi^fxXeia, : galea très hubeiis cri (las.

il fe met fouuent pour l'o parmy les Eol. c>o/-ta., îif/xct, «ow<r« : jaoyit, /^yyf, Tij.v, ^'(^e, ôcc. Et les Latins de mefme No/<«/« , 'Numid<e : (SoX/Soî , ùull^us : 6£sf, Df«i, ÔCc.

Ceux de Crere oftant ^, adjoûcoient fouuent vn m ; k^Kvcôvy «U/'x^wV, a'/jo» : c:;^xi;, <«J>'-«, fu6/!cltum. Le mefme fefait fouuent en noftre langue, «/ro, autre : ^/ï/«cr»M, Auuergne, 6cc.

Les poètes oftant Vr mettent vn u ; çcyavùî, ày^-vj'ï, puldier , fplendtdtni

RE I.

àfia.xot, eO/'^axo? . refonans, tumuhuofus". Ontrouue aulTi dans Hefiode xou;«ça»s pour xccraçOiS ronfregertsi de xarây^u- /x/ oftant le r, bc prenant vn u.

Les Ion. adjoûtent fouuent vn v auec 0 5 zigpf, x3£;s, fi!i:ts,pHer,iwie- nis,rnas,!ermen,ramus : oç}i,?^t, mons, Ainfi de ttoXÛitkç , muittpes, p'fcis, tu- berculum in nare^ vn polype : les Atti- quesfoiit 7r^>.u7roç , &: les Ion. ôcDor.

veluti Balbinum polypus

Agn3E , H or. Et de mefme h'^g^^ , impetuofuSy Hbidi- nofuSy de Sog^, Tcrrecr,fa!io, curro : ixj- Att^H, ijAo.usfH , pejhi'era^ noxia : '^>u,--'.t4Ç, ^'>u/^Trof, Oljmpi'Sy montagne de Thef- falle.

L"v s'adjoûre en quelques verbes pour formel des detiuez j '(T^r.îo), ttàm- 6Û4), p^enus lurn,fardo, intumefio : ?7r«, {7ry«, ou changeant « en m , «ttvw, 6c fé- lon les Dor. «Trû», iu^et, clamo.

L'i/ fe perd aulîi quelquefois «£À\ô- 7r«î, àî.^XOTrof, Tf.o/.- : ût"'frjTroî pour àfrî- 7r«ç, vaienspeUbus ; & de mefme cT/jor, ^///fi : rpiTro»', tripes, ôCC Ainiî d'ncjA't^ vient */\66^,/j//t<7S,ik: o'MtKit!,u'Ju/co,a'ro, De mefme en Latin de vxv^iv vient /»«- r«?» i 7rxv)'f&i7r£p, parumpeïy ôCC,

C>7,/^/' ou /'^li c'eft à dire vn p afpî- , ou au moins vn demy p , pour a- doucit vn peu la lettre , à caufe de la rudeffe de l'afplration qui fe doitne- cefl'iirement faite entendre.

Outre le changement de cette mute en celles qui luy tefpondent.que nous auons fait voir cy-deflus , chap v. ÔC que l'on peut remarquer icy dans le mot de o-çiM d'où vienr fihi : Les Eol. mettoient auiïi le p pour le 9 •. S'x/.^w, (f,Ki,êo>, comprt?no , franco; d'où vient (pM-\,iTM, teret, Hom. Et de mcfnae en Latin deôûe^ vient foris^ ôC de èua.Jio ou fuffio . ÔCC.

Les mefmes Eol, mettoient encore le ip pour le x> ^"icét"*, cwfivayceruitemt faufes, iu^uUim, collum.

Des Lettres et des Syllabes. 39

contres ; d^x.'>iBim^ t5'i^/:«^«> mes pi en s : afiroi,(iptimHs,d^firoi. Ainfi en Latin d «gcfl & dçpii.at vient oro.

Les Ion. changent va en w; /So>i(rw,

/?wV«, c'amabo. Ainfide vm ptivutif, ÔC

ûie/>cî6 vient ycJ.vfjLOi . obfcurus, ■•gnobiiis,

les pocces changent « en m à la ptc-

micre des barytons , dont ils font des

Il fc perd quelquefois au commcn- circonflexes en ; r^pk^j^. Tp^rr^o,, oT,

ment yMiàç, leptdus , ^:^^o^ c.ii- o-m. : y.,^.^. v«aa6>. <o dtutdo , ÔCc

mène x-^'^S "^ ' / "^ Etdemefme de vrAs^ vient 7rAi)«.,

& félon

X.

Xlythù c'eftàdirevn c afpiré, qui ne fe doit pas prononcer comme no- ftrc rh François, mais pluftoft comme les Hébreux prononcent maintenant

cément x^^^-

dus, temperatui :;j(;Xc«Kt, l<tna, vue ro-

XâC«» Loncedo, tiiito , fc fait »^w. «ii? xtneroTy félon Euftath,

s chan- gent ô en 0) j cTii'ii), tTc-j'*, S(à^~i.dp, do, da-

uiurn nddo, molcflo. Lésion. Se Dor. changent « en

nicsandens Grecs efcrluolent ttc bV. m 'P'^;. «^'^ ^^^►^ /Se., boucm: poura-, cequelesEoliensonttoû- /S«<n,^W. ^cé«5. &c. fours ietenu,.V«4..Kuv.x.«, & à leur L « fe change louuent en r., pour fa.- imitation les Latins, -vhps. re vn fou pus plein .- .r.^«. .rc.^..

Ils tranfpofoient aulTi quelquefois formtdo : 4>.,x«,4'-'PCo^ , rado ,^j„^o, cesletttes j cTTrfM.o. pour tt^AVov ou permulceo : f«yrv/x*, /m»^o : ^f.c.ya., 1 ,. ^,^,11^ fra^us fum.

^Le 4 valant :t^ , Il femble que d'ô- Les vieux Attaques mfero.ent cette nU^ par vu double retranchement de lettre ; a?H>:^, «f^cx^ . à^»^'P - ^'C<*. l'i & de la- ; ÔC pat vn changement de £<«8ci ^\ iw^c,. conjueiu. Va en ce fe folt fait «4, r...,r.r/;.,;,,,^- Quelqueto.s on^ la retranche pa:

W. Comme de«T?.lpar mctathefe s'efl fyncopei .^y^div, 07.,<o-^y, rétro po»e : fait «.I , ÔC félon les Dor. 4^ ; d'où tt^Jj-'^. ^p i^ , & Dor. jrfoc'.. paub ante. vien* ,/./.. ., urn. Les Latins en ont fa>t je mefmc; y^-

II fe retranche quelquefois; 4a\t'^'.5î, e^'»S «^«'-^^ «" '/^ adjoutent vu .v , de

mefme qu'en ^arg^, maptx,

D'aV&)7r>;^ vient vulpa : caries Eol. y adjoiuoient vn dtgaynmc: ; F:t> oî^vif , duquel 11 nous faut icy dite vn mot.

a'i.y.cf, arenajtttus,

n.aî'ya, 0 magnum, pour le diftinguer du petit 0, omicron.

Il fe fait quelquefois d'o ÔC d'î; com- me ô lyw, w 'yw. Thocr. eg^o <7kï : iKpvfy.cL, Attlc. T'à'vJ'^iJ.a., Dor. râlii^ixa,, amùlus. Voyez cy-defliis chap. lo.

Reg Ï.I. ^ >

Ainfide Marcipueri, Vubli; pueù, fe Tô-i^y^t*. l'vn fur l'autre, ainfiF. D'oa

faifoit autrefois Ma.raçores^VÙ'^ltporeS', les Latins ont pris leur grande F,r|u'Ils

pour dire les valets ou les efclaues de mettoien: mefme dans les mots pour

Publias, de Marcus, &c, Vv confonne , lors qu'il fu'uoit encore

Les poërcs dans les circonflexes en vn u voyelle, comme ferFuS) Dii-

oLK, changent quelquefois Va en f t- ; fus ^ &:c.

«^«61, h/2x'm , puùefco. Les Béotiens en Les Eol. donc efcrluolent T'Âm, vi-

faifoieat de mefme en d'autres ten- nur/);Vian^(x.,xefpera:Yo.îya,/Helen(i,S<.c^

C iiij

Du Digûimma Eoîique.

Les Ed. n'ayant point d'efpiît tUr de inuenterent vn aurre caradere, qu'ils nommèrent digamma , à caufe de fa figure qui eftolt comme de dcu::

40 Livre I. De

El c'eft vne faute dans Hefychiiis d'cfcrirc quantité de chofes par vn y qui deuoîent eftre efcrites par vn Di- gamma y comme yi^xér, yirx^i pout F/Mof : F/o-x«f pris àc iMÔr , fhaùus, lufciofus : Ir^ûf, vis, fomtuio, robur ^ &c. en quoy la refTemblance des fi- gures dans les lettres capitales l'a pu tromper.

, C'eft pat la mcfme erreur qu'il a ef- ctit T€7rra, TCfoiKiiûfri, au lieu de Fwri, Fe*o/KOU«T< , venant de «rrrà , feptpny

s Lettres, &C.

Ceux de Crète fe fcruoient du $ peut Je dtgammay co/iiôy^ cuum: /iccSoua pour ao.M, Sot, ÔCc. d'où peut cftte venue l'erreur de prononcer le /S comme va * confonne.

Et c'eft à ce mefme di^amma. qu'il faut encore rapporter quantîrc de mots aufquels les Latins ont adjoûté vn v conibnnc ; comme iiJxiû.,TiijM,vomo ; (Tiau, Vi/iU', re/îa. Et au milieu merme cu(i)'r, cuFtaf, *uum. Surquoy l'on peuç voit ce que nous aucn"; dit dans le Tcaittcdes lettres deUMcth. Latine.

Tin. dti Liure premier.

LIVRE SECOND.

DES MOTS,

&

PREMIEREMENT DES NOMS. Chapitre Premier.

Définition c^ diuijîon du Mot.

AP R e's auoir U'aitté des lettres & des fyllabes au Liure précèdent , il faut icy parler des Mots.

Le mot eft vne voir, qui fignihe quelque chofe.

Les Grammairiens Grecs en font huit fortes diffé- rentes, qu'ils YiommQiM farti&s dOmifon-, fçauoir l'Ar- ticle, «V^oî', le Nom, cyo[jLa.\ le Pronom, AVTUfyjfMx; le Verbe , flua \ le Participe , f^iiv^M j l'Aduerbe , i'^î^nfm , la Prepofition, ^'^.^k j &: la Conjondion, (rjiê\<ru^ç. Mais ces huit peuuent eftre réduites à trois *, le Nom, le Verbe , &: les Particules indéclinables j car l'Article &: & les Pronoms font des Noms aulîi-bien que les Par- ticipes.

De ces mots les vns, fcauoir le Nom & le Verbe, reçoiuent diuerfité de nombre, & les autres pomt.

Le nombre eft vne différence du mot pour marquer vnité ou multitude : Ainfi il y a deux nombres j le iîn- guher , hiYjîç , qui parle dVn feui \ ôc le plurier, •s-ax^i'- 17x^0 f, de plufieurs.

Mais les Grecs en ont encore introduit vn nouueau qu'ils nomment Duel, J^j/Vi?, pour parler feulement de deux : ce qui n'eft venu que tard dans la langue , Se eft fort peu viité : fouuenc mefme au lieu de ce nombre on fe fert du plurier.

42. LivreII. DesNoms.

Chapitre IL

Du> Nom en général.

Le Nom eft vn mot qui fert à nommer ou qualifier quelque chofe.

Le Nom fe décline par Genres , par Nombres , &

par Cas.

Le Cas eft vne différence fpeciale du Nombre dans

le Nom.

Il y en a fix en Grec comme en Latin. Car cette Lan- gue a fon Ablatif , quoy qu'en dilent les Grammai- riens, comme nous le ferons voir ians les Remarques.

Mais cet Ablatif eft toujours femblable au Datif, comme le Vocatif l'eft ordinairement au Nominatif.

Au Duel, le Nominatif, le Vocatif & l'Accufitif font aufli femblables , comme encore le Datif & le Génitif.

Le Genre eft vne différence du Nom par rapport aux deux fexes. Ainfi il n'y en deuroit auoir proprement que deux, le Mafculin & le Féminin. Mais les Grecs, &: à leur exemple les Latins, ont adjoCité le Neutre, IvSinesv , pour les Noms qu'ils ne fçauoient auquel de ces deux attribuer s ce que n'ont point fait les langues Orientales, ny la plufpart de celles qui font vfitées au- jourd'huy dans l'Occident.

La marque du Mafculin eft, o j du Femmin, « ; & du Neutre, W-, ce que les Grecs ont nommé Article, du mot qui fi^nifie proprement les jolnmm des. doits. àcaufe de la llaifon particulière que cet Article a auec les Noms,

Chap. II. Dv Nom en genekal. 45 Règle I.

Manière de ciecliner l'AtticIe,-

Au Singulier.

O', T?, T^5 '7^1' Mdfmltns fdls y To, tÎ, t<î, ^ four Neutres mets^ Vi\'iri'^,Tv^ ^TYii Teminins dis y rCom les Datifs ejlms foufcrits .

Au Duel.

Tû!, Tcii Duel, deux Genres ont, Tc£, 7ot7y Iremintns les faiuront.

Au Plurier.

Au flurier y oIjtwj', toj^, tV^, Toi.;, fav, 70?$ ,756 Neutres font tous ; leminïns font^ et», tw;', T^is, tdo^, 2>^^ Z)^///r l'Ablatif frendrOrS*

EXEMP LES.

L'Article fe doit donc décliner ainfî,

N.G.D.Ab.Ac. N.Ac.D.Ah. N. G. Tf.Ah. Ae.

M. S. 0, tS, T«, TO;'. D. TW, TDTy. P. O/jTW/, 'CT/VjTïi;^. N. S. Tu'jTÎ, Tfy, TO. D. 7W, TdTi'. p. Tît, Tty/, TîTfjTW. F. S. M's7»f>T>J', T^'y. D* Ttt, TW/'l'. P. flJî'TWl') 7«7f j Tttf,

L'Article n a point de Vocatif. Mais on fe fert pour ce Cas de TAduerbe J en tous les nombres , comme à' à en Latin. Cet Aduerbe a vn efprit doux auec l'accent circonflexe : au lieu qu'w auec l'efprit rude &: \i ibufcrit eft le Datif fmgulier d'iV,»,o, qu'on peut voir dans les Pronoms, ouie mettray auiTi les diale6tes de cet Ar- ticle,

44 Livre II. Des Noms. Chapitre III.

Des DçcUnaifons , ^ premièrement de la premiers Declinaifon farijyllabe»

Les Grammairiens content jufques à dix Déclinai- fons j cinq qu'ils nomment fimples , A'Trhks j & cinq

çontra(^eS3 <ruMo«,eigyet^.

Mais les Noms (e déclinent, ou auec égal nombre de fyllabes, tcnmî^xel^uf, ou auec accroifTement dans leurs Cas, 7nti'^o<w>^oi^uç : ce qui fait deux différences nota- bles de Declinaifons , l'vne parifyllabe , qui ne reçoit point d'accroiflement j & l'autre imparif/Uabe qui en reçoit.

Règle IL

Gcnetalç pour la DcclînaifoR patifyllabc,

^ Tous les Noms fans accroîffement ^

Sur l'Article Je déclinant y ^ S ou/cri uent toujours leur Datifs 3 Et font en v l'Jccu/atif

Ou U voyelle fe joindra y

^ue le Nominatif aura.

Exemples^

i. La Declinaifon parifyllabe eft celle qui fiiit TAr- ticle félon fes terminaifons. Mais comme TArticle en- ferme deux manières différentes de décliner, IVne du Mafculin, auquel fe rapporte le Neutre i & l'autre du Féminin : Ainii la Declinaifon parifyllabe eft double j IVne qui fuit l'Article Féminin , & qui comprend les Féminins en a & en « , & les Mafc en «^ &: en »? , qui refpondent tous à la première des Latins*, & l'autre qui fiut l'Article Mafculin, qui eft des Mafculins, Féminins

Ch.III. Des Parisyllabes en et et vi. 4^

de Communs en , ou des Neutres en ovy de qui rel- pond à la féconde des Latins.

2. LVne & l'autre de ces Declinaifons parilyUabes a toujours Ton Datif foufcrit comme l'Article.

3 Et fon Accufatif fe termine en y auec la voyelle du Nominatif i comme » {JLicnu. , t?"^«V>», tt/V ^^^ai'. ^0 Ay/gîct;,

' Ce que nous allons faire voir plus amplement dans lafuitte, commençant par les Féminins comme les plus

ïîmples.

AD V ERTIS SEME NT.

Cet \^m foufcrit aont nous venons de parler , a efté fouucnt nesli^-é comme ne fe prononçant plus. C'eft pourquoy Sexte Empirique au chap. 9. contre les Gramm. prétend que les Datits peuuent aufli bien élire mis fans cet <, qu auec cet *.

Reglh III.

Des Féminins en <* & en « , dont les Grammairiens font la féconde

Declinaifon llmple.

A, H, lenr Féminin Juiuront y Ap, y[i Accufatif feront : 3 Mais Kpur, comme A A, 0A, P A, Far tout lefingulter garde et. Exemples.

1. Les Noms parifyllabes en et ôc en m , font Féminins, 6c fuiuent leur article Féminin.

2. Ils ont l'Accufatif en ^ti/ ou «x , gardant comme nous auonsdit, la voyelle du Nominatif. Et partant ils fe dé- clinent ainfi;

N.F. G. D.Ah. Ac. N.Ac.G.D. ^•^- <^- ^"^^' ^^'

S. a Ç éw 3 K,

» ^ «<• « «f ^ \a euv ^ eu uv &i( m

I

1

46 Livre IL DesNoms.

. 3. Ceux en a. pur ( c eft à dire l'a fait luy feuî vue fyllabe , fans eftrc joint à vne confonne ) ou finis en cAc, ^^y £^j gardent l'a en tous les Cas du Singulier^ comme » othicCf amicitia ^ r^i <^ihia4,7h(pthîa , &c. Ah JV.^ Z/Ê-iS^»^ j T^i- Aw Jaf j ThAvS" CL , &:c.

ADVERTISSEMENT.

A'ôxj'a , Taîlûis ; Nctuo;/^, Naujica'é, & ^ict, wi«-!?- gardent aufîi Ta au Génitif & au Datif, parce qu'ils fe font par contradtion des Noms en «.pur : A'Ojivx'ct , Najjg-.vjix^ juvàcl : Et de mefme ôs'x,/\ct, Theda, fait aufîl 3/;tAcw, & 9ê';£,Aqc.

Z'<7;? ^Ê'«f remarquer icy que l' analogie de ces "Noms femble la. flus naturelle pour toiu ceux en a, , parce que cette 'voyelle aime ■pas aisément a quitter fa place : ^ on en pourrait mefme faire la^ règle générale pour ce qui efi des Noms Subfiantifs , puifque la ter- ■minaifon feule en a pur furpajfe de beaucoup le refie des Noms en CL. Mais parce qu'il y a quantité de Participes qui formant leur Teminin en a. , fuiuent l'autre analogie, qui ef celle de faire -aç au Gen. ^y\ au Datifs on a mieux aimé prendre ctUe-cy pour la règle générale ; quoy quon puijfe dire , qu'il n'y a prefque que les Noms finis en rcc ^ en axx. qtii la fuiuent.

Les anciens Latins auoient fuiuy cette manière de décliner e}% eu; ,' d'où vient terras pour terr^ ; efcas pour efcs ; Latonas pour Latonse : <ôf> d' ou eft encore demeuré paterfamilias pour paterfami-

Règle IV.

Des Mafcullns en A 2 ou en H 2 , dont les Grammaîtîcus font la ptemîetff

Declinaîfon llmple.

^ A S 5 H 2 ont ov pour Génitifs ^ Perdant 5 à leur Vocatif:

K'^ au rejie fait Wp^>

H Xfar TiiM]/è réglera.

E X E M 1 I. i: s. X. Ces Noms eftant Mafculins^ fuiuent l'article Mafc.

Ch.IIÎ. Des Parisyllab.enol^ et*^?. 47

qui cit « à leur Génitif: mais dans le reftc ils fuiuent lar- ticle Féminin, fuion qife ceux en cm retiennent &. au Sin- gulier de meûne c[iii^(^i^^, Ôc les autres dont nous venons de parler cy-delïlis.

2. Ces Noms perdent auflî ç à leur Vocatif, 3c fe dé- clinent ainlli

S. 0 a'vS'^îo;^ André iUy « A'y J^ç«'c«, A'y/^s'tfj t<m A'j'cTçêrt,

D. Tw & w A'vcTfc'es, TîTy A'ytTfîri^y,

P. oi & a A'yJ'^iou^Tzûv A'yS'fîm^TDlç A'yJ^feW.TîAy AVcTi/c^^,

S . 0 '^(TAi 5 Cloryfii j G) ;^y^j T«i "^^^ovv^ :>^t>c!">» ^ tdV >py-

crio/ , &C. Déclinez de mefme Aîys^»', Poet. Aheîoi ^ a, 0 hi\9-if^ latro : ôc femblables.

ADVERTISSEMENT.

Ainiou. ejl poétique de mefme quA'il'^ilcj; , dont Nonne s'efi [eruy pour faire fan vers. Mais les noms véritables font A'f^fîy^ éf* AÎnaç. Le premier fe lit non feulement dans S. M::tth. ch. 4. maii aujft dans Athen. L 7. dans Dtofcore , ^ ailleurs : Et le fécond efi dans les Actes ch. ç. dans Pindare, iQf> autres^ doit Homère a pris AiHaiévA , ^ les Latins yEneadac , la féconde breue,

Lafcare ,Vergare , ^autres, mettent icy des noms en riç com~ muns : ^ Prifcicn liu. s. efcrit qu'on difoit 6 Kctj m' Aiirw$« Mais ce Nom efi touiours Mafculin dans la conflruciion. C'efi pourquoy Vrbain , Caninim , Voffîts , ér* l^^ pl^ habiles ne reconnoiffent icy que des Mafculins en -aï. ,

Règle V.

Noms en ut faifan: m au Vocatif,

^ A Vocatif font ceux en T^i ^

^ Pays , 5 Poétiques en Toii.

*♦ Trois fortes de Verbaux joins -y :

^ 2 T H 2 frend -a , a pur ce Cas-cy,

Exemples. Il y a quatre fortes de Noms qui font leur Vocatif en et bref.

48 Livre II. Des No m s.

1. Ceux en t?;^, iVîwAetTi^r, ei^mtator^eo h'^x^â^. cs^- çriT;??, Prophetaj S ^Tto^>''^y & feîrjblables retenant l'ac- cent au mefiTie lieu, hormis cticcmiTfjf, dordrim, qui le re- tire, (0 cTtOTTST*.

2. Les Noms de pays & de nation ^ lyuJ^ç^ S^yjj^, Scytha. rifecimr, « pjp^j ^';? Perfe , dcc. mais quand il fe prend pour Perses ^ Nom propre , il a Ilîf crw.

3. Les Noms poétiques en toi? , comme >c^y«Tfif, «^jt*»- YUTnty a/peclii canino "frdiditîu 3 imfndens. L'on y peut joindre hrlym ^ lafcmm ; & Ui^'i-)(^fM^i ^ PymchiJies,

4. Les Noms verbaux dériuez de cqs trois Verbes, pAtiU^i metior-, TiuKia^ vendo -, 7fi!^My tero ; comme yiufiî- ijfng ffcometra ; ^tf^KuTiro^n^^ bibllopola^ vn Libraire, 'no.i- JàT^i^y^f i Viterorîim exerckator :, Vocatif, J'>«fr/^«7ï'«, &c.

c. Mais les Noms en ç^i prennent l'vne & l'autre terminaifon , 0' amçtiV, fr<&do j « a «çt/ & ^>içzt; & de meim e <^hrAçy!i , peltat!^ 3 cetrari^ ; ukoivç^s , jacnUtor; 0'5Î5>i;> Orf./?^^-i 0j.epis-> Thyejles.

OhferHations frr les DialéB&s du Singulier,

Les ioniens changent « en )f ^ & les Doricns au contraire. Ainfî les vns déclinent Alniuç comme ;t§t'jn$ > & les. autres ;^gt;'<n)5

comme A(?«/a<. . ^

Les Macédoniens oftant $ des Noms en r?, changeoient^auni r>! en et, comme 0 iweÂ^^r.^, »' Att/e^'Ma. De vient t^Wm NéV^f , eques'NeJior. xêcpéA)-}^.?*™ Zfct'^, w«^'/«w coaBor lupiter. Hom. Ce cui a fait croire fauflement a VolTius, après la plufpart des Graiiimairiens, que c'eftoit vn Vocatif pour vn Nominatif. Voyez les Remarques après la Syntaxe.

Le Génitif change icy ov en a ou en û>, Dor. en ao , EoL en ê», Ion. l'accent demeurant au mefme lieu qu'au Nomin. P»iAti'</Vjf,

ReG LR

Ch. III. Des Parisyll. en ^ et ji^ 49 Règle VI.

Des Noms qui retiennent aulli a. au Génitif dans la langue commune.

Parfois ck^fdt €eniîifcf^y Comme e Qcùu^j^'? fah ri 0ù)^,

Exemples.

Du Gen. Dorique en « , dont nous venons de poirier, eft arriuc qu'en la langue commune quelques Noms en. ai ont fait aufîî leur Génitif en 05, comme a Qcc/uî^s: y rd e^z-^wT, ThD?n£ : q Bspf îtî", Boreas ^ t6 Boppi : 0 W^^^ , ^aut

Quelques-vns aulîî ont IVne & l'autre terminaifon :

ADVERTISSEMENT.

Il Je trouue njefme des Noms en mç^ qui a l'cxemfle de ceux-cy perdent ç au Génitif, comme 0 AgiT? , TV ûg«j Dres : 0' Psc/Vj'^ , r^ PoJîTj Podes , félon Ga'^t.

Ilfemhle qu'on dotue me [me rapporter à ceux~cy les diminutifs en qui perdent auffi l'i au Génitif , comme o K<x,tu7?, tv KctfoT, r<^ Koiji'Si '?»'r Kaii^r» Camylus : 0' A:on7^, Bacchulus : 0 K^cajuvç, Clauiilus : c5* dèmej'me , 0 I sa-^VjTV' Vm-d > ra r>i<r7> 1^1 I'jijou^, ÏES V s.

Ohfem^ùo'ûS fur les DUkUss dn-Thrler,

Le Génitif Plurfer reçoit prefque les mefmes changeraens que le Singulier, £e faiiaiit Dor. en cjv ( ce qui arriue encore quelque- fois dans les Noms en 0? & en d'autres ) Eol. en dm Ion. en 6 ar, tous deuï l'accent fur la penukicfme.

Le Datif Plurier fe fait en i»? Ion. & fouuent prend encore vn * comme les Noms en cy-aprés : Ce qui arriue meCme en cer- tains Noms de lieu qu'on prend pour Aduerbes, comme <diâ-^'n, Thebis : a'^u'cvictî , Athmk.

D

yo Livre II. Des Noms. ^

Les Eol. & Dor. font l'Accuf. plur. en «/^ ; 4'^^iç pour l'^e^f," if fedes. Ce qui le voit tQut eiifemble dans cette Table. ^

Table de la première Declinaifin farîfylUbe auec fes DlaleBes.

I

II— Il Nom.

a lof*. M

SiNGVLIER.

•'\

Vocat. ; Génitif» ! Dat . [ Ace.

Kornm. i^^

et /«?/. M ^ & tt) D,

^«.•5 OU V «10 £0/.

oti.quelq. |

^> voyelle

* '• »^ ; Mv D.

, I

el)

DVEL. G.D.

N.A.

?

octtr

P L V R I E R. '

ADVERTISSEMENT.

Les Vo'ètes toignent ordinairement l\ Ion. en mefme fyllahe auec la voyeUe fiiiuante ; comme icy dcins ta , Genit. Sing. ioi -plur. ^ ailleurs. AinfiminTia efi trifyU 'TrKicùtmonofyl. ;^gMC72'(ar^'ïit;^ct àtjfyl. Et dans Homère^ "Prtw'ixSiQ de cinq fyllabes.

Iram cane Dea Pelidae Achillis. Ce qui fait -voirie peuderaifon que flutarque a en de reprendre ce vers coratne trop long d'vne fyUahe.

Contractes.

Les Contrâmes de lit Veclinaifon parifyUahe [ouvrent fouuent contraciion en tous leurs Cas (ce qu'ils appellent oAoOTtâiTJ mais fans changer les terminaifons ejfentielles.

Ceux en * viennent d'oCa, î a*'**, /WÂ*» mina, ou d'i a , lors que deuant i il y a encore vne voyelle ou vn ^i comme €§«««, *^ y lana;7n>f(pv^ic(.^mp<pv^ypurpurea.

Ceux en » viennent dJiet. , lors qu'il n'efl précédé ny ^vne autre voyelle i ny d'vn p > comme yîttyff, terra-- \^o)in;icL,\i(^n{î ^leonina,fHp. tellis : OH d'w > comme et-^îJlo m, oC'yrK^jfimpla : c//'57Ao'»f> J^TrKîîy dupla.

La Contraction s'y fait touiours en mangeant la voyelle qui ejl auant la terminaifon : de forte que pour les décliner , // fuffit pref- que de faire la contraôiion au Nominatif ^ après future l'analo- gie ordinaire des autres Cas J comme

i

fi

l.f':

^S

P'H.

'«f(«^«

i'

C!h.IV. Des Parisyllab. EN 05 EToy. ji

iMraa, jLCfA: /".'='-?, A^'^j /«'«^'j &<^-

Les Mafcu'ins en « jm é' «'''^> /^^^ également leur contr^Bion en H'ç , /'«i;^ futuent [on analogie dans tous les Cas j comme B'^fUiti , E'p/tJT?, Mercure : E'^yCtV, E'p^wf, E g^Zw, é^r.

Chapitre IV.

D^ /^ féconde Declinaifon fanjyllabc,

La féconde Declinaironparifyllabe eftdes Noms qui fuiuent l'article Mafculin ou le Neutre . Ce que les Grammairiens appellent la troiliefme Declinaifon fimple.

Règle VII.

Des Noms en OS,

ï O 2 Mafculin & Féminin

Suiuent f Article Mafculin .• * Mdis leur Vocatif e H en E ;

^ A'ay^^ comme o Domine.

EXEMP LES.

î. Les Noms en c parifyllabes font ou Mafculins oii Féminins, ou bien communs , c'eft à dire Mafculins Se Féminins tout enfemble. Et tous ces Noms fuiuent tou- jours l'article Mafculin.

2. Leur Vocatif eft en , comme ceîuy de la féconde des Latins , a laquelle , comme nous auons dit , ces Noms ont grand rapport. Us fe déclinent donc ainii y

N. V. G. D.Ab. Ac. K.A. G.D. N.V. G. D.Ah. Ac. Sinçr, ©f, ê, «y, 6), er. D. û) , «i^. PI. q( ^ «v» o/f , ouf. ê hO)j>f ^ fi^TfiO ^ à ho}^ y ff^K9)fiU^ TOiKoya.Tovho^fiv, Sec.

»» ojif y via y w oJ^i 7hs c<fh»^ TV o<fti , liw^Jhf. Sec. 0 ^ H ctf-îf «TTPf , homoj aaji^tom g'i^^vis av^t^'Trou , Sec.

V i)

yo Livre II. Des Noms.

Les Eol. & Dor. font l'Accuf. plur. en «/^ ; î'^e^i^ pour «"^e^sr," fedes. Ce qui le voit tQut eiifemble dans cette Table.

74^/tf i^e ta fremUre DecUnaifon farifylUbe amc fes DlaleSles

SiNGVLIER.

K

Nom.

a Un. ■» M Dor.si»

«f If, m

'i

Vocat. ; Génitif, Komtn, J ^j

70».

in, H Dor, tt I

& 0} D,

EoU Ion,

-V CIO £o/.

Dat [ Ace.

quels. I ,

\ f^lon la

^voyelle { du Ko.

DVEL.

ctt

N.A.

G.D.

ociy

ADVERTISSEMENT.

Les Vo'étes ioignent ordinairement /'« Ion. en mefme fyllahe nuec la voyelle fuiuante ; comme icy dcins %cù , Genip. Sing, e or flur. ^ ailleurs. AinfiTfOinTicù efi trifyU 'ttKi car mono fyl. x^^'^^^i'^^')ô'^ àijfyl' Et dans Homère, 'P->t\noiSiQ de cinq fyllabes.

Iram cane Dea Pelidas Achillis. Ce qui fait 'voirie feu deraifon que Tlutarque a eu de reprendre ce vers comtne trop long d'vne fyllahe.

Contractes.

"Les ContraBes de la DecUnaifon parifyllabe fouffrent fouuent ccntraBion en tous leurs Cas (ce qu'ils appellent qMttx^a ) mais fans changer les terminaifons effentieUes.

Ceux en et viennent d'oLa. î yw^etct, /avôC'y mina, ou d\ a , lors que deuant i il y a encore vne voyelle ou vn ^i comme €*§««, «g^, lanajmp<pv^ict^7!V()(pv^ipurpurea.

Ceux en » viennent d.'ÎA , lors qu'il n'efi précédé ny ^vne autre voyelle, ny d'vn p ' comme yît,}^, terra: \icïTix,\iot7)jfJeonina,fup. tellis : ou </'oJt î comme oC-TiKén, cC'7rKA,fimpla : JfTrKÎMi Ji'TrKî!, dupla.

La Contraciion s'y fait touiours en mangeant la voyelle qui efi auant la terminai/on : de forte que pour les décliner , tl fujjfît pref- que de faire la contraHion au Nominatif ^ après future l'analo- gie ordinaire des autres Cas i comme

wKs-

(iH»IV. Des Parisyllab. EN 05 EToy. yi

MraA, /tt^a /W'^-?» A^"^j ^'^J ^^•

Les Mafculins en iru ^ en în^» font également leur contr^ôHon en iCç , puis fument fon analogie dans totis les Cas ; comme B'^f*f(^ , E'p^iT?, Mercure : E'^yCtv, E'p^f, E'^^ZuT, é*^.

Chapitre IV.

De la féconde Declinaifon farljyllahc,

La féconde Declinaifon parifyllabe eft des Noms qui fuiuent l'article Mafculin ou le Neutre . Ce que les Grammairiens appellent la troiiiefme Declinaifon fîmple.

Règle VII.

Des Noms en OS,

^ O 2 Mafculin & Féminin

Suiuent V Article Mafculin t * Ma^s leur Vocatif eB en E;

^ hiyi) comme ô Domine.

Exemples.

î. Les Noms en o- parifyllabes (ont ou Mafculins ouï Féminins , ou bien communs , c'eft a dire Mafculins &; Féminins tout enfemble. Et tous ces Noms fuiuent tou- jours l'article Mafculin.

2 . Leur Vocatif eft en « , comme ceîuy de la féconde des Latins , à laquelle , comme nous auons dit , ces Noms ont grand rapport. Us fe déclinent donc ainfi j

N. r. G. B.Ah. Ac. n.A. G.D. N.V. G. D.Ab. Ac, Sing. eJ"> 2, et/, 6), «7, D. û) , «l'. PI. s/, û)V, 0/f , oui*

H ejif ^ via y û) ojï^ TVi o<fà»j 7jf o<AJ , TÙjjsJbi'y Sec. Q>yi rtf'^jpwTTPf , homOi Jaii^um ^^j^vis oM^ûr^o , &c. i D ï]

^z Livre II. Des Noms.

ADVERTISSEMENT.

Les anciens Grecs, auant la nouueUe manière d' efcrire venue desSamietiSyjnettoiem an G en, i^ \iiyo , anDanfra' AÔyci. Car Longus c^ les autres Grammairiens tefmoignem que / sefcriuoit four cv , à caufe que cefioit fon nom > comme nous auons dit dans la Meth. Lat. S* ^'°^ P^^^ V > d'où vient que les Latins dtfoient quoii?;<; Datif. Et l'on voit encore a Rome, dans les deux colom- nés des Farnefes, EN TEI HODOI TEI APPIAI, EN TOI HEPODO ATPOI, pour ît rf o'^a rf ATfWct > iv rcû H*ga/oy eîy^tty ^ femblables. Mais l'on trouue aujft Kr^ fans i foufcrit, filon les Eoliens é* Doriens , d'où les Latins ont prU leur Datif en o long, Domino, c^r.

Règle VIII.

Des Noms Neutres en O N.

OH/^rle Neutre fe réglant , T^rois Cas femhUhlcs toujours pend, ^u'en CL le Flurier termine , Comme en Latin on le décline.

Exemples. Les Noms en ok font du Neutre & fuiuent leur arti- cle, ayant toujours trois Cas fembkbles, içauoir le No- minatif, Vocatifs Accufatif, & terminant ces trois Cas en a au Plurier , comme en liatin. Ils fe déciment donc ainfî -

tî.V.Ac. G. D.Ab. N.V. A. D. Ah, N.V, Ac, G. D.Ab, S. ov, ou, D. û), ^ oivi P. «, tàv , oii.

Règle IX-

Manière Attîque de décliner . que les Grammairiens appellent quatrîefmc DecUnaifon fimple,

VAttique my cùv -, pour o^ , t^^frend^ En tOHs les Cas met m a> grand.

Çh. TV. D s Parisyll^em û?$ ET «y. 53

Soufcnmnt l\ qti*il y 'verra: Four Vocatif le Nom mejrne a.

Exemple s.

LesAttiques fument icyvne manière particulière de décliner en certains Noms , quieft de changer toutes les voyelles des terminaifons précédentes en ûj^^enfoufcri- uant 1'/ lors qu'il s'y rencontre. Ils ont toujours leur Vocatif femblable au Nominatif, tant icy que dans tout le relie. Ces Noms fe déclinent ainfi

N.F. G. V.Ab.Aç. N.r. D.Ab. N.V. G. V. Ac, cùVi pofiy les Noms Neiiiresj a^ tà^

« ahaf , area^ ??/ j 7^ a>.wy, &c,.

Les Noms en aoç qui ont Va long, le changent icy en i y comme vai^ , vs&s-, tcmplam : a^o? , hîcoç > populns. Mais Cl IV, eft bref, il demeure , comme Jc^V.o;, r^dt^m,

ADVERTISSEMENT.

L'on trouue icy viiNom Neutre en ; fçauoir t' XP^^f y j^'

hitum : x?î^ i <îuoy ^^'^^ ^^'^^ ^^^^^ ^' ^s^®" ' 7"^ A:ê«^'- ^'^^

trouue mefme %>' a/if'ga dans Vhilorif fenij expeys : V Uî^ia dans

Plut, plénum.

Les Attiques retranchent fôuuent i'r de l'Accufatif ^ comme en ces cinq Noms ; o' A'>cjç, '^'i' A"h<Mj le mont Athos : « iaiyTÎd «"«> /ïwr^r^ ; )i' Kew$, t^o-' Ktcùyl'ife de Ceos : o Atf-yaVj t^'r Aay», /^/'«rf .' M Ka^> 7^' Ka, l'ip de Cos : Cy ©-«o; t Aew ? P^«w fropttium , ell

dans' S. Greg.

C'eft de qu'eft venu que les Neutres en or perdent aufTi le f dans la façon commune ; ct"M9, iîliud : ijjMkovt' , tantum, tam grande natu : 'S<y>> tde : '^t^t», tantuyn. Demefmc que l'article 0 , & quelques Pronoms dont nous parlerons cy-aprés.

D ii|

54 Livre IL Des Noms.

Mais on trouue aufli plufîeurs de ces Noms auec le t j comme i rp>i\i''fify'V(T^nf>iiy &c. n^y cC'ôah Herod. n?/ hccytiJ^ Plut. «Se d'autres de ' mefme.

La langue comm. a l'imitation de l'Attique fait auflî le Vocatif ' femblable au Nominatif, a, vn9s , hem m: a ©éo f 3 d'oii vient le Latin, o Deui , Sec. '

Les Latins ont encore imité cette façon Attique de décliner, lors qu'ils ont dit, Lethum Androgeo,F/>g-. ad montem Atho,iz«. Ego quidemfum Pauli, ego vero Apollo , i. Cor. z. ou ApoUo efi vn Cenit dît Nomin. A':^Mû>5 , é^ ainjides autres. Voye:!^Meth. Lat,

Ohferuations fnr l&s Dlale[l&u

Les Ion. font le Gcn. en oio ; AoVs', \éyoio. Les Dor. changent ew en « , tant au Genir. Singul. quà l'Accuf. Plur. Xùycc, iv'^ ao'- ynç. Mais quelquefois ils le font par vn o iîmple , hôyai : & cette terminaifon retombe dans celle du Nomin. o' Aoyos, & peut enco- re eftre vn Vocat. Att. \ôyos.

LeGenit. &Dat. duel prennent vn (deuant r; AoyoityXÔyonr. Les Ion. adjoutent aullivn i au Datif plur. AÎyoïcn pour Ao'yeiÇy comme s'il venoit du Singul. Aeyezo, Acyoïi. Les Poètes adjoutent quelquefois vn o auGenit. Attique, tv M «rÉAêa , Miti\îao : Et quelquefois ils foufcriuent !'« j M "ra, Mltcùo ou Mi'i-ao, comme e'il venoit du Singul. }dîniO' Ce qu'on peut voir en cette Table.

XabU de la féconde DecUnaîfin panjjliah auec fis

Dialetles.

SiNGVLlER. .^^K^

N. I Vocat. I a I D. I Ac.

>"^") X'on. 1 M

9V

m

DvEL.I Plvrier.

N.

co

s.

OUV

m

I G. I D. I Accuf.

! ! CK J-^^ O»^

' J \ii Sjr,

Ch. IV, Des Parisyll. en 05 et ov. yy

Contractes.

Ces Contrâmes font auffi faciles que les frecedens , parc* qu'ils fe font en tom Us Cas fans rien pef^ue changer de leur termtnai- fon , comme on voit icy.

Sing. ^ oui y c?5 w5 ''"^ 5

y ,/ ./ y

cog 0'» oç) ccy eê-oy.

y DhçL < t^lgi^ 0/' circonflexe.

> ; / V

Tlnr.

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OOVf

Exemples.

O' Fo'o^j >?^, mens ; 'tÇyô^t 'otî'i yc'a, r<k; t^^ j-cô», t^ftScc.

"Et de mefmefes compofe:(^, o «fwoç , eJW^, beneuolus : o «"^025-, amens, ^c. De mefme 0 p'o'o^ 5 p v^> fiuxus ; « -aàeo^ , ^7$, naui- gatio ; 0 ;t»c'«5, ;^:i'V? , laiiugo -, d ;^§e'o$, ;^$v$3 cutis, é^ corpus amiûum cute. Et leurs compofe'^, comme 0 KstTiifpocç, r^mp favç j defluxus; c ;c5tA(Vpoo? , KScAipp'fly^, pulcKrifluus , pulcKra habens fluenta, é'c.

Les Adjecrifs en font de mefme ; 0' ce ^o'o^ , tii'7â\.ivi , fîmplex ; tfcyrkôos j JiTikoîfç, duplex.

Leur Féminin futt la contraBion des Féminins, comme nom verrons cy-aprés.

Les Neutres font les mefmes contraciions que les Mafcuîins , hors qu'au Flurier dix é^d'ox, l'on fait et, id ÔtÎa^ sV*,0"^î

D iiij

j6 LivreII. DesNoms.

Mais les comfofc\^ne contraient pi?it hs trois C as pluviers en et ; car on ne dit pas iv'fo, , maii ev'focc > beneuola ; ^ de mefme >C5tAipûûûc, pulchriflua; ctTî^Ba, nauigatu facilia, 0>c. Mefme atA Génitif 071 dit plufiofi eùto'aïf , ej^o'ar, quiùfay , vjT^hSf > Sec.

Sctoç , faluus , fe contracte ainfi; ô auç\ '^\ ^ r^ cuor , (Tm». faluum j 7vV (wcyçy 0"mç a-occçy ccùç , faluos ^-^ i'aluas : ^ merme TU oTXAy (m, falua,^«i ne fe trouue gueves (^ue dans ^efych. O* ^/i-zW. Le refie ne fe contracte f oint.

Chapitre V.

JDc la Dçclinaifon imparlTyllabe , que les Grammairkm appellent cinquiejms des Jtmples.

Règle X.

Tctm'nalfons de cette Declinalfon^'

^ V Impdrijyllahe a des Noms

^^en neuf lettres nous ter7ninom\

^ Son Singulier croiji d'oç^ /, a : E> ci^i/èn Duel reccura : Son Flurier e^ ^ m^ m , a^,

5 Contra ffant on change ces Cas.

Exemples.

I, Cette Declinaifon reipond a la troifiefiiie des Latins? elle comprend vn grand nombre de terminaifons:» qu on peutneantmoins réduire à neuf j Içauoir quatre voyel- Jes qui font les trois communes «, /, u, auec Wx : & cinq conibnnes j içauoir deux liquides y,§s deux doubles |, 4> & le ^,

Cdr nul Nom Grec ne finit par nxn i^ & ceux en font tomours Féminins parlfyllaùes. Nul ne finit aiiffi par vne muette , ny par vn hj ou vn ^ ^ non pins que par vn Ç. Qw^ fi ion troHue qiie^uùs Noms finis par ivne dec&slçt-!- très 3 ils font eflrangers ^ barbares»

Ch,V. Des Imp aris yllab es. 57

l. Les termiiiaifons des Cas imparifyllabes font com- prifes dans la Règle en ces trois mots :

Sing. or— /— îc

1 Duel, i-^oiy

3

Plur. er— «y— 77— ci^.

Et partant ces Noms fe déclinent ainfî S. ôôCa TiTTM , Titan i 1^ 'f /T^tyor , tw" T/W/, t^j^ T/t^x. D. -TW TiTzt^i , tdT/ TiTcy'o/i',

p. 0/ & J TlltLV'iÇ , W** T<7^î/'i)y , TTjTf T/7tt77 , 7^ T/TCU»:^.

Mais en faifant contra6lion on fait fouuent quelque changement dans la terminaifon des Cas , comme nous verrons plus particulièrement cy-aprés ,

Règle XL

Du Vccat'f.

' D^ ordinaire le Vocatif

Bji famhUble au Nominatif: * Mais ce Cas très -forment icy,

F rend brene, cfe s y prend n aufi.

Exemples.

1. Le Vocatif efl ordinairement femblable au No- minatif^ comme o Ti W , û> Tirztv , Titan : o 3c a loAç , vinciilum: & a h^ij-ynt^ ^ v ne lampe : ô &c «y fî^w^wM; , C/^- 7»^;7j; 0 6c ^' '^iyo(pc^v , Xenophon, &c.

2, Neantmoins il reçoit fouuent icy quelque diffé- rence, qu'on peut réduire en trois claiTes.

/. Prenant vne voyelle hreue au lieu, de^ h longue qui efl au Nominatif: ce qui arriue

1. Dans les Adjedifs en Vjj , ^oUjj , tener, d Tîpev-

2. Dans les Noms graues ( c'eft à dire qui n ont point d'accent marqué fur la dernière) en np , «u^n/s.

5S Livre IL DesNoms.

Ceresy ^ ùJ^im-n^ : pour cette raifon laccent fe change ou fe retire.

3. Ces quatre aigus , ^7w/77jf, ^^f^r:, « ^7îç; «AiM? lemr» mmntl f rater ^ 6 Jttcp , «t^/^'p » wV, J «"rcp : czùTif^fer^ator^ a cTOTSf , quoy qu'on trouue auiîî a m-nif»

4. Les Noms en «tn- j « ;!^ « ihivt^v ^ mlferlcors, SiKi7-

éomxr^JÏVi & M w.)y. canisj, roiwov. Et de mefine des Com- paratifs, /2ê>. 776)1' . meliory S &ihmv^ Ôcc. De ccux-cy, quel- ques-vns ne retirent pas l'accent , comme AAHîJ^iu^Yy

5. Dans les Noms graues en ®p; 0 e'Vtwjî, HeSlor» m

E"x7T>Ç5 vrWfT^iX^CC'rrûi OmnJpOtenSj (ùTl^UfTOKpitTV^,

6. Dans les Noms en « de la première des Contra- ries > fi j^nfio^vitf^ Demoflhenes, a ^ni^ô^vu.

Et parmy les Eoliens, comme remarque Lafcare, cft toujours abrégé au Vocatif, mefme aux Noms aigus; »&,-DStùv , lufclnla j J" «««/bVi « ^htS^v^ hlrundo^ cS ^xt^f^v^ iàns changer l'accent.

/ /. Ofiant Jimplemenî /*$ dtc Nominatif,

1. Dans les Noms en eif ; Bûl^kh^^ rex , « ^cltikz^*

2. Dans ceux en 0 :? faits par contradion; 2/fw :f pour :2.iyJ^iy nom de fleuue, « 2<,iwy3 0 'Trha.Kot^, placenta:, à ^KtLVjnZ. Et de mefme ^ks ^^-^ j « ^«^ parce qu'il eft con- tradte. Mais oStiç. dem > ôc -niç, pes^ font 5 ôJhiî, a ttoi/, parce qu'ils ne font pas contrades : & ainfi font diflin- guez par l'accent de ^uAda.vl^l, &: oVby, Genit. d'eJbV, via j 77v2<i . puer ou pnella , a auffi à nw*

3. Dans les Noms graues en i & en v: ; o«/f, ferpenSy Qo(s,t j /3o7f ti racemitiy ^[(ôôtçv Et dans les Poètes les aigus mefmes en j A. «^x-yx^if . « A'^uz^^aa*, nom de femme.

4. Les Noms en u faits par contradion ; oiJ^ii^muSs a y.l y M e(ptf c^ue'^'CHSy'l -^fiy 0 i^u; pl/cs,fS i-^^Sw, Athen.l.(j.

5. Les Adjedifs en quoy qu'aigus > e^t? > « t|u;

Ch. V. Vocatif DES Imparisyll. j^

Mais les Subftantifs fuiu^nt la Règle générale 5;^\eewt/,

chlamysj x^^y-^* ^^ ^^ ^'^^ ^^^^ ^^^ Poètes qui enoflent aufîî quelquefois IV.

6. hQS Noms propres en o^y Boa^y aGoa ; Ky^ ;^fi » KaA;t^.Ce qu'ont fouuent imité les Latins, o CalchajSQn. 9 Palla, Virg. ^ . *

/ 7 /. Frenant aufi vn ^,

Cette règle a rapport aux deux précédentes . Car f^ quelquefois IV fe change fimplement enFi 6c quelque- fois l'on abrège au/îî la penultieiiTie. Plufieurs mefme de ceux-cy oftent feulement IV fuiuant la règle précé- dente : Ainfî

I. Les Adjedifs en îiç oflant 1'/ pour abréger la diph- thongue prennent vn y j -^^tmi ^gratlofm y £ ^pWj. Et quelquefois © ;Keei«. De mefiiiej e 2//>ta«;> nom de fleu- ue, a'S.tiJ.o'iV.

1. Les Noms propres en d{ 5 \Jo\v<^uAt^ w ncAVc/V'w^, ou noM/ZctAwc dans Hom. A'iV;, a A^iaj/ ou A'isc , de Attiq. a7(«, iSop/;.

5. Les autres Noms en a; qui font graues, ^^(xtf^, mgeTj, ë fjuèheuf y TahciÇy mlfery u TaAatf . Mais ceux qui font aigus rentrent dans la Règle générale , 0 iV^/» lorimty vlnadum, a lixtfi^ ÔCc. Et les Participes de mefme , Içoi^fiiinSj dcc.

ADVERTISSEMENT.

Toutes les règles que la plujpart des Grammairiens donnent icy du Vocatif, font ou fauffes ou defectaeufes en quelque chofe : peut- efire pour l' auoir voulu former par l'analogie du Génitif , qui h' a. rien de commun auec ce Coi , ny dans la langue Grecque , ny dans la Latine, comme nous Vamns fait voir ailleurs. Car de prétendre- auec Clenard ^CantJiiîls, que les Noms qui fe déclinent en nos on fnfiç le forment du Genit. en ofiant ou 'fiç : C'efi vouloir que l/xcc^f cufVÇy ait a ÎMct, au lieu qu'il a ^ifJUC^Çj ^fes femblables de mefme i C'efi vouloir que K A^V«^, «''2«5 ait Ka^a^ y(^il a KAw'^i?, & fs Jèmhlables de mefme.

Ht dersfiremdrg cette règle aux feuls barytons decline:^p ar cm":«>

éo Livre IL DesNoms.

ou offiç y comme a faitVoJ/tus ; cefi vouloir que Sê»o(par ah e? ^éVfl^ps; au Vocatif : au lieu qu'il l'a comme le Nominatif : que "PoTtiJ^h cùfoç (par ) ait a PcoTB/iftwr) au lieu qu'il prend la breue V-ltm^bf ; ^ qu'K.m>^uit qui fe décline auffi par **, A'-^'m^J'o? ait ©* A'otMû)]' au Vocatif > au lieu qu'il prend la breue A";toMoc> <^c.

C'efi pourquoy i'ay compris ce qu'il y a de neceffaire , pour entrer dans l'vfage^ en trois mots y qui font dans la 'Règle > (^ qui efiaut ai- fe\a re tenir, marquent la véritable anologie de ce Cas : referuant dans les Exemples à en faire voir l' application.

FormMion du Genklfl

Cette Declinaîfoii reçoit grande diuerfîté de formations à fan Génitif, qui rcfpondcnt a celles de la troifîefme des Latins, fe ter- minant toujours en 0? comme les Latins en ts. Nous les rédui- rons icy dans vn ordre facile & méthodique félon les lettres fi- nales que nous auons marquées cy-defîus , en forte qu'il fera fa-; cile de les retenir fans en faire de régies en vers.

/. Ceux qmjïnijfent par 'voyelle.

A X Genit. ttvç ; t^ Byujcc-> Ê^Wt*^» gradm, tribunal.

Les Noms des lettres font indéclinables, A"A.(pct> fi^Taj yo^fjt^aji ^Aïa. Ceuxmefme d'vne autre terminaifon, comme fu/j^hfcù. Mais e , V, 0, cùiic déclinent à raifon de i'Adjedlif qu'on y joint,

Les Noms formez par apocope ou retranchement , font aufTi indeclmables , comme v'Çx pour v'Ça.TUoc^ j textura : a-vjvnx, pour o-xiOTtT^ux. j tegmentum : cA^cpct pour «t'A^cp^f j pinguedo» &C.

Les autres voyelles font le Génitif en pur, comme

Çioç : '^ tnirm , aiyv-moç > ou ^a>ç tjtnapi. Et de mefme mfXfjLiy gummi : xift<îÇcteii cmnab^iris : TtiMQ^y piper y qui font tous mots que les Grecs ont pris des eftrangers : D'oii vient qu Athénée dit qu'il n'y a aucun mot Grec ( c'ell à dire Subftantif ) qui finiffe en < que fd\i. ir>s ' vn feul Subftantif , 5' /oéA^ , /w'Ati°?, mel; 8c quelques

IAdjedb'fs Neutres, mais qui rentrent dans l'analogie des ^ règles fuiuantes, parce qu'ils prennent toujours le Génitif V- de leur Mafculin.

(^vti : V ystv, yîtvo^igenu. Mais on dit aulfi y^ictvç, de mef-

Ime que "Q déçv, hajt<z, thipvoi & '^o^vi, cy-aprés daus Içs Hetcrocl. y*7fl/, vtSjfinapi : cTazpy, to^, lacryma*

Ch. V. Génitif des împarisyll. 6i

À Voila {îx Noms en v , quoy qu'Ariftotc n'en reconnoilîè v^ que cinq dans la Poétique.

r 095 : x' A)!to', Ajito'o^, Latona, Mais ê^ pour J^iCm*. cfi: inde- \ clinable,

1 /. C^^AT en f Cfi en 0 , retiennent ordinairement ces lettres y farce (jd elles font immuables s & quelquefois prennent "vn rou 'vn S^p comme

r- ou/cç: 0 Tnzictvi m,i<Mo^ipA^n> hypine en l'honneur d'Apollon:

^^^ ctv'fiç , pour les Participes : "C tv'^/xt, ccvr»?, qui en cela fuiuent V- leur Mafculin.

EN-( î)c5 •' '(a'npiy) TE|6»3f5 tenerum.

J!;e$ : o E'^Mâv, tuua^y Gr^cfH : •« (rsiplw, lufo$iJiren,eC^cce d'in- r Tede ou d'abeiHes dans Pline , Ôc nom de femme dans \ les fables.

J i?os, mus : 9 xpf iii^^Uju, iio^, tener, tenera. A'g^', agnm f par fyncope fait o/yç ^ pour xpitoçi félon Euft. ii l'on n'ai-^ ^ me mieux le prendre à'up'st upfsîs,

I N"»^ litt^. Et ces Noms mefmes ont fouuent le Nominatif en C t$ , comme Si\(pis,

ranç : V /iu'lt^or.sïùi j majm : 6c tous les autres Neutres des ONT < Noms en ccf.

i(ifr>$ , pour les Participes : %' 7V7T?or, o»t«? > verherans.

^oJb? : 'QMmvuui ftTmh^^ le prenant de Si^t^, hipes. OTN" ^ Qiwvç , pour les Participes, comme ''Q tv^touu, oout»^, x'f r- C beraturum, r-iw^ç: c /L'Jinvj, fjjcimç y t unis y frofugnacuîum ligne um: «.-jN Ceux mefme qui font en km ou en ; comme o' X) c pjtccj ou y ^ 0 §>::? > 'v;yo?, Vhorcys fus de Neptune, é^ père de Medufe. y^ujumoç, pour les Participes * C ^vjynvJ, wjn^çyiungens. Cqioç : comme o xWb :t \<a»o^, ramm : ô fqâr, cy «/o?, Auum ■' IIAaTO^ Plato : « /uv'xspr, p^pauer. ÛM" oyo? : o' veicAf^-ztei^nç, ferra, : >i -^mS^Ji, otoÇi hirundo, d v^ n «Tci^^r, o»fi^> dAtnon, génies : o }(gt| ji' ■A^iiorariOfo$,fns!ior.

6l Livre il DesNoms.

I x,va» : canisFait xtcc/oVparfyncope pour x,vcyo$. , \ mvç : 0 'S,m<pSty cùtv>Sy Xenophon. Q-cK. ^yrfiç : ^^^(501, o^T*^, draco. Les Participes , o' Tt/'c^aK , tinfiç^ zierberans, i TVfeaty o'j"?»^, qui verberanit. Et ainlî des au- tres Aoriftes féconds de l'Adtif. kii'r'ç : TLi'TrGh ii'v>ç, verheratur^ : Et afnfî des autres Futurs féconds de l'Aûif : Et mefmc le prefent des circonflexes, venant d'êa ou d'oa ; comme mmVy ^tv^tfaciens : JvjAa^ ^ ettC'T'f , manife[bans.

cifoç : tAcùx3C-Çi scpo^i heattis : V rêx,mp , cipoç, neEtar» boifîbn Ç des Dieux : vJ^-V, oLptÇyftMrniùSj vn eftourneau. \ «fîo? •• "Q î'jntg, ii'^a'r'Çy iecur, hepar. Et de mefme V S^\iotf^ AP < a^<r>$ieJcaquâanim^li(t.capiuntur,illecebra-:'iiocfiadeps: ' M <pf(c<^,puteu4. Mais ces trois font aulHjcontraéiion , car f on dit ii\y^f>i , r it*»'? , <p g )n«V , &c. ^ a Ji/.'fJtc(r§ fait «Tcz/^^pr^, dans les Poètes en gardant g.

^ne^^' û'2)f'g,))go'?,.y^r, nom de peuple: c'eil aulîi le ver qui Ç fait la foye .* 6 A»7>fp, AVttTpo^,/^/»» •' ^' JwTp? ^po?, c^r .- « \ )W}'^ , jwî p 0 ^ , fatum, fors. ^^ <( êpo? •• 0 Ofh'pyipoÇy Ather: o a «'p, /îër ; o* cL<^ii§ffiella : c JUjj'p, y /^«*> , frère du mary.

f Plufîeurs le font parfyncope: o' rraWp, pater, nvLTBpoç^ mt- vfo's : 0 ctf »g,x'/r, cw'ê'go?, «♦^'goV, en prenant vn J", &c.

FTD Ç^'P*'^ •' ° ^^^''ê> iipo$,pediculus : jj* ;^5/p, €<go$, fnanui : o' ce* - C 'îi-^i^ipoUex : 0 xsi^^ m\v-^i^y multimanm.

CcfQ5:V^r>§,TS''j°f9<, cor,ammus. Demeûne fon compofé,

C TtVpy TivQo'Çj ignis.

'o^èÇ : 0 <pap, Ça^iÇyfm: o^t'^'f, ')^?o?, fanies tenuior, fcro- k fité de fang : "C i'\apy captura, pr^da. Qp Jopo? '* °' *î«V«Mp,opotf, Nefior: o ;(9i/ « amT»g, ctTntnf^fiS, C4^

'Màisv'Ji^^yaqua* fait d"'*^,-?»^, conuue venant dV'«ft4^;Et o^p^ mfrdfi, fait a-«jc'ï»V.

Ch. V. Génitif des Imparisyll. ^3

///. Cef^^ en ^o^enJ^ le fon^t félon U valeur de leur lettre double : \frenmt la. fremiere rangée des Muettes'^ ^^ liy(f: £t^ la féconde i 71 ^ y, X>atnf

rxjo? : 0 &cù^^yîcùi^HOSyfe^us, thorax : » xt/Aig, tiiIkcm?, po- culum, caitx : o" :^ if t^'^^^^y a-y^oÇj adolefcens: if «t AaTPi^, <t\àMKOÇy vulpes : il change « en e. Quçlques-vns prennent vn r auec le x , faifant x,T<>$ .• 0 ouvcL^y ouctY.'fiÇy rex : n ytl^y tvKi9$ynox, yoç : e a/m|, ecf'zztyo^y rapax : ô lirii^, O"?, cicada : \iy^y

Iwy^QÇyfingHltUi. MaisAt/y^, /;»>;, tait AvfKas. : 0 x^' »' i3«^, Byi;^'ç , tujfis : )f 9s<'^ , 7e<A?^ > capillm : il L prendle r pour le ô , à caufe derafpiréefuiuante.

57P$ ; 0* a'4', M^niV, ocultis, 'vifus : »* Ao/'Aût^', cctto?, procella •• »' Kj)CAa4', «7TB^, Cyclops.

\

ÇAÎ-^ytli9$, v!na.

IV, Ceux qui fnijjènt en ^frennent ordinaire- ment la dernière rangée des Muettes XyS^y^î ou njnyy qui retient aufi parfois auecfoy 1er, fai- fant vT. Et quelquefois aufi /'$ du Nominatif Je perd, & le Génitif fe fait en 05 ^ur, ainji

ÇoLifÇ : V Y\^Çy oLT^y fènecim : V ol!\ot4yOi\An9i , fid» ajiTi : yiyccÇy :^}o(.\iTi y gigas : cuf^etoi^y euiipç,fiatua : c* mj, -

Ti^iv^i ^Tnnii'' Ainli de fes comporez , amj Scjv^^iaj,

omnis. cv/tç : 0 /itÉ^Actç, fjtiAoivoÇy ntger : ô m'Aci-;, owoÇj mi fer. A2 J**^^ •* P°^^ ^^^ Féminins , comme i fJsiJiSy (Asydhç^ monoi»

vnita^ : Aet^m?, \<iLfJC7mùêoç y lampcn , lucernA : ou les

communs; comme o* nsii i cpf^aV, (^vydS'oç y exul.pro-

fugus. : 0 Ao'ûf^, laplst Aa'oto^ 3 d'eu vient par contraction AcTof.

Mais le Nominatif centrale AsT^, fait à foa Génitif A«eV , auec vn aigu.

64 Li V R E IL De s Noms. i

i

C c/Ji^ç: }f<^c/,l$^ *^,ii9'çj ccnuiuium : ^"s^'.S^^^'^-'^? fanni^ aç[uA •AI2 < fîihacia,

aoç : n* pfîW''^) /f*^'^î anm,'vetula : rouo^i fccoc, naul< , Att. »fcaV Se -^^iâi : ëc au plur. nar 8c ^i^f. Les Ion. difcnt »!Îr?>»)oV ( ou par dierefe /JlV>) &auplurier yJTê^ pour yaé^. Mais l'Accufatif efl mc^ pour y«,o^.

c îoç , pour le Neutre des Noms en »? 5 comme n^ aAx^tV, ^ 'îfv oiAvifio^j verum,

pao? : 0 KiiUj'^ritû$ jpeBen : iTç , ifk^ Adjeiflif , -v;??^ .•

AT2

ainfi /txJ^iV, i^'J^fV, nuUm, S: autres compofez.

!,^«^T«ç .•(i'2<,^'«i?, !S<^'«yr?, Stmois , fleuue deTroye : w P pç, V 0'7nj<i^, d-miivi , 0/>^r, Opuntk , ville de Grèce : e ;i<^- . "" ) e<<l^) «''î°^ 5 'venuflm. Les Participes , comme 7v(p^É<V, r «f^o^j 'verheratHS.

j «(fiTb? •• xajjV, f//îî«?^, xA<{JoV, 3tA-i<r/, XAiT/o- &! xaèT^ .* auPlu- •^ rier XAii'V, f/^«^^. Matth. 16'.

Ç €0? & Tû?, félon les Ion. ou ^aÇy félon les Att. t)" /3ct«AeoV, i 'TViSaCTAsar» îTo?, ioé", r^3c.

/^z'î»? : 0 XÎQnç, KÎÇ>yin9Ç, lebes : w* i^-k.yi'fiÇy vefils. Les Sub- ftantifs Féminins dériuez d'vn Nom Adjedif , comme de ksckÔç> malus : « >^cko'tv^> ''1'^?> mditiit : d'ï^Toç, vrba-

tus : qui font formez par contradtion de Tt/^n'i^ Ôc cTcccp-

/éx^^ ; KA5t'/tc«^, é^'?'^. Clemeïis : O^aAn?, «r^?, F^/^??^. Et autres femblables Noms pris des Latins, qui perdent or- dinairement l'n.

^ mis : 0 3C94' »' * AJi^xV, 60?, -i^tr^ & vem,

/'ibç : 0 «"cp{? , c'cp^o?, ferpens : «* Waj?, WA(0?, t/r^/, Atr. cm?»

fundamentum y ou mefme crepida : o' y^' «' a;7DA<?,{Jb?, extorris, exul, i^i : « A^e<?, ■^eji'^ç, gratta. Et de mefme i^'^eA^.gratîU ; a';^e<.', ingratus , &c.

) funichltis.

H

Ch. V. Genîtif DES Imparisyll. 6^

ï 2 1 içoç : « ô «'*«?, hf^.f(i^> ^é'/tuç-o$ d'où vient ^',jM^tv\t dans

* Hom î.vr^ ^//?r^J & )-îtMhç comme ;>«'6<$ a p^^t'e^-îe^-jac ! encore ;^e<J^$ & ;^e*ro?, félon Lafcare.

\^ interrogatif.

/^êo? ■• 1°' 'nl-)(<>ç^ TEi^tJ^ , muYiu. Et demefme de tous les S Noms Neutres en cç. ^^ y o''î«^ •• pour les Neutres des Participes, ^^ 7t7V(^oV, cV^, ^«i

inéi-> mens. (^vtZ^ç 0 ^a'ACii'y '7ihoiyj)iwr>Çy placenta : »' 0*7n5C< , O'twlw^ V T^^, OpuSyOptcyrtis. -qui font Noms fciits par contradion. Jo/r? .-o' cJ'otç','Ty o'Jot'fiSi dens. Etplulîeurs Participcs,com- '^ "j me î^o:<', oVf'ï"^, «J^i ^^^/>.

/cib? : 7!tU> 7wSoç,pes j auec Tes compofez, «:';n;!^4 r^m^^ />e- I dihm , (Sec.

j ^i fait 6)V? > /?ttm, le prenant d'à r> qui feroit Dorique, V_ comme ils difent ar pour ouo .

. rto$ ; o' jtiT^, /wi/oç, w«^ ; o' ^y^^iç OU /;^'?:f, \y^mç^pifcu : «' î ;\< At< > y^ Ai>a ?, chelys, cithara. ioç : ô 0 ?ô$', c'^îoÇi acHtus, velex : rf^}/uauis : cùX.t4iVelox. icùç : Att. 9 7nl;\v5: Tnr^cùç, cubitm : o TrggVf^j icùc.fenex: t 7d\fiCLç, ia^y/ècum : dont les Piur. font en icnY) 7n/;^af,

ÏS <{ï><^cç : « ;^Act^a>'^5 _;^Act|tu/'i)'?, chlamys, forte de veilement : e' y^' « n'iiAtç, tiyiA'jJh^i aduena. xj)-%<; : >to'gô<) yjù^v}'oç,galea.

WJ19Ç : 0 ^€i'}^xç'> (^ivy-viiù'vÇy iu7igens .' & àinfî de femblables Participes des Verbes en mxà.

M:^7vç , n'a que le Datif Plur. (««-'pn/^n, martyr, leflis. Mais l'on dit auîfi hcÔçtv}» v^o^, cy-deflus.

'ûs-r»? •• 0 >«Aû>Çj ytAcù'TPÇi rifus : o Cas, cpa-î'Vî X'/>, V cpa^, Ça-

T»^ > lux, lufnen. cùhç : »' ^a'^y <pa>-Toç,puftula, taches rouges, comme celles

* qui viennent aux jambes d'auoir efté trop prés du feu. 60Ç : if «/•/&?, cLj-h'oÇjpudor : »' h'cù'ç, voo$^ aurora. or>ç : T^TvÇcùÇ) lïTvcpoTOë, qui verherauit : & femblables

I Participes.

i.m$ : ô TgaV> T§a»V, Tros» Trciànu^ : o tf'po?, jj'gae?, héros.

Q. 2

66 Livre II. DesNoms.

F. Ceux qui ont vne liquide auec le a la retien-^ nent aufiy à caujè de Jonimmutnhilitc :, duquel- quefois y adjoûtent 'un r ou vn 9, comme

AS "C ^^^ ' "' *''^^> *AoV, /al : \oC'a$ , et AoV, mare, dans