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ocuments sur

l 'Art Industriel

AU VINGTIEME SIECLE

t{§'>^c{§'3s^c£§'3s^ 7{eproductions photographiques des principales œuvres des collaborateurs de

La MA JS01M MODETÇNE

COMMENTEES PAR R, AUBRY, H. FRANTZ, G.-M. JACQUES, G. KAHN, J. ME1 ER-GRAEFE, GABRIEL 'MOUREY, YAt RAMBOSSON, E. SEDEYN, GUSTAVE SOULIER, G. BANS

Avec neuf hors-texte T 7 Jyf ,, ^ ,

par Félix vallotton Les Métiers a Arl

Couverture de Paul Fol lot *** Papier de garde et cadres de G. Lemmen *** Ornements du j$] texte par Vogler *** Typographie de E. Grasset

'Edition de

LA MAISON MODERNE

82-95 Rue des Petits-Champs, Paris

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PT{EEJICE

n des meilleurs titres de la critique moderne à l’estime de la postérité sera d’avoir « établi la mission sociale de l’Art et révélé la possibilité d’une destinée plus douce, meilleure à l’homme qui sait conférer une digne parure à l’entour de sa vie ». Dans tous les pays, des esprits imbus de philosophie se sont dépensés à favoriser l’exercice bienfaisant du sens esthétique et à demander « qu’il ne soit rien proposé à notre regard, à notre usage que l’Art n’ait ennobli du prestige de la beauté ».

Nous savons aujourd’hui quel fut l’effet de ces revendications et comment on leur doit la renaissance des industries de la paix et du foyer. M. Meier- Graefe compte parmi les initiateurs de ce mouvement et le rôle qu’il lui fut donné de tenir ne laisse pas d’être à la fois très essentiel et très spécial.

Voici dix ans ce fut son plaisir de soutenir, dans les revues, avec une chaleur d’âme passionnée, la doctrine de l égalité des arts et il lui arriva même de rallier à sa cause les plus précieux suffrages; mais M. Meier-Graefe ne s’est pas contenté de l’action contemplative et d’ordinaire inefficace dévolue au critique; il a entendu faire la preuve de ses dires, passer de la théorie à la pratique, de la propagande au fait. La création de la Maison Moderne n’a pas eu d’autre origine que la volonté bien arrêtée de satisfaire un idéal qui avait été celui de William Morris, chez nos voisins d’Outre-Manche, et que, jusqu’en 1898, nul n’avait réussi à réaliser parmi nous.

Le but de la fondation nouvelle n’était point d’ajouter à tant d’autres une galerie d’exposition de tableaux, de statues, mais d’associer fraternellement les arts et surtout de rendre la vie aux arts d’utilité, d’application, en les amenant à répondre aux exigences actuelles. Il n’est pas d’entreprise plus fière ; mais il n’en est guère de plus malaisée à conduire à terme. Le peintre, le sculpteur, ne rencontre pas d’entraves d’ordre matériel à l’expression de sa pensée ; pour la formuler, un bout de toile, un bloc de glaise suffit; inventeur

VXETACE

et exécutant il est, dans toutes les parties, à tous les instants, le maître de l’œuvre. Bien différente est la condition du décorateur; sa conception réclame, pour devenir viable, d’être incarnée dans une matière solide, définitive; elle requiert le concours du métier, de l’usine. Or, sauf le cas toujours exceptionnel d’un chef de fabrique artiste, 1 industriel est l’ennemi de l’originalité; contre elle conspirent chez lui l’effroi du nouveau et l’intérêt immédiat ; il ne possède point l’indépendance d’esprit indispensable pour la goûter ; il la redoute encore parce qu’il sait quel amour de la routine professe sa clientèle moutonnière ; loin de combattre le préjugé, il l’entretient, il l’encourage, il l’exploite et il en vit.

Ce préjugé d’où vient-il et comment ses racines sont-elles si profondément implantées ? « Chaque progrès est une révélation d’inconnu qui ne s’accomplit pas sans effort, qui ne s’admet pas sans conteste, car l’humaine nature est ainsi faite que toute variation à l’ordre établi la déconcerte et presque lui répugne.» En France l’attachement au passé est plus vif que nulle part ailleurs, en raison, semble-t-il, de la beauté des exemples qu’il nous a transmis ; à la vue de certaines productions, parfaites en soi, comment ne pas se demander s’il est vraiment donné de faire oublier et d’égaler les maîtres d’autrefois. Pour admissible que soit ce doute, il n’en demeure pas moins vain. Notre temps, comme tout autre, a le devoir de trouver une expression plastique conforme à ses façons particulières de voir, de sentir, de comprendre et d’aimer. Une époque si riche en idées généreuses, en inventions grandioses, une époque qui a découvert, dompté, utilisé des forces ignorées, rebelles ou mortes, ne manque certes point du pouvoir requis pour instaurer un style. L’essentiel est de se bien pénétrer de 1 utilité d une telle création et de l’illogisme du recours aux artifices des siècles disparus. En vérité ce ne sont pas cent cinquante années qui nous séparent du règne de Louis XV et de ses grâces ; les changements survenus dans l’état de la civilisation font de la société d’autrefois et de la nôtre deux mondes dis- tincts, étrangers presque. Ainsi tandis que les idées, les mœurs, le régime politique et social se sont modifiés, la physionomie extérieure de la vie seule demeurerait identique, immuable? Nul esprit sensé ne saurait se résigner à ce divorce, à cette dualité.

Habiter un salon du plus pur style Régence, équivaut, pour un citoyen de la Troisième République, à s’affubler d’une perruque à marteau et d’un habit à rubans; l’erreur est encore comparable à celle de l’écrivain qui s’obstinerait à n’employer que les locutions désuètes du vieux langage. L’antiquomane qui verse dans un tel anachronisme se donne souvent aussi le ridicule du « Bourgeois gentil- homme » ; car ils n étaient point destinés aux gens du tiers les meubles de haut prix par se signifièrent des différences d’ordre et de castes maintenant abolies.

L abus est plus grave encore si, dans l’espèce, il ne s’agit pas d’originaux mais de ces répliques grossières que la machine répand par milliers et qui ne montrent plus

PREFACE

in

rien de la beauté à laquelle surent atteindre des artisans patients, peu ménagers de leur temps et de leur peine ; à moins encore qu’il n’y ait eu « interprétation », c’est-à-dire adaptation d’un modèle ancien à un usage nouveau et qu’une fois de plus ait sévi l’abominable truquage qui aboutit à parer de rinceaux et de rocailles la caisse d’une automobile.

On n’a pas invoqué une valable excuse en alléguant que ces pastiches, ces variantes donnent une illusion de luxe que l’esthétique moderne est impuissante à fournir ; rien n’est plus contraire à la réalité des faits ; seulement les meubles de 1901 n’empruntent leur richesse qu’à la somptuosité de la matière, à l’har- monie des couleurs, à la pureté des lignes. S’en faut-il étonner et lorsque la simplicité de l’ordonnance s’unit à la logique et à la perfection du travail le succès n’est-il pas presque infaillible? D’autres époques avant la nôtre en firent l’expérience.

Aussi bien, un semblable résultat ne s’est-il pas trouvé d’emblée atteint et les incertitudes inévitables du début ne laissèrent pas, il faut l’avouer, d’au- toriser l’hésitation. Tout d’abord le peintre, le sculpteur, mal au fait de la tradition et des lois du métier, se complurent à des inventions, plus ou moins étranges, mais dépourvues de portée pratique, d’utilisation possible. Quelques architectes purent témoigner un souci plus vif des nécessités de la destination, mais en méconnaissant les affinités foncières de la race, lin instant l’influence britannique ou flamande faillit prédominer; on voulait de l’imprévu à tout prix, sans délai, quitte à rompre brusquement avec le passé; or, Se but n’est en aucune façon de honnir la tradition mais « de la poursuivre en la renouvelant. » C’est seulement, la période de tâtonnement, d’obscurantisme une fois passée et après avoir bénéficié des expériences premières que la Maison Moderne vint proposer au problème de l’Art nouveau les solutions nécessaires. Comme principe pri- mordial elle s’imposa d’être avant tout française, de n’accueillir parmi les inventions étrangères que celles qui s’étaient produites en accord avec les préférences marquées du génie national ou qui pouvaient en seconder le dévelop- ment par une assimilation rationnelle et libre. Quant au programme, il demeurait tel que M. Meier- Graefe l’avait tracé naguère dans ses écrits, lorsqu’il suppliait 1 art d’embellir l’existence et de lui constituer un cadre harmonieux.

C est le décor entier de notre vie qu’il fallait approprier aux tendances du goût et de l’esprit modernes. Dans l’aspect du home tout était à changer, à recréer, 1 objet d’usage et l’objet d’ornement, le mobilier, la tenture, le tapis, 1 appareil d’éclairage, la vaisselle, la gobeletterie, aussi bien que ces ouvrages en marbre, en métal, en émail, en céramique, dans le choix desquels se marque notre individualité et qui sont les témoins et les confidents de nos actes, de notre geste quotidien. 11 n’est pas jusqu’à la parure de la femme qui ne convoitât, elle aussi, d’être affranchie, émancipée...

IV

PREFACE

La pleine conscience de ces légitimes aspirations devait suggérer à M. Meier-Graefe la voie la plus propre à les satisfaire. Les ressources de son sentiment instinctif et de ses connaissances lui permirent tout de suite d’opérer dans la production contemporaine confuse, touffue, « le tri lucide de la postérité; » puis l’envie le gagna de faire exécuter, d’après des dessins inédits, des modèles répondant plus complètement à ses visées ; enfin une poursuite logique de ses ambitions l’induisit à ouvrir chez lui, pour chaque métier presque, un atelier spécial, placé sous l’autorité d’un artiste chez qui l’originalité se double d’une compétence technique éprouvée. De ses collaborateurs, il forma autant d’associés intéressés à la prospérité de l’entreprise commune et par surcroît il les admit à bénéficier chacun du succès de ses créations personnelles mises par l’édition à la portée de tous.

11 appartient au présent recueil de grouper le résultat de ces recherches incessantes, de récapituler l’œuvre de régénération depuis quatre années accomplie par la Maison Moderne . A coup sûr, ce n’est pas une nomen- clature complète, mais simplement un choix d’exemples; tel quel, il suffit à préciser le but tendirent tant d’activités ardentes, tant de volontés tour- mentées par le même idéal. On y peut suivre le libre épanouissement du génie moderne; aux yeux de l’avenir, il offrira un inappréciable document sur l’orien- tation de l’esthétique et le progrès des industries à l’aurore du xxe siècle.

H. Van de Velde. Partie de la façade de la Maison Moderne, au 82, rue des Petits-Champs, Paris.

L'AMEUBLEMENT

oute l’esthétique de l’ameublement peut se réduire à un principe unique :

Le meuble doit être bien fait.

Telle est l’importance essentielle de l’exécution que selon la qualité, elle compromet un modèle heureux ou magnifie la conception la plus simple.

L’inventeur a l’obligation impérieuse de s’inspirer des ressources du métier, de tendre à en favoriser un plein emploi ; la matière se charge de dicter à l’artisan les règles mêmes de son travail. On sait qu’une courbe très prononcée ne peut être inscrite dans un bois d’un seul tenant; pour unir les différentes pièces destinées à réaliser cet ondoiement, des assem- blages sont nécessaires; l’ébéniste donne la mesure de son expérience en veillant à ce que les assemblages soient placés non point au hasard du dessin, mais à des points déterminés par la construction. La question ne laisse pas d’être de grande importance, car le bois n’est pas une matière

JIMEUBLEMEWT ET DEC0J{JIT10M

morte, inerte; en dépit de sa dureté, il reste soumis à 1 action de la tempé- rature; il joue pour user du terme technique; de là, la nécessité de prévoir ce « jeu », d’amener toutes les parties à en ressentir identiquement les effets afin d’éviter la disjonction des assemblages. De pareils soins, intel- ligents et minutieux, ont assuré leur prestige aux meubles que 1 on vit paraître, sous le premier Empire, en France aussi bien qu en Angleterre la tradition de la belle structure ne s est jamais perdue. 11 avait fallu aux ébénistes de Louis XIV et de Louis XV des prodiges d ingéniosité et de science pour concilier l’exigence de la matière avec la complication du dessin; les bronzes dont se rehaussaient leurs ouvrages n intervenaient point seulement à titre de parures, mais afin de consolider et de dissimuler des assemblages difficiles; en somme, une maîtrise consommée avait abouti à

d’inégalables tours de force. Au rebours, le mobilier anglais de la bonne époque s’inter- dit les contours sinueux et l’ondoiement des formes; son intérêt lui vient de la seule qualité de la construction, et n’est-ce pas toujours un signe d’élévation de l’esprit que le recours aux plus simples moyens pour suggérer le sentiment de l’élé- gance, de la distinction et de la beauté?

Telles avaient été les voies suivies par William Morris, en- core que ses modèles de tentures, de vitraux et ses livres le montrent plus heureux que ses essais de rénovation mobilière. La vérité est que de nos jours le

h. Van d. Veide. v^ine. mobilier anglais n’a pas

JIMEUBLEMEJVT ET T>ÉC0J{AT10M 3

su éviter l’écueil de la sécheresse; puis, il le faut avouer, l’humeur française capricieuse, enjouée et libre s’accommode mal de la rigidité sévère de la ligne droite ; son joug sembla pareillement intolérable aux précurseurs belges, à van de Velde et à Horta. La facture de van de Velde rappelle, à certains égards, celle de William Morris; lui aussi réussit surtout dans les entreprises qui relèvent de la décoration plane; il s’abusa à ne pas assez compter avec la matière, à donner le pas au décor sur la construction; il se complut à des inventions tourmentées, appelées à mieux convenir au métal qu’au bois. Ce qui était chez van de Velde le résultat logique d’aptitudes naturelles spéciales, allait devenir chez ses imitateurs une parodie monstrueuse. De pareilles insanités justifièrent la révolte des gens de goût. Par bonheur il appartint à d’autres créateurs de tirer le profit de ces erreurs inhérentes à tout début, de s’en garder et de faire ainsi oeuvre valable, définitive.

On trouvera dans les reproductions qui suivent des exemples topiques d’un art nou- veau rationnellement progressiste. Leur au- teur, M. Landry, chef architecte à la Maison Moderne, fut parmi les premiers artisans de la renaissance dé- corative qui honore si grandement notre époque; en l’édifiant sur l’appropriation né- cessaire des moyens à la fin, les études d’ar- chitecture auxquelles il s’était tout d’abord livré le préparaient à plus sû- rement triompher dans cette régénération de l’ameublement ten- dait son instinct. Vous ne relèverez chez lui ni

extravagance 'd’aUCUne H. Van de Velde. Étagère et Chaise.

4

JIMEIIB LEÆEJM 7 ET T>ÉCOT\JlTJOJ\

H. Van de Velde.

Vue intérieure de la Maison Moderne.

sorte, ni prétention vaine de faire table rase du passé par parti pris, sans bénéfice aucun pour le résultat final. Lorsque la tradition nationale a pourvu quelque meuble d’une forme logique en harmonie avec sa destination d’autrefois et d’aujourd’hui, M. Landry respecte le principe constructif de l’ensemble, et son invention se dépense à varier le détail, à le pourvoir d’un attrait inédit; mais

JtMEUBLEMEW ET T>ECOT\ATJOM

5

H. Van DE VeLDE.

Vue intérieure de la Maison Moderne.

l’ornementation demeure toujours sobre, de manière à laisser prédominer tout à l’aise l’agrément de la ligne passionnément cherchée. A son avis, l’aspect de nos appartements doit offrir une certaine neutralité, constituer un milieu également approprié à la diversité de nos états d’âme. Les Belges, enclins à la surcharge, ont trop souvent méconnu cette vérité fondamentale que l’homme n’est pas

6

JlMEUBTEAiEm ET DECOCTION

H. Van de Velde. Etagère garnie de sculptures de G. Minne, Constantin Meunier et Rodin.

fait pour son habitation, mais que i habitation au contraire doit se former à l’image de l’homme. Loin de provoquer un labeur pour nos nerfs déjà trop surexcités par la vie moderne, le foyer désirable est celui qui procure à tout l’organisme la détente utile, le calme, le repos et la paix. C’est ce but que vise et qu’atteint l’art de M. Landry; il ne doit rien au caprice de la mode, rien aux artifices d’une formule arbitraire; logiquement déduit des nécessités de la convenance, il satisfait aux obligations de la raison, tout en se parant de grâce et en empruntant les séductions irrésis- tibles d’un charme à la fois robuste et doux.

H. Van DE V ELDE.

Etagère garnie d’objets édités par la Maison Moderne.

Store en soie découpée

JlMEllBLEMEMT ET DÉCOT^ATJO'N

Abel LANDRY

Décor de fenêtre Application de broderie

Abel LANDRY

Abel LANDRY

Store avec broderie.

Abel LANDRY

Tapis d escalier

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY Intérieur d’un Magasin de Nouveautés pour Dames.

(Appareils d’éclairage de Van de Velde)

AMEUBLEMENT ET DECOJ{ATJON

n

Abel LANDRY

(Appareils d’éclairage de Van de Velde)

Grand Bureau cintré

Abel LANDRY Bureau n3

Longueur i'ôo, largeur o"'85 Le devant et le dos sont indentiques, avec faux-tiroirs dans le dos

Tauteuil 68 garni de cuir ciselé et teint

AIÆEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

..... __

Bureau 214

avec vitrail américain Longueur o"'98, largeur o”'6o

Maurice BIAIS

Bureau 2û5

côtes garnis de verre américain Longueur i"‘65, largeur o’"85 hauteur o"’93

AMEUBLEMENT ET DECORATION

j5

Abel LANDRY

avec

Petit Bureau de dame ri’ 2/5 secrétaire et petite [bibliothèque [tournante

Abel LANDRY Bureau 201

garni verre américain Longueur im25, largeur om65

i6

AMEUBLEMENT ET DÉC OVATION

Abel LANDRY Fauteuil flâneuse n" ar3

Orné de sculpture

garni de peau d’antilope avec application de soie

Abel LANDRY 'Fauteuil de bureau 72

En hêtre sculpté dessus cuir incisé et teint

Maurice BIAIS Fauteuil renversé 35

Bois acajou ou noyer d'Amérique garni de cuir ciselé et teint

Abel LANDRY

Fauteuil confortable 66 couvert cuir incisé et teint

AMEUBLEMENT ET BECOJ^ATION

n

Abel LANDRY Chaise de salle à manger 56 couverte en cuir cisele et teint

Abel LANDRY Chaise 6

garnie de velours

Abel LANDRY Chaise de toilette 48

en sycomore blanc verni, garni de soie jaune

Abel LANDRY

Tauteuil confortable ti° 46

3

20

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

Table à thé 3u dessus gainé en batik sous glace.

Longueur om65 largeur om40

Abel LANDRY

Table à thé n 3/6 Le dessus décoré de carreaux en grés flammé, monture en bronze argenté, frotté or

Cabochons en émail

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

Petite table n 3o8 Le dessus garni de carreaux céramique de Dalpayrat

Abel LANDRY

Table à thé 322 Hauteur i m. Longueur om85.

Largeur om55. Les deux tablettes de haut avec panneaux de glace.

22

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

Salle à manger Buffet 6i5

Table à rallonges 320 (i“io, im3o) Chaises 5 y

AMEUBLEMENT ET DECORATION

23

Bujfet 6i5

Hauteur î”20, largeur i"’8o, profondeur 'om5 5 Panneaux en étain repoussé au marteau sur les portes

Abel LANDRY

2 4

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel

LANDRY

Toilette 5 04

sculptée, ornée de carreaux en grès flammé, monture en bronze frotté or, abat-jour et boutons de tiroirs en émail flammé

G. LEMMEN

Carpette, longueur imyo, largeur o'"88

AMEUBLEMENT ET DECORATION

25

Maurice DUFRÈNE

Abel LANDRY Toilette n ' 5o4, vue de face

Avec service et flacons de Maurice DUFRÈNE

Tapis

4

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

Table à coiffer 5 07

avec marqueterie ivoire et étain Longueur £>"'67, largeur o"’42

Abel LANDRY

Grand Tit en érable gris, avec incrustations étain

AMEUBLEMENT ET DECORATION

27

Abel LANDRY

Table 3io

Abel LANDRY

Grand 1 al en sycomore verni blanc, avec incrustations etain

AMEUBLEMENT ET DECORATION

29

Abel LANDRY

Table à coiffer 5o6 Longueur omc)5, largeur om65 Les 3 glaces forment psyché

Abel LANDRY Lit 804, Largeur imyo, longueur 2mi5

Table de nuit Ô2y (on'43 dans chaque sens) Chaise 4

Abel LANDRY Table de toilette Soi (Fermée)

3l

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

Cheminée

en bois et cuivre repoussé surmontée

de 2 petites armoires et glace

Abel LANDRY

Banquette

AMEUBLEMENT ET DECORATION

33

Abel LANDRY Cheminée en bois sculpté

et vitraux décoratifs

P. FOLLOT

Garniture de cheminée en bronze

h

AMEUBLEMENT ET DECORATION

Abel LANDRY

"Ecran J02

en bois, fer forgé et vitrail

Abel LANDRY Armoire 626

Les portes garnies de vitraux Hauteur 1 m6y, largeur 2m, profondeur o"'5o

AMEUBLEMENT ET DECORATION

35

Abel LANDRY

Vitrail

Feux AUBERT et Tony SELMERSHE1M

A BEL LANDRY

Grand Paravent 70/ £crd„ jo5

surmonté de glaces

Hauteur totale im6o surmonté de tablettes, vitrail

LES OBJETS EM MÉTJIL

'on ne pouvait me faire plus grand plaisir qu’en m’invitant à écrire la pré- face d’une des parties de cet ouvrage. 1 1 est un document commerçai : or, je suis convaincu depuis longtemps que le rang artistique des objets usuels d’une part, le goût du public de l’autre, ne s’élèveront qu’en vertu de mobiles commerciaux. L’industriel qui produira et le négociant qui répandra ne fût-ce qu’une demi-douzaine de jolies pièces, composées par de vrais artistes, au prix d’autres inondent le marché des mauvaises, feront plus de bonne besogne que toutes les écoles, tous les musées et toutes les revues

d’art décoratif réunis.

La multiplication des moyens d’instruction artistique pousse les medio- crités en masse vers l’art et développe leur savoir-faire de manœuvres appliques ; elle ne fait pas naître les talents, qui seuls produisent le beau. Ceci est une face de la question. L’artiste de talent, livré à lui-même, ne peut résoudre le problème économique de l’affectation de ses dons au bien de tous. Cela est 1 autre ace. Conséquence : tout ce qui se fait ne servira qu’à garnir les musées de quelques pièces de plus, et donner au public des objets banaux d’une autre banalité, laids d’une autre laideur qu’auparavant. On tournera dans ce cercle jusqu au jour ou l’industriel demandera le dessin de l’article commercial au bon artiste, rien qu au bon artiste, et le bon artiste trouvera profit et honneur à composer 1 article

commercial, rien que l’article commercial.

Telles sont les raisons pour lesquelles je me félicite de contribuer, pour

une part si modeste qu’elle soit, à faire apprécier la première peut être es ten

, , x^ntative honorable déjà, et féconde dans

tatives résolument dirigées en ce sens. 1 entât j

l’avenir. f , . ,

A quels résultats doit conduire l’initiative prise par la maison dont cet

ouvrage expose les recherches, un seul exemple le montrera. Considérez la

Il

LES OBJETS EJ\ MET AL

lampe à pétrole composée par M. Maurice Dufrène et représentée plus loin, page 17. Faut-il faire ressortir la différence profonde entre cet objet dun goût si pur, dune tenue si correcte, d une distinction si absolue, et les fastidieuses banalités répandues par l’industrie dite du « bronze d’art » quel art ! Ce serait faire injure au lecteur. Mais je peux l’inviter à rassembler ses souvenirs des musées, et lui demander s’il y retrouve l’image d’un objet d’une valeur artistique plus haute que celui-là. N’y sentez-vous pas, dites, un souffle de 1 élégance se haussant au sublime, par laquelle la Grèce se rendit immortelle ?

11 y a dix ans, cinq ans, deux ans, un objet de ce rang, péniblement exécuté par les soins directs de 1 artiste, serait resté pièce unique ; il aurait valu son poids d’or. Par l’intervention de l 'industriel-commerçant, on peut l’acheter aujourd hui au prix du premier venu des objets représentatifs au même degré.

A côté de cette œuvre excellente, d’autres objets représentés dans les pages qui suivent peuvent faire bonne figure. S’il en est quelques-uns d’im- parfaits, on pensera que dans la nouveauté de l’entreprise, dans ses côtés si multiples, mille difficultés sont à vaincre, et que l’ensemble est d’ailleurs dix fois supérieur en valeur d art à ce que le commerce nous a présenté jusqu’ici.

Il est vrai que les industries qui travaillent les métaux comptent parmi celles qui nous ont le moins gâté. L industrie des bronzes, en particulier, reste figée dans une collection de modèles déplorables, l’absence des lignes,

1 insignifiance des formes, les contre-sens de toute espèce se dissimulent sous le fouillis d ornements d une écœurante banalité. L enorme valeur matérielle de ces modèles, dont l’abandon représenterait pour les fabricants la perte d’une fortune, et un obstacle insurmontable au progrès immédiat. On ne pourrait les renou- veler qu avec le temps. En fait, 1 art vrai n entrera dans cette grande branche de l’industrie française que par les nouveaux venus.

Beaucoup d’industries du métal, florissantes ailleurs et dont on devrait attendre des productions variées et charmantes existent à peine en France. Notre sol est pauvre en minerais métalliques \ le cuivre, l’étain ne nous sont pas échus en partage. Aussi le moyen-âge n a pas vu se former en France, comme en Allemagne, ces centres tout une population d’artisans s’adonnait à la chau- dronnerie, au repoussage du cuivre, à la fusion de 1 étain. L’universalité de l’in- dustrie moderne n’a pas encore réparé cette lacune ; le travail du repoussage du cuivre, notamment, est resté à peu près négligé. 11 est à souhaiter qu’aujour- d’hui que les matières premières et la main-d’œuvre experte émigrent d’un pays à l’autre si facilement, on voie cette industrie se développer chez nous. Elle fournirait une ressource précieuse aux arts de l’intérieur.

111

TES OBJETS EM MET AT

Cela viendra peut-être. Cependant l’industrie du bronze ciselé après fusion dans le moule restera celle l’adresse délicate de l’ouvrier français trouve son meilleur emploi. Mais quel travail à accomplir par une industrie organisée sur des lignes nouvelles, pour substituer l’art à tant de choses détestables qui en usurpent le nom ! Aussi, sachons gré aux hommes dont l’audace entreprend cette tâche difficile. Leur œuvre industrielle, c’est l’avenir de l’art. Que personne ne leur marchande l’encouragement, l’éloge pour leurs succès, ni l’indulgence pour les défaillances qui peuvent les surprendre çà et sur la route, car personne n’est infaillible ici-bas.

G.-M. JACQUES

OBJETS EM METAL

i

Maurice DUFRÈNE

Plateau en cuivre ciselé i585- 1 fond en bois, longueur om55.

Coupe à cartes de visite en cuivre repoussé, pieds ciselés,

hauteur omic).

Maurice DUFRÈNE

65-i

6

2

OBJETS EM METAL

Porte-boîte d' allumettes y3o~) Hauteur omi 2

GURSCHNER

Garniture de bureau en bronze ciselé décor en verni jaune

Bougeoir 720-1 Hauteur o"‘3o

Cendrier 72 3- 1 Longueur o"'i4

Porte-allumettes 722-1 Hauteur omi5

"Encrier et Plumier 719-1 Longueur o"'3o

r—

OBJETS EN METAL

1597-1 diamètre om^3

N" 1 596-1 diamètre o"'^3

Maurice

DUFRÈNE

Paris

Plats décoratifs en cuivre repousse fonds argentés décor patiné

4

OBJETS EN METAL

Glace à main i5i6- i, longueur o'"k), en bronze patiné et incrustations d’émail

OLIVIER

3947-1, hauteur o'"2 2.

SCHLES1NGER

N' 3948-1, hauteur o"2 2.

Glaces à main, en cuivre ciselé et argenté

6

OBJETS EN METAL

Clément MÈRE Miroir 3418-1

cadre en cuivre ciselé et patiné Hauteur om55, largeur o"'40

Maurice DUFRÈNE Cachepot i5y6-\ en cuivre tourné, anses en cuivre ciselé Hauteur om45

8

APPAREILS T>ECLAJT{AGE

Abel LANDRY Candélabre électrique ti° ib58-\, hauteur o"5o

en bronze ciselé et argenté, abat-jour incrustés d’émail translucide

Abel LANDRY Lampe électrique cuivre ciselé et argenté.

Pied ajouré. Abat-jour en cristal aigue marine N" i56o-i Hauteur om6o Abat-jour compris

APPAREILS D'ECLAIRAGE

Lampe électrique (3 lumières) étain argenté, abat-jour en soie 1892-1 Hauteur o"'6o Abat-jour compris

12

APPAREILS D'ECLAIRAGE

Maurice DUFRÈNE Lampe électrique (3 lumières) iboi-\ Hauteur o"'65 en bronze patiné et ciselé Abat-jour cristal aigue marine

APPAREILS D’ÉCLAJJiAGE

14

Maurice DUFRÈNE Lampe à pétrole io58-\ cuivre poli, abat-jour cuivre poli et soie verte

Hauteur

Abat-jour compris

Maurice DUFRÈNE Lampe à pétrole ti° i5ç><)-i cuivre repoussé et argenté mat Hauteur o"'3 i

67-1

Lampe à pétrole pied en étain argenté

APPJIJ{EJLS T>ECLÆT{AGE

Lampes entièrement [ en émail flammé sur cuivre, abat-jour cuivre patiné et soie. Hauteur o"5o Abat-jour compris

66-1

Réservoir en émail flammé sur cuivre

1889-1, hauteur sans abat-jour on'44

APPAREILS D’ÉCLÆJ{AGE

EMAUX FLAMMES

j8

1 5-i , hauteur o"'i3

N” 14-1, hauteur omi3

"Emaux flammés sur cuivre par 7.-7. T^APOPOPl

Montures en

argent ciselé et doré d'après dessins de M. DUFRENE

i-i, hauteur orai5

19-J, hauteur o”20

EMAUX TLAMMES

* 9

' Encrier 11-1, diamètre o"'i3

Encrier 55-i, diamètre om20

Emaux flammés sur cuivre par J. -J. RAPOPORT Budapest) Médaille d’argent Exposition de 1900

a 3-i

hauteur om2 3

Montures en argent ciselé et doré d’après les dessins de M. DUFRÈNE Paris) ^Exposition de Glascow 1901

24-1 hauteur omic)

1 3-i, hauteur omi7

3-i, hauteur o”i2

ÉMAUX FLJIMMÉS

0i

54-i, diamètre o"'20

62-1, diamètre o"'\j

11-1, diamètre o"'n Encriers

en émail flammé sur cuivre par RAPOPORT montures en argent

64-1, hauteur om2 5 N’ 61-1, hauteur om2 5 N" 19-1, hauteur o"'2 i

Vases

en émail flammé sur cuivre

montures en argent

par M. DUFRÈNE et M. BIAIS

OBJETS EJS1 METAL

Coupe en émail flammé 65- 1 par RAPOPORT Monture en cuivre ciselé et argenté par Paul FOLLOT Musée de Zurich Hauteur o"n

Maurice DUFRÈNE Boite à poudre i5c>i-i en cuivre repoussé et argenté, hauteur omc)5

Paul FOLLOT

Paul FOLLOT Cendrier 1080-1

en bronze argenté avec pierre turquoise, diam. o'"i 2

Glace à main ioj2-\, longueur on’2 8 cuivre ciselé et doré, avec turquoise

m u

LA

SCULPTURE

es premiers efforts en vue de briser la routine dans l’ornementation intérieure et extérieure de nos maisons et d’apporter un peu d’art dans notre vie familière sont dûs à des sculpteurs. C’est Alexandre Charpentier, c’est Desbois, c’est Baffier, c’est Pierre Roche que nous trouvons au début de la renaissance décorative.

N’était-ce point logique d’ailleurs? Et la majeure partie de l’art appliqué

n’est-elle point sculpture ?

Depuis, avec l’importance grandissante du mouvement, quelques ouvriers de la première heure et d’autres venus des différentes branches de l’art, se sont spécialisés dans une voie qui absorbait non tout leur amour, mais du moins toute leur activité.

Quelques sculpteurs, à côté de ces transfuges de la section des

Objets d’Art, tout en domaine exclusif de que la figure ou que à une dimension qui et faciles à placer vaient devenir des décoration inté-

C’est ainsi que dans ces dernières petits sujets qui ne tions de grandes ments destinés à la conçus pour un de véritables bibelots ment exécutés dans restreintes.

La vision, donc œuvre exécutée dans

Constantin MEUNIER T^elief en grès flammé de DALPAYRAT Hauteur o"’52

demeurant dans le la statuaire, ont pensé le groupe, ramenés les rendît maniables sur un meuble, pou- motifs heureux de rieure.

nous avons vu éclore années une série de sont plus des réduc- figures, de monu- place publique ou large espace , mais d’art intentionnelle- des proportions

le métier, d’une ces conditions, sont tout différents de la vision et du métier que réclame une grande composition. A cause de cela, les réductions vendues par les fondeurs réputés ne charment plus autant qu’autrefois. Le public s’aperçoit de plus en plus qu’elles sont

» LA SCULPTlüiE

moins faites pour s’allier à l’esprit de nos intérieurs modernes que les délicates figurines d’un Vallgten, d’un Dejean, d’un Félix Voulot ou d’un Léonard.

Ce qu’il y a de plus caractéristique dans cette sculpture moderne, c’est l’influence qu’ont eu sur elle certains peintres comme Eugène Carrière, Besnard ou Degas. Influence réciproque d’ailleurs, car si l’on peut dire que Rodin est coloriste comme un peintre, il faut ajouter que Carrière peint comme un sculpteur. La vérité est que la science du modelé est la même dans les deux arts. On 1 avait trop oublié. Quelques maîtres modernes se sont rencontrés à redécouvrir la vérité en remontant aux eaux vives de la tradition et en oubliant volontairement 1 enseignement abatardi de l’Ecole qui se réclame du Passé en le dénaturant.

L art du sculpteur a précéder celui du peintre. C’est un art plus direct et d’émotion moins compliquée je ne dis pas moins complète. lia long- temps prépondéré sur celui du peintre et le souvenir de Donatello revit dans toute la peinture de la renaissance italienne.

Au contraire, au fur et à mesure qu’on s’approche de notre époque de compréhension multiple et d’hyperesthésie, c’est la tache des grands peintres, Rubens et Rembrandt que l’on voit se magnifier dans la statuaire.

De cette double et quasi -contradictoire tendance sont nées deux façons de concevoir l’art de modeler les formes. Les uns s’adonnent à une sculpture monumentale, décorative avant d’être psychologue ; les autres à la joie du morceau vibrant de clartés distribuées par un modelé savant. D’un côté, les « grandes machines » des Salons officiels, douteux symboles, banales conceptions qui ne comptent que par leur volume, à l’exception de quelques rares oeuvres dignes d’orner les places publiques. D’autre part, la sculpture de petit format beaucoup plus intéressante parce qu elle est la production naturelle de notre époque, l’agrément adéquat à notre home.

Rodin, ce génie si simple et si profond, s’est montré également prestigieux aussi bien lorsqu’il a entrepris des oeuvres monumentales que lorsqu’il s’est amoureusement attardé sur des bibelots d’étagère.

Constantin Meunier, inspiré par les motifs et par la ligne de Millet, ce peintre dont les admirables dessins sont de la sculpture écrite, s’est montré le chantre dramatique du travail rude et de la misère humaine et a créé parfois des oeuvres dont la dimension permet de les placer sur l’ameublement ou de les accrocher à la muraille.

A ces deux noms, les plus grands de la sculpture contemporaine, il faut en ajouter quelques autres, en sus des artistes que j’ai déjà nommés plus haut.

M"e Claudel et M. Bourdelle, d’une puissante individualité, ont déjà pro- duit des oeuvres maîtresses ; George Minne, sincère, nerveux et triste, est

111

EA SCULPTURE

retourné au vieil idéal de sa patrie flamande et, sans craindre d’être regardé comme un archaïste, il puise dans cette source inépuisable de l’art décoratif moderne : l’art gothique; Dampt, travailleur consciencieux et ardent, monnaye sa passion du beau en des œuvres d’un pur métier ; Desbois, plein de mesure et d’élégance est toujours aimable et habile ; le prince Bojidar Karageorgewitch nous apporte une vision intense et pathétique ; puis cc sont Fix-.M.asseau, Hans Lerche, Pierre Granet, Spicer-Simson, Fortiny, Milles, cher- cheurs et subtils; Henri Cros, aux pâtes de verre si captivantes; Bernard Hoetger, tantôt tragique et heurté, tantôt féminin, toujours attendrissant ; Théodore Rivière, expressif et typique ; Betlen, étrange ; Gurschner, émou- vant ; James Vibert, lourd et savoureux; Christian Erikson, Gagna, Albert Marque, Ernest Wittmann, André d’Houdain, Alix Marquet, ingénieux et adroits ; d’autres encore comme Raoul Larché, Descomps, Labatut, Charles Jacquot, William Pécou, Victor Peter, Maurice Bouval, intéressants à divers titres... et j’en oublie..

C’est parmi cette riche pléiade d’artistes épris de rêve personnel et neuf que La Maison Moderne a choisi ses collaborateurs, poursuivant ici comme dans toutes les branches de l’activité artistique, son même désir de grouper les éléments d’une production nouvelle. Le facteur pratique qu elle recherche est un peu en dehors de la nature de ces œuvres, mais il n’est que juste de montrer en dehors des objets qui servent principalement l’utilité, les imaginations repo- santes de l’esprit.

Yvanhoé RAMBOSSON

9

LA SCULPTURE

3

FORT1NY

La T^êveuse, 2162-111 Hauteur o'"ic)

FORT1NY

: : . ; : , ' > . : . ' ....J “ïrik.M

^resse-papiers en marbre sculpté et teint ri 1 258— 111

l J ,-v (4-/7 1 r v* /— * n 1 Y* r“\ 1 O

LA SCULPTURE

7

B. HOETGER. Lo'ie Tuller, Bronze 3425-m, hauteur om25

L'Enfant Bronzes de

Bronze 3419-1, hauteur o"'2 2 B. HOETGER

L'Enfant au Cerceau Bronze 3417-111, hauteur omi8

10

12

LJl SCULPTURE

Petite lampe électrique, ic)5i-u hauteur o"’32, lampe comprise

Encrier, 1948-1, diamètre o"'i7 Plumier, 1949-1, longueur o"'3o

BURGER HARTMAN. Bronzes patines Médaille d’or. Exposition de 1 900

H

LJl SCULPTURE

Cachet, [;z° ji5-\ hauteur omi 1

Cachet, yi 6-1

buste bronze argenté avec socle bronze hauteur o'"i9 cachet seul o"'i i

Cachet, y24~\ hauteur o"’o8

Coipe, y2i-\, ornée d’un grenat 'Vide-poches, yi5-\

longueur o'"2 i hauteur o"’o9

GURSCHNER, bronzes

LA SCULPTURE

i5

Sonnette, ti" 647-1 hauteur omi 7

Sucrier ou pot à tabac, 649-1 hauteur o"’ 1 4

Petit Groupe, 648-1 hauteur o”n

Bronzes d'Alexandre CHARPENTIER

Le Penseur, 684-1

Bronze cI'Alexandre CHARPENTIER, sur un encrier de Maurice DUFRÈNE en grès flamme de DALPAYRAT, hauteur o'"i2, longueur om26

1 1

LA SCULPTURE

Petits bronzes de j. BETLEN

E'HO'HJ.OGE'RJE

ifficile problème est le fonctionnement d’une horloge qui fut réalisé, dit-on, pour la première fois au xe siècle par le moine Gerbertqui, plus tard, devint pape sous le nom de Sylvestre 1 1 , et c’est à lui qu’on attribue aujourd’hui l’invention du mécanisme à échappement. La science de l’horlogerie date de cette époque, et c’est en Allemagne que les meilleurs perfectionnements furent apportés aux premiers mécanismes. Bientôt Charles V appela d’Allemagne à Paris Henri le Vie et lui demanda l’installation de l’horloge du Palais, et tous les beffrois des villes, les donjons des châteaux furent dotés de cadrans sonnant les heures.

Huyghens perfectionna le mécanisme. Boulle apporta l’ornementation extérieure qui reste la marque caractéristique de son genre. D’horizontales, les horloges devinrent verticales, et le nouveau style créé par Mansart, R. de Gotte et G. Boffrand modifiait l’aspect des appartements et des cheminées surmontées de pendules.

Cette transformation faisait entrer l’ameublement dans une voie nouvelle, et depuis lors la science de l’intérieur, avec ses variations de goût, de mode et de milieux, prenait surtout en France une extension toujours croissante. On peut, en visitant de grands ateliers d’art, comme la Maison Moderne , se rendre compte aisément que cette science est aujourd’hui à son apogée.

Les horlogers, sous François 1er, furent assimilés aux orfèvres. Ils étaient des artistes et le sont restés. Ceux d’aujourd’hui travaillent avec une égale per- fection, soit qu’ils s’appliquent en bons ouvriers à l’invention ou à la confection de mécanismes précis, soit qu’ils s’adonnent, en sûrs ciseleurs, à l’ornementation délicate et gracieuse de la gaine qui doit envelopper les frêles rouages et servir à l’ornement de nos salons. Tout cela, certes, est un mélange de science et d’art à la fois complexe et charmant.

La pendule avait, dans le salon de l’ancien régime, une place importante et déterminée. Pas bien utile, et cependant indispensable, elle ornait, avec les deux candélabres de même style, la cheminée pompeuse de la bourgeoisie. Boulle avait trouvé pour l’aristocratie de l’époque une expression très heureuse de ce besoin d’apparat et imaginé l’incrustation des matières précieuses ; les montures en bronze doré triomphaient dans ces pièces énormes qui, sur des socles magistraux, ornaient le côté principal de la salle et appartenaient presque à l’architecture. C’était assurément très beau, mais lorsque finissait cette fertile époque de l’art français et que la décadence des métiers transformait la plupart des industries, on essayait de produire beaucoup et à bon marché, tout en gardant une apparence

]]

VHOJiLOGEJÏIE

de luxe; il en fut de l’ameublement comme de tous les objets de la nouvelle industrie, et pendules ou montres foisonnèrent; la quantité s’exerça au détriment de la qualité.

Une réaction se produit heureusement de nos jours ; et dans tous les métiers un souffle de vie artistique a rénové l’industrie : il n’y a plus, pour ainsi dire, d’industrie sans art. Quand il s’agit de la pendule, ce sont les artistes de la Maison Moderne qui serviront comme interprètes du bon goût et de l’originalité. Dufrène et Landry ont trouvé des formes qui harmonisent à ravir la pendule avec le mobilier moderne. Dufrène commençait avec des formes simples dont le charme consistait dans la gracieuseté de la ligne, dans l’exécution parfaite, dans le choix d’un joli bois qu’il excelle à orner par des incrustations de bronze, doré ou argenté. Le succès de ces trouvailles lui faisait risquer la tentative d’une pendule en bronze qui figurait au dernier Salon et pour laquelle le sculpteur Voulot composait un groupe ravissant, Ea Danse , symbolisant la suite des heures. C’était un grand succès et plusieurs musées achetaient cette œuvre remarquable.

Abel Landry trouvait de son côté dans l’application du cuir un excellent moyen d’orner la pendule. Les teintes raffinées du cuir se mariant à merveille avec les tons de bois doré, cette pendule, tout en montrant des formes nouvelles, serait encore à sa place dans un intérieur de style ancien tant sa richesse et son harmonie restent parfaites.

On peut dire de la pendule qu’elle est de tous les milieux et de tous les pays. Depuis la vieille horloge qui, lente et grave, se balance au rez-de- chaussée des masures bretonnes, jusqu’à l’adorable petit bibelot si délicat qui surmonte la cheminée, encombrée de riens futiles et délicieux en un salon très moderne, depuis le coucou provincial jusqu’à la pendulette d’étagère parisienne, cet objet, tour à tour sévère et gracieux, inutile et nécessaire, appartient si intimement à la maison, au foyer, à l’intérieur, qu’il y apparaît comme le symbole de la vie et de l’activité.

La pendule sonne les heures ; son tic-tac monotone, durant les nuits d’insomnie et de rêve mélancolique, berce notre imagination et l’endort. C’est quelque chose de charmant, qui est quelquefois très triste ; c’est notre heure qui court ; c’est notre vie. La pendule doit être partout.

F. Raoul AUBRY

L’HOJ{LOGEJ{JE

3

Maurice DUFRÈNE

Pendule, 225- iv Bois sculpté

Applications de métal doré Flauteur o"'38

LA MAT{QllETBT{TE

5

Clément MÈRE

Cadre pour photographie, avec glace, jo32- iv Marqueterie et incrustations de nacre et d’étain Largeur du haut om55, largeur du bas om65 Hauteur o"'^3, ouverture om35 sur om2 0

Cadres en marqueterie de Maurice DU FRÊNE

N" 141 -iv, ouverture o"'o6 sur o'oq.

J43-1V, ouverture o"'09 sur omi8. J42-IV, ouverture omo6 sur om09.

H

6

LA MAJ{QUETEJ{m

Plateau bois sculpté panneau marqueterie

Boîte

en palissandre, dessus marqueterie tiroirs

pour 5o cigares

M. DUFRÈNE

A“ 378- IV Longueur o"‘47

F. WALDRAFF

A" i47i- iv Longueur o"'35 largeur o"’ao hauteur o"'i 2

Plateau

amaranthe

sculptée

M. DUFRÈNE

A” 38o- iv Longueur o"’4.3

8

LJl MJUIQUETEJ^IE

Abel LANDRY

Glace, i5oi- iv bois sculpté Hauteur o”’35

Maurice DUFRÈNE

Glace à main, 1047-iv

vue au verso. Marqueterie sur les 2 faces

Hauteur om20 environ

IJl Mjn{0QinWET{1E

est une caractéristique des plus nettes de l’évolution actuelle de 1 art

pjjj ornemental que la renaissance du cuir d art, en ses emplois nouveaux, S| fréquents, multiples. L’esthétique du cuir d’art, telle qu elle resuite WM\ des travaux de récents décorateurs, est des plus révélatrices sur les tendances du style moderne, de ce style qui maintenant ayant franchi les tâton- nements obligés, s’affirme et se précise, en des lignes principales désormais analogues pour toute industrie d’art.

L’usage de décorer et d’historier le cuir date de plusieurs siècles; les antiques cordouaneries ont paré de tons chauds et de reliefs d'or les parois des hautes salles des vieux châteaux, et le temps a donné aux pièces qui nous ont été conservées une patine merveilleuse. Mais utilisé seulement en tentures, en surfaces roides et tendues, sous cette ornementation et cette coloration, 1 or joue souvent un rôle si considérable qu’on croirait à des reliefs bruns ou clairs, sur fond d’or, le cuir perdait de ses qualités, et une essentielle, la souplesse. 11 ne trouvait pas davantage l’extériorisation de cette qualité, dans ce qui fut, outre les tentures murales, le principal emploi du cuir aux siècles passes, dans les reliures. Dans cet art, qui fut surtout l'apanage d’artistes français, même en mettant à part la reliure janséniste de Dusseuil, noir et or, malgré quelques habiles et ingénieuses et éclatantes mosaïques de couleurs vives, c est encore, chez Grolier, par exemple, la dorure avec ses applications menues et détaillées qui est le principal élément de décoration. Néanmoins, malgré les faiblesses esthétiques, malgré l’exiguité des ingéniosités décoratives et des recherches de polychromie, c’est encore dans la reliure qu'il faut voir, la maintenance pour ainsi dire, de l’art du cuir.

Ce furent encore des Français qui élargirent la technique et les ambitions de la reliure, et Marius Michel, exécutant d’un goût sobre et hardi, abolit le

11 LA MAJ{OQlWVEJ{JE

vieux décor immuable, au moins si peu varié et fit oeuvre personnelle. L’Angle- terre offrait les efforts heureux de Cobden Sanders on, l’ami de William Morris

qui, par les beaux revêtements des livres de la Kelmscott Press donnait le meilleur exemple.

En 1895, M. Meier-Graefe réunit à « l’Art nouveau », avec le concours d un elite de bibliophile, les meilleurs états de l’évolution nouvelle de la reliure, et les preuves les plus belles de son intérêt. ]] mettait à même de juger et de résumer la question. C’était, pour la décoration, l’acceptation en somme des ten- dances picturales actuelles, le goût des colorations claires, fraîches, éclatantes et meme violentes. En surplus, esthétiquement, les décorateurs s’enhardissaient à deiaisser le motif ornemental, la variation sur les lignes et les volutes pour tenter a transcription du livre par une sorte de tableau à figures et paysages se dérou- ant sur les deux parois du livre. Techniquement on procédait surtout par la juxtaposition en mosaïque, de larges surfaces colorées. M. Van de Velde donna avec ce procédé de belles œuvres, M. Victor Prouvé, M. Wiener attaquaient avec succès la transcription des idées fondamentales du livre, de sa couleur fon- damentale, ou la figuration de ses personnages typiques. Flaubert et Baudelaire furent ainsi traités, et non sans beauté. C était aussi, dans cette reliure actuelle, les efforts de M”' Vaigreen, de M. Meunier, etc... Mais si intéressants que ,ussent ces travaux, le travail d’art du cuir, l’incision du décor ornemental et de a polychromie était réduite à la reliure d'amateur. Ajoutons que dans ces mo- saïques du cuir, les polychromies étaient parfois un peu violemment contrastées.

t Mais le plus fâcheux était que l’industrie 11e participait en rien à ce mouve- ment, et ressaissait sans relâche les vieux modèles. A peine, au hasard, sans lien ogique, par exception, les magasins de la rue de la Paix mettaient parfois, en vitrine, d ingénieuses créations d’artistes, et les étiquetaient sous la rubrique curiosités. Un mouvement, une diffusion de l’industrie viennoise était venus revenler les maroquiniers, mais sans les décider à rechercher des gammes fran- chement neuves, à leur production, et il faut bien constater que ce que les magasins les plus beaux et les plus à la mode, offraient à leur clientèle, en matière

de maroquinerie, sinon artistique, au moins élégante, provenait de l'importation étrangère.

Il y a environ un an, la Maison Moderne installa un atelier de cuirs d’art, on but était de continuer le mouvement français si brillant en reliure, de l’étendre, de élargir, presque de le généraliser en utilisant l’aptitude et le goût des décora- teurs français. La partie technique de l’entreprise fut confiée à un très habile pra- ticien, en surplus décorateur de talent, M. Jolly, ancien professeur à l’Ecole uerm, qu une longue étude de la question destinait à faire aboutir l'effort tenté.

' était aise d’orienter dans cette recherche un artiste des plus doués, maître d’une

LJ{ M./U{OQlW\EJ{JE

ni

décoration légère, subtile et élégante, M. Maurice Dufrène, dont les cartons et les modèles d’orfèvrerie offraient de souples et belles qualités d’invention et de mesure. M. Maurice Dufrène apportait à l’art décoratif des éléments d’ingé- niosité neuve, apparentés à la plus sobre et à la plus française des traditions. Ce sont dans de graciles volutes, d’une élégance fière et déliée, des stylisations de fleurs et de fruits, ce sont des iris, des feuilles qui participent de la feuille du nénuphar ou de celle de la capucine, des gueules de loup, des châtaignes dont la coque éclate, le tout émanant de fonds dégradés avec un grand art de la nuance, avec le souci de laisser intact le caractère de la matière, d’en laisser deviner la substance souple et les délicatesses. Auprès de M. Dufrène, M. Moreau- Gautier groupait un peu hiératiquement, des arbustes paradoxaux qu’on dirait faits de myosotis (feuilles et fleurs).

M. Biais inscrivit sur le cuir des porte-cartes, des marines schématiques ; ou l’allure amusante et gauche d’un bébé ; M. Waldraff donnait plus de corps, de solidité, et aussi un peu plus de massivité à sa décoration, étendait sur le cou- vercîed’unebolte,une fumeuse très moderne, sous son casque de cheveuxviolents, dorés, contrastant avec sa sombre robe aubergine. Et les artistes de la Maison Moderne atteignaient la réalisation de toutes les pièces, depuis de longues et larges boîtes ou les fleurs stylisées de M. Dufrène, mettaient l’élégance de leurs lignes onduleuses et la distinction de leurs couleurs frêles, jusqu’à des porte- monnaie simplement sigillés d’un papillon. M. Jolly fournissait aussi de très légers modèles, d’une élégance comme cursive, avec des gris d’une infinie finesse, autour de sobres morceaux éclatants. Boîtes, porte-monnaie, porte-feuilles, liseuses, toutes les applications de la maroquinerie, sont tentées là; et de plus des conquêtes sur les terrains voisins : on a exécuté des manches d’ombrelles qui rivalisent d’éclat avec les céramiques, on a gravé des ceintures, on a incisé des pantoufles, selon la mode mauresque, mais en style français ; on décore le revers du veston de nos chauffeuses.

Des tentures murales exécutées sur des dessins de Grasset et de Félix Aubert, de Tony Selmersheim dont une arabesque fut des plus heureuses, apportent à cette branche d’art des éléments nouveaux, et le style du cuir d’art décore des chaises, des meubles.

Î1 se dégage qu’il faut, pour que le cuir s’y adapte et le rende bien, un dessin sans formes trop massives, un dessin presque graphique, n’exagérant pas les reliefs, n’affectant pas les formes trop rondes, qui sortent comme de gros bou- tons. Le relief ornemental doit être sobre et ramené au plan ordinaire par une graduation, de même que la couleur des ornements doit être graduée avec le fond. Pour ces fonds, les décorateurs de la Maison Moderne ont tenté surtout de réaliser, avec le cuir, les tons raffinés et les passages fondus d’un ton à un autre

IV

LA ÆAT{OQlimET{JE

qu’a réalisés la technique du grès. Le principe de ce traitement du cuir est, de laisser à la matière sa nature, de donner les éclats de couleurs qui plaisent à l’oeil du moderne, sans la peinture mais avec la teinture qui ménage le grain du cuir et permet une solidité des tons.

Ce n’est que ce procédé de teinture, d’acidulisation des cuirs, de semis successifs de couleurs, (analogue à un certain pointillisme) qui permet, ayant recours aux moyens les plus variés de la chimie moderne, d’atteindre ces dégradés de tons, ces effets inattendus, ces surprises de l’oeil qui donnent le grès, et aussi cette discrétion dans l’éclat faite de graduations ingénieuses du ton, qui peut plaire à l’œil, par sa nuance, sans aucune espèce d’ornementation. Hors les pro- cédés chimiques, c’est à cet atelier d’ Art nouveau l’outillage le plus simple. Le cuir est incisé au couteau, repris avec le couteau à modeler qui élargit et adoucit les échancrures, les reliefs sont produits par le couteau à modeler, en reliefs doux, (M. Jolly est arrivé à donner l’ossature et les mobilités presque d’une figure). La ciselure, est plus fréquente dans cet art que le gaufrage, ou l’emploi de vio- lents reliefs, car ce serait une erreur d’esthétique que de compliquer un porte- feuille ou un buvard de saillies, de reliefs qui rendraient ces objets trop unique- ment décoratifs et même empêcheraient d’en faire usage. Et la définition du style moderne n’est-elle pas de rechercher dans l’objet d’abord son caractère d’utilité et ensuite de dégager l’idée de beauté qui y est adéquate, qui y est contenue.

Gustave KAHN

VHOT{LOGEJ{m

M. DUFRÈNE

Pendulette, 235- iv En bronze argenté Hauteur om09

Maurice DUFRÈNE

Pendule, 222- iv Bois sculpté

Applications de métal doré Hauteur om3 1

M. DUFRÈNE

Pendulette, 260-w En bronze argenté Hauteur o"i2

1 a

LA M/H{QllETEJ{JE

es grands maîtres des siècles passés qui usèrent aussi prestigieuse- ment de la marqueterie et dont les œuvres sont aujourd hui si fièvreusement recherchées par les collectionneurs et les musées : les Boulle, les Riesener, les Cressent, les Benneman, les Jacob, les Lieutaud, ont trouvé dans les artistes de la fin du xixe siècle de dignes conti- nuateurs de leur œuvre.

C’est avec les richesses de la marqueterie et grâce à une science incom- parable du coloris que Gallé a fait vivre et palpiter sur ses meubles et ses panneaux toute la flore de Lorraine; il a maintes fois conté lui-même quelle grande tentation exerçait sur lui la nature avec la gamme infinie des bois naturels dont il se sert. Parmi les noms de ceux qui suivirent 1 impulsion donnée par Emile Gallé, il faut nommer Louis Majorelle qui, reprenant la pensée initiale de Gallé, a ajouté au métier de celui-ci des trouvailles savoureuses, des ralfinements dans le mélange des bois comme seuls les connaissent et les pra- tiquent les artistes de l’Extrême-Orient dont l’inspiration semble naître, aux mêmes sources que celle des artistes nancéens. Toute cette pléiade d ouvriers d’art; les Hestaux, les Gruber et d’autres encore ont connu les ressources innombrables de ce joli art de la marqueterie et se sont fait une spécialité dans cette branche de la décoration. Parmi eux Girod excelle à savoir éviter les écueils qui guettent l’artisan, et ce n’est pas un de ses moindres mérites. T rop souvent en effet, nous avons vu le décor prendre la première place au détriment du côté utilitaire du meuble, et c’est un reproche fréquemment adressé au maître poète de la marqueterie moderne. Nous avons ainsi vu construire des meubles des- tinés à porter tel un tableau un panneau en marqueterie et nous avons eu en ce genre d’erreurs dont la liste serait longue : L’armoire Marronniers , la table “Nénuphar ”, la chaise “Pavots” et bien d’autres. Le souci de la décoration

n LA MAT(QIIETET(1E

picturale tournait alors à J absurde, et toute juste proportion entre ce côté décoratif et l’adaptation pratique de l’objet se trouvait oubliée.

Or, est-il besoin de le répéter, c’est dans cette proportion bien entendue que réside la beauté de l’objet usuel ; le côté utilitaire doit primer le côté déco- ratif sans jamais le faire oublier toutefois. L’artisan parfait saura donc concilier ces deux exigences, et ses meubles tout en étant d’un usage pratique, pourront fort bien aussi se distinguer par la beauté d’une marqueterie qui fuit la complexité et la surcharge dans le décor.

Rien, en effet, ne lemplace la beauté d un morceau de bois naturel habile- ment traité et travaillé, et la structure même du bois n’est-elle pas dans sa richesse la marqueterie idéale que l’artiste amoureux de vérité puisse trouver? Cet emploi intelligent des bois naturels ne permettra que mieux d’interrompre les surfaces trop monotones par un sobre décor qui aura d’autant plus d’effet qu’il sera d’une tenue purement stylisée, c’est-à-dire s’appliquant dans ses lignes aux lignes de la construction et complétant ainsi le travail du constructeur au lieu de l’interrompre.

C est de cette façon que la marqueterie a été comprise par les décorateurs de la Maison Moderne, qui sont revenus sous une forme différente à l’esprit de la marqueterie de jadis. Leur domaine s enrichit sans cesse par l’application de nouveaux procédés et l’intervention de matières différentes, telles que le métal par exemple.

Par le rajeunissement et la rénovation de cet art exquis, les mosaïques aux tons clairs viendront merveilleusement jouer leur partie dans la symphonie des couleurs et des formes qui constitue l’intérieur moderne.

H ENR] FRANTZ

LA MJJJiQ'UETEJim

Abel LANDRY 'Boîte 546-w Coffre cadre sculpté avec panneaux en cuir ciselé et teint Le dessus avec incrustations de nacre dans les coins Longueur: o'"40. Largeur: o”25. Hauteur: orajo Clef en cuivre ciselé argenté

Abel LANDRY

Boîte S46-W (Dessus)

2

LA MJI%QUETEL(1E

7V° 123- IV 7V° 1 22*1 V A/° 121- IV

Coupe-papiers en marqueterie.

Maurice BIAIS

A/° 120-lV

Longueur o”35 maximum

Abel LANDRY

Boîte à timbres i5o- îv Bois sculpté; le dessus avec incrustations de métal Longueur omiy Hauteur o"'o7

4

LA ÆAJiQUETEJiJE

L

| Cadre en marqueterie, 12S- iv]

Format cabinet, ouverture o'"09 sur o"'i3

Cadre en marqueterie, 124-w Ouverture om09 sur orai 3

Cadre en marqueterie, i33- iv Ouverture om09 sur o"'i3

Cadres en marqueterie de Maurice BIAIS

2

LJl MJn\OQUmET{JE

F. WALDRAFF

"Bloc-notes, 3236- iv longueur oӔ2

M. DUFRÈNE

Bloc-notes, 3235- iv avec coins en cuivre repousse et argenté longueur o"2j

LA MAJ{OQlimEJilE

3

M. DUFRENE

Bloc-notes, 3233- iv longueur o'"2 3

M. DUFRENE

Bloc-notes, 323^- iv

avec coins en cuivre

repousse et argente longueur om24

WALDRAFF Buvard, Jo/5-iv Buvard, 3oi4-\\ M. DUFRÈNE

hauteur o”35 avec coins argentés, hauteur om33

6

LJl ÆJlT{OQlimEJ{lE

M. DUFRÈNE Musée des Arts Décoratifs, à Paris

Buvard, 3ooi bis- iv, hauteur o"'40 Musée de Zurich, Salon 1901, etc. en cuir repoussé et incisé, les reliefs rehaussés de couleur; coins en cuivre repoussé et argenté

M. DUFRENE

Buvard, n * 3oo2- iv avec coins argentés Hauteur om35

//■

LJl MAROQUINERIE

7

Buvard, 3oo5- iv Hauteur om^o

Maurin gauthjer

Buvard, 3004-w Hauteur om37

Buvard, 3oo6-\\ Hauteur om40

Maurin GAUTHIER

Buvard, 3oo3- iv Hauteur om4Q

LA MATiOQUmTAm

Maurice BIAIS

Buvard, 3oi3- iv initiales facultatives Hauteur om2 8

Buvard, 3on- iv Hauteur om33

Buvard, n 3 008- iv Hauteur om28

Maurice BIAIS

Buvard, 3oio- iv Hauteurs om3o et om33

LA AfAJ{OQlWSIEJ{lE

9

E. DELATRE

'Buvard, 3ooc)- iv Hauteur om2 8

F. WALDRAFF

Buvard, 3 108- iv Hauteur om28

G. LEMMEN

M. DUFRÈNE

Buvard, n°‘ 3ooj-\\ et 3ooy bis-iv Hauteur o'"3 7. Hauteur om2Ô

Buvard, 3ooo- iv Hauteur om^o

16

LJ1 MJJHOQUTjVEJilE

F. WALDRAFF

! Buvard , n 3oij-\\ Hauteur omiè

M. DUFRÈNE

N" 3o95-iv

Hauteur ora22

Ouverture o"’o6 sur o"’o9

F. WALDRAFF

Boîte, 3402-w Longueur om24

M. DUFRÈNE

"Porte-monnaie 333<)-\\r Longueur omi 1

F. WALDRAFF

Buvard, 3ou)-\\ Hauteur o"’2 8

LA MAJ{0QlimEJ{7E

11

N“ 3oc>4-]v

Hauteur om2 5, ouverture o"'o9 sur omj3.

3o93-iv

Hauteur o"’29, ouverture o"o5 sur o"'o8.

3092-iv Hauteur om2 1

ouverture o"'o6 sur om09.

Maurice

N“ 309 1 -iv

Hauteur o"’23, ouverture om09 sur o"'i3. DUFRENE. Cadres en cuir incisé et teint

l h MTmoQumEnm

'Boîte à timbres, 33 97- longucur o”i2, largeur o'

Grande Boîte à photographies ou à bijoux, longueur largeur o "'27

Ces reproductions ayant été faites surtout en vue du dessin, les proportions exactes n'ont pu être toujours gardées dans ces pho- tographies.

Boîte à bijoux, 3/o3- iv mêmes dimensions

Maurice DUFRÈNE

Buvard tampon, 34.b‘]-\\ longueur largeur o'o9

33<)6-\v hauteur omi i

Boîte à jeu, longueur omi2

LA MAT{OQlim'ET\m

Coffret, 33c)C)-\\ , intérieur scie

Coffret, 34.00-w, intérieur soie

Longueur om2 0

Longueur om24

Hauteur omi 8

Hauteur orai4

Largeur omi 5

Maurice DUFRÈNE

Largeur omi4

Tous les cuirs sont exécutes sous la direction du professeur Jolly, chef de nos ateliers. Mé- daille d’argent, (la plus haute récompense pour les meubles en cuir à l’Exposition de 1900).

! Boîte , 33c)5-iv à bijoux ou à photographies Intérieur garni de cuir ou de velours batik Longueur o"'a5

Classeur, 3648-w Longueur om20

Papeterie, 3647-iv Largeur o"'28, profondeur o"'2 1

14

LJt MAT\OQUmBJ{TE

N" 3595-iv Hauteur omi 5

N“ 3594-iv Hauteur o’i 3

N |3 593-1 v Hauteur omi 1

Maurice DUFRÈNE. Poitefeuilles ou Porte-cartes

N 3596-iv Hauteur o"' 1 o

N" 38oo-iv Hauteur omi 1

38o 1 -iv Hauteur o"'i 3

N" 3597-iv Hauteur o”io

N“ 3 1 63-iv Hauteur om2 3

N' 3 i 64-ivj Hauteur om23

N°-3 1 62-iv

hr

Hauteur on,2 3

Maurice DUFRÈNE. Liseuses

LA ÆAJ{OQlimET(lE

3320-iv, hauteur om075

N” 33a3-iv, largeur om09

333o-iv, hauteur o"'o75

3335 -iv, double poche longueur omi i

N” 3333-iv, double poche longueur omi i

Porte- Monnaie de Maurice DUFRÈNE

N 3334-jv, double poche longueur omo8

3328-iv Longueur on'o9

3327-iv hauteur omoy

3334 bis, double poche longueur o"’o8

N’ 3228-iv Longueur o"’i o

LA ÆAKOQlimEJïm

M. DUFRÈNE. Porte-cigares 355y- iv, haut. omi3, larg. om09

M DUFRÈNE 356/- iv, o"’o9 sur o"’o 9 Porte-cigarettes 356^-iv, o"'oc) sur o'”o9 M. Dl REN

Ceinture 3521-

Ceinture n 3323- iv

M. DUFRÈNE. Ceinture 35 22 -iv

Porte-cigarettes, 356 2 -w omo 9 sur omQ9

Poche cigarettes, 3558- iv o"' 1 o sur o"’o8

3559-iv

Ifl CERAMIQUE

est dans les arts du feu, la céramique et la verrerie, plus encore, peut- être dans la céramique, qu’ont été accomplis, depuis les quelques trente ans que la renaissance de l’art décoratif a poussé ses premières fleurs, les plus réels et les plus incontestables progrès. A la curiosité du céramiste, à son appétit de nouveauté, il n’existe, en effet, point de bornes; il peut audacieusement tout tenter, tout oser et tout réussir ; qu’il soulève, plus ou moins haut, un coin du voile, qu’il pénètre, plus ou moins profondément un secret, le mystère de l’élément qu’il cherche à dompter demeure entier, les secrets du feu restent impénétrables, d’où la séduction, le charme infini des arts du feu pour tous les raffinés, pour tous ceux que passionnent justement les hasards et les difficultés d’une réalisation artistique, quelle qu’elle soit. L’intérêt particulier que présentent de plus, à mes yeux, les productions de la céramique réside en ceci que dans aucune autre branche de l ’art appliqué ne s’exprime de façon aussi précise, avec autant de variété et de richesse, le caractère de chaque race. Près des oeuvres de nos potiers, d’un Chaplet, d’un Carrier, d’un Delaherche, d’un Dammouse ou d’un Dalpayrat, regardez celles des Roockwood et des Grueby, des céramistes allemands, finlandais ou belges, des céramistes suédois et danois. Quelle diversité de conception, soit dans la forme, soit dans la couleur, quelle diversité de technique î

J’ai passé récemment de bonnes minutes à étudier, côte à côte, sur les éta- gères et dans les vitrines de la Maison Moderne , les productions d’un Dalpayrat et les productions de la manufacture Bing et Grcendahl de Copenhague. Rien de plus différent, comme chacun sait, rien qui soit l’expression d’une compréhension et d’un usage plus différents des arts du feu ! Ici, chez le potier français, point de décor, ou presque pas, sauf sur ces carreaux de revêtement dont M. Dufrène

LA CÉRAMIQUE

a composé le dessin ; la seule valeur de la matière mise en lumière et considérée, non sans raison, comme un suffisant motif de décoration, et quoi de plus déco- ratif, en effet, que ces colorations sang-de-bœul aux coulées éclatantes ou comme caillées, ces colorations vert de gris tournant parfois à un bleu turquoise fibrillé de rouge, ou piqué d’or comme du lapis ! ici, en vérité, le triomphe de 1 art pour l’art, dans ces carafes, ces vases, ces plats, ces bouteilles de formes absolument simples, comme il convient, mais dont la beauté ne peut être ressentie ou com- prise que par des initiés, une élite.

Là, au contraire, chez les céramistes danois, chez les artistes attachés à la manufacture Bing et Grœndahl, l’épanouissement d’une fantaisie toute printa- nière, une fête de fleurs, d’arabesques joyeuses, de motifs imprévus et naivement raffinés si l’on peut dire, tracés en couleurs charmantes sur les fonds blancs de la porcelaine, blancs de quelles blancheurs miraculeuses ! Et dans cet éclat de neiges septentrionales, soudain, des ressouvenirs des arts de soleil, des échos de l’Egypte, de la Perse et du Japon, étrangement évoqués par des imaginations hantées de l’héroïsme des Sagas et du symbolisme des vieux cultes abolis.

Un exquis sentiment de la nature, avant tout, domine cet art. C est lui qui inspire à ces décorateurs l’emploi de ces couleurs franches, brutales presque parfois, qui nous surprirent si fortement à l’Exposition Universelle, non loin des mièvres tonalités, des fades nuances dont la Manufacture Royale s est fait une spécialité. C’est lui aussi, ce sentiment de la nature, qui apprend à ces déco- rateurs à styliser, avec un tel souci de la forme et du caractère, les formes florales et à reproduire, avec tant d’esprit, de délicatesse et souvent de grandeur, dans de charmantes figurines, les formes animales : singes, canards, biches, martres, hiboux, hippopotames, rhinocéros, éléphants, ours, en leurs attitudes familières, en leurs mouvements caractéristiques.

Délicieuses aussi, ces mignonnes statuettes de femmes que modèle M. Dahl-Jensen ; on dirait d’étranges fleurs balancées sur leur tige par un souffle d’avril. Et comment exprimer le charme de ces vases ouverts ou clos aux ané- mones, aux potentilles, aux fleurs de pommier, aux fleurs d’aubépine, aux gre- nouillets, aux roses trémières ; ici, la forme entière est recouverte de pétales et de feuilles ; là, c’est un motif ornemental en relief distribué logiquement qui décore la surface uniformément blanche.

Mais à côté de ces productions délicates et gracieuses, la manufacture Bing et Grœndahl a créé des pièces de grandiose beauté, de noble caractère. Les compositions allégoriques ou seulement ornementales du peintre 1 . F. Willumsen qui, depuis 1897, en est devenu le directeur artistique, s imposent vraiment à l’admiration. M. Willumsen a créé ce que l’on peut appeler un style en céramique; un style d’une franchise et d'une noblesse toutes particulières. Je veux parler

CÉTiJUmQUE

de ces figures modelées et jolies dont il décore le fond brun mat, ou inversement, de ses vases. Je veux parler aussi de ces ornementations de lignes si simples et si pures dont il possède, avec Th. Bindesboll, le secret; je veux parler encore de ce procédé nouveau par lequel il sertit, comme d’une cloison d’or, des ornements bleus, de deux tons de bleus, sur fond blanc, obtenant ainsi des effets d’un raffinement délicieux.

Sous la direction d’un artiste de cette valeur, le domaine de la céramique s’élargit, en Danemark ; des horizons nouveaux s’ouvrent; les arts du feu, déjà si riches et si féconds, s’orientent, avec l’aide de la science, par des recherches plus précises, vers plus de liberté et d’originalité. Les productions des céramistes septentrionaux sont pleines de leçons utiles et de bons exemples.

Gabriel MOUREY

LES CRISTAUX ET LA VERRERIE

ne petite place, près de la Céramique, a être réservée aux Cristaux et à la Verrerie. La Maison Moderne a demandé à MM. Stumpf, Touvier et Viollet de lui étudier des cristaux de formes inédites et de colorations nouvelles.

La Cristallerie de Pantin a donc créé tout spécialement des pièces dont la photographie ne donne qu’une idée très imparfaite.

Le ton dominant, baptisé aigue-marine, est le bleu-vert avec reflets d’argent et d’or : c’est plus riche que du Bohême et cela ne parodie pas l’inimitable Tiffany.

La Maison Moderne est ainsi arrivée à établir à un prix très modique, non seulement des vases et des coupes à fleurs et à bonbons, mais encore des objets de première nécessité comme des carafons, des gobelets, des salières ; la richesse des couleurs est surtout mise en valeur dans les réservoirs de lampes à pétrole, les globes et tulipes pour l’électricité, enfin les abat-jour.

Pour la cristallerie usuelle, les verres à vins et les verres à liqueurs, des décorateurs connus comme K. Moser et P. Behrens, ont apporté des formes audacieuses, souvent élégantes, qui ne seront pas le moindre attrait d’une table bien servie.

Georges BANS

la céramique

1

Vase en porcelaine ajourée 335-im, hauteur omi3

'

NJ i 385-in,'shauteur omi5 N" î 370-111, hauteur om20

N" 1354-111, hauteur om20

Vases en porcelaine decoree

Vase en porcelaine ajourée 6106-111, hauteur omiy

Manufacture de porcelaines de B7 MG et G1{ŒMDAHL de Copenhague Hors Concours, Vice-Président du Jury, à l’Exposition Universelle de 1900

2

LA CERAMIQUE

1 563-ih, hauteur o“io

1572-111, hauteur omi 1

Figurines et vases de la Manufacture

Mémorandum, «° 1 4 66- 1 1 1 longueur omi6

BJJ\G et GTiŒmtAHL

de

Copenhague

N' 1 56 1-111, hauteur om2o

N‘ 1 338-in, hauteur om23

1 385-ni, hauteur o"1 1 6

LA CÉRAMIQUE

3

DAHL-JENSEN

Statuette, ti° i3c)4- ni

Hauteur totale on'a5

BURGER HARTMANN

Bougeoir, i56o-n\ Hauteur om2 6 sans bougie

Porcelaines blanches de la Manufacture de B7A IG et GJ{ŒJ\D AHL de Copenhague

DAHL-JENSEN

Statuette servant de vide-poches 1349-u Hauteur o"'i8

4

LA CERAMIQUE

N" i 3 6 1 -i 1 1 , hauteur omi3 Porte-montre i3y5-in, hauteur o”i î N” i 363-m, longueur omio

Collection

des

Animaux

en

Porcelaine

Manufacture

de

B7A/G et GT{ŒMDATiL de

Copenhague

1 332-m, hauteur o"'3o

N 1397-111, longueur o"’35

1371-111, longueur om35

LA CERAMIQUE

5

N" 1488-111, hauteur o”io

N" 1562-111, hauteur o”io

N” 1469-111, longueur o”'20

Collection des

animaux en

porcelaine dé-

. ..corée de BTNG et GT{CE'NT>KHL de Copenhague

N" 1589-111, hauteur om36

L’échelle de

ces reproductions

ne correspond

pas aux proportions des objets

N 1398-111, largeur om3o

N" 1 58i-ii, longueur o"'i 6 18

6

LA CÉRAMIQUE

i 325-ni, longueur om45

Manufacture de B1NG et GTiŒJVDAHL

de Copenhague

î 585-ni, hauteur totale om40

1467-111, longueur o"'i 2

Collection des animaux en porcelaine décorée

N" 1 58i-iii, longueur o"'2 1

N“ 1465-111, hauteur o"’i4

Moutardier, n 44^5-ui, haut. omi 4 Poivrier, 4521 -111, haut. omi5 Salie >

Pièces détachées d'un Service de Table Manufacture B1NG et GRCENDHAL de Copenhague

Salière, 4S20- m, haut. omi3

Plumier, 4454-ut, long. om23 Clochette, 453i-ni, haut. omi9 Vide-Poches, 4537-iu, long. om23

A/° j5po-m, longueur omi 1 Bonbonnière, 4544-m, diamètre omi4 A/° 4S32-111, longueur omi2

LA CÉRAMIQUE

la céramique

Maurice DUFRÈNE Lampe, 610- 1 1 1

en grès flammé DALPAYRAT Monture du bec en bronze patiné noir hauteur om40

"Encrier en grès DALPAYJ{JIT, n 6o5-m Monture étain, diamètre omi 1

Abel LANDRY

Encrier en grès, n i55j-\

Monture en cuivre découpé, hauteur c"'i5

"Pot à colle, 595-111 avec pinceau

Grès flammés DALPAYRAT

Encrier en grès, 60c longueur o

Maurice DUFRÈNE

Cachepot, 4-111, hauteur o'"23 Vasque à fruits, 3-i 1 1 , diamètre om44 Vase, 2-111, hauteur om43 Exécutés en grès flammé DALPAYRAT

Musée des Arts Décoratifs, à Paris Musée de Hambourg Musée de Copenhague Musée de Trondjem, etc.

LA CERAMIQUE

V *

cuvette o"’45.

12

LA VEJ{7iEJiJE

Cristallerie de Pantin

Vases en cristal aigue-marine

Y erres de table de T{. MOS'El \

. 'v »• X > , , . •* ,

ifè-**, ** ‘,y «*r\ -

LA CERAMIQUE

' Vases en faïence décorée

'

S r *• u - - -

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ilislï

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SI

1

SCHMIDT-PECHT

LE BIJOU

ous pouvons remarquer qu’à toute époque de floraison d’art, le bijou prend une importance de premier ordre, qu’il sollicite au plus haut point l’imagination des artistes : une époque d’art fortement constituée ne saurait se rencontrer sans que l’on observe aussitôt un très grand souci pour ce qui concerne la parure orfévrée, en particulier la parure féminine.

On peut même dire que grâce à ses attaches très sensibles avec les modes toujours en mouvement, grâce à ce qu’il comporte tout spécialement de fantaisie, de personnalité, de délicatesse, le bijou nous fournit un point de consultation des plus précieux pour nous rendre compte du tour d imagination, des sens de la forme et de la couleur, de l’orientation générale de la recherche, qui caractérisent un cercle d artistes, une sphère de public, un style précis qui s affirme en quelques années et qui est appelé à évoluer à son tour.

Dans 1 actuelle constitution d un art qui se révèle véritablement conforme à nos aspirations latentes, à 1 éducation de notre goût, à nos habitudes de vie, de pensée et de vision, le bijou d’aujourd’hui a su prendre la place qui lui convenait. 11 a revêtu des aspects tout à fait éloquents; en aucun autre domaine des arts appliqués peut-être, la modification des principes, des usages consacrés, des techniques coutumières, n’a été aussi soudaine, aussi complète, aussi résolue et aussi lucide. Et quelles que soient les divergences d esprit qu il est possible d observer entre les artistes qui s’occupent à créer de nouveaux bijoux, on est contraint de reconnaître l’influence prépondérante qu’a prise À\. René Lalique dans cette révolution d’un art spécial, de sentir comment il a libéré 1 inspiration, ouvert à ceux qui viennent après lui le champ libre du sentiment et de 1 interprétation personnels.

U

LE BIJOU

Des artistes comme M. Maurice Dufrène, M. Follot, M. Orazi, chacun avec son tempérament individuel, sa recherche particulière du modèle ou de la coloration, sont venus aussi nous donner des bijoux marqués du caractère très net de notre époque. M. Dufrène et M. Follot usent surtout des combinaisons de formes souples, développent l’arabesque de leur dessin qui ne rappelle que de loin des éléments végétaux, attentifs surtout à ce besoin qui se fait de plus en plus urgent pour nous de lignes aisées et rythmiques, de modelés simples et séduisants par l’enchaînement des formes. Ils ont contribué pour leur grande part à acclimater véritablement le bijou à l’usage journalier, à créer la parure qui s’apparie avec la robe de rue ou de maison, qui participe de ses notes sobres et réservées. Le bijou habituel, voilà avant tout ce qu’il s’agit de chercher aujourd’hui, bien plus que la parure d’apparat : c’est aux choses de 1 intimité que l’on accorde avant tout son attention, et cela pour les objets mêmes qui paraissaient jusqu’ici se rapporter le mieux à la vie de luxe. Cette conception suffit pour en transformer profondément le caractère, pour donner à notre bijou moderne sa marque propre et nouvelle, datant nettement dans 1 évolution

générale des styles.

Gustave SOULIER

4

LJl BIJOUTERIE

j

Maurice

DUFRÈNE

Broches en or, 47-11, 3 améthystes et 2 divines

48-11, 3 améthystes et émaux

Bagues en or, iqi-u opale

K* 194-11

2 opales et 1 saphir

193-11 2 perles et émaux

N" 189-11

3 perles, 1 opale, émaux

Broche en or, 44, -11 2 saphirs et 2 opales

Broche en or, 46-u perles et roses

LA BIJOUTERIE

3

Paul FOLLOT

Peigne argent doré et perles, 5/26-n

Paul FOLLOT

Bpwç/e de çeinture argent doré et olivines, 5o-n

LA BIJOUTERIE

P. .FOLLOT

Peigne, n c 5y- 11 Argent doré et divines

227-lV

228-iv

N" 226-iv

P. FOLLOT

Petidanl or, 58-u

Perles, émeraudes et brillants

Maurice DUFRÈNE Peignes en écaille sculptée

LA BIJOUTERIE

6 34-ii

N" 620-11 640-11

Manuel ORAZ1

Peignes en corne, argent doré et pierres fines

N" 624-11

Nc 638-n

SAINT-YVES

‘Epingle à cha- peau, n° 5/ -n Or et olivines

loreèvrerje

ET TJl BIJOUTERIE

Maurice DUFRÈNE Poignée de canne, ic>5- n

Argent ciselé

N" 218-11 N" 1595-11

Maurice DUFRÈNE

°oignées d’ombrelles et de parapluies , argent

Maurice DUFRÈNE Poignée de carme, ic>o-u

Argent ciselé

Le photographe n’a pas rigoureusement ob- servé les proportions de ces objets. 11 a sur- tout cherché à mettre en valeur les détails.

Maurice DUFRÈNE "Boutons demanchettes 42- 1 Or et émail

roj{FÈyjiEJ{jE

jj

Petite coupe Tijfany, formant baguier ou salière, 3024-111 Monture argent doré de Maurice DUFRENE Longueur totale omi y

Salière Tiffany, Plateau et Cuiller en argent doré, y y 2-11, de Maurice DUFRENE La même salière se fait en cristal aigue-marine

il

L’OJiFEVJïEJilE

VOGLER

Couverts argent, 2y3-n

N" 71 5-n

712-11 716-11 714-11

Service de toilette argent repoussé

7 1 3-n

VOJ{EÈVJ{EJ{JE

SAINT-YVES. Bonbonnières et Boîtes à poudre en argent repoussé. Largeur on,045

Alexandre

CHARPENTIER

Bonbonnières en argent repoussé Largeur om07

A/° 455-n

J\° 4.54-u

Paul FOLLOT

Coffret ou Boîte à cigarettes, i02j-\\ argent repoussé et ciselé avec pierres Longueur omi5, largeur omo8

21

Maurice DUFRÈNE Garniture de bureau en cristal, monture argent ciselé

Essuie-plumes, i3- n Encrier, i5- 11 Plumier, 12- 11 Coupe-papier, i5y3-u Pot à colle, 14-u

Bonbonnière, 225-n Glace de poche 200-n, Flacon à sel, 2o5-ii Bonbonnière, 204-11 Boite à rouge, 197-11

Boîte à houppe, 201-11 Flacon à parfum, 2o5-n Boîte à poudre, 201-11 Flacon à sels, 2o3-n

Maurice DUFRÈNE Maurice DUFRÈNE

Service à vin d "Espagne ; cristal gravé Plateau 28- ni. Carafe ry- 111, Verres 24-111 Monture argent doré

L .fl DENTELLE

’art des dentelles est, essentiellement, un art traditionnel. de l’imagination poétique de quelque artisan de l’antiquité, il s’est transmis à travers les âges à la façon d’un dogme précieux ; et si les âges, en passant, l’ont enrichi, ont développé ses ressources et ses procédés, s’il s’est créé à différentes époques des nouveaux genres de dentelles devenus célèbres sous des appellations diverses, chacun de ces genres n’a fait que devenir à son tour la source d’une tradition nouvelle : ainsi le point de Venise, le point d’Alençon, le point de Chantilly.

L’esprit du public a tellement conscience de ces traditions qu’il s’arrête toujours de préférence aux dentelles anciennes, partageant en ceci la manie étrange de tant d’amateurs, pour qui la valeur augmente à mesure que l’origine recule. Cette façon de voir constitue la plus grossière, la plus absolue négation du progrès, le blasphème le plus immérité contre celui-ci ; c’est du reste à cette erreur du goût, très répandue, on le sait, autant qu’aux innovations et à la concur- rence de l’industrie mécanique, que le beau métier des dentellières a sa déca- dence rapide, et finalement l’insignifiance il était tombé en ces dernières années.

C’était donc faire montre d’une véritable foi artistique, en même temps que d’une grande confiance en le goût des contemporains, que tenter de trouver une nouvelle formule et de préparer de nouvelles gloires à une industrie aussi menacée. A l’époque Félix Aubert se mit à y songer sérieusement, l’idée pouvait paraître encore plus hardie qu’aujourd’hui, d’autres artistes ont commencé d’habituer nos yeux aux rénovations, aux révélations et aux révolu- tions. En Normandie, où, vers i85o, on comptait jusqu’à quarante mille den- tellières, le nombre de ces ouvrières aux doigts de fées était tombé en ces dernières années à quelques centaines ; et la vente était si peu active, la concur- rence des machines si redoutable, que les malheureuses trouvaient à peine le pain quotidien dans la continuation des mêmes travaux qui avaient enrichi leurs aïeules.

]]

LA DENTELLE

En 1 897, Félix Aubert se mit à l’œuvre et créa les premiers modèles de ses dentelles polychromes qui devaient rencontrer un accueil si favorable dans les milieux artistiques, d’abord, dans les musées du monde entier, et après, ce qui valait mieux encore pour leur succès futur, dans une partie de la société mondaine l’élégance ne répudie pas le jugement. En 1898, le gouvernement français offrait à S. M. l’Impératrice de Russie la magnifique écharpe dont les trois mètres carrés de surface ne représentent pas moins de 3ooo journées de travail. C’était consacrer officiellement la magnificence délicate et si féminine des den- telles polychromes de Félix Aubert. Un peu plus tard, S. M. l’Impératrice d’Allemagne leur rendait justice à son tour, en faisant l’acquisition de l’Eventail aux Roses, le plus somptueux sans doute de tous les beaux spécimens qu’on admire à la Maison Moderne.

Au point de vue technique, les dentelles polychromes sont dans la tradi- tion du « Chantilly », quant aux divers points qui les composent. M. F. Aubert en a développé toutes les ressources, et les a en quelque sorte disciplinées en leur faisant interpréter des dessins d’art, avec le concours d’une gamme de coloris délicats dont la richesse égale la variété. Les soies employées sont d’une qualité choisie avec soin pour sa résistance autant que pour sa beauté ; moulinées et teintes au préalable, elles se mélangent suivant un procédé nouveau et breveté. Pour certaines compositions, le mélange des couleurs atteint parfois jusqu’à six tons par brin.

La Maison Moderne a obéi à son programme louable en accueillant, à la suite des travaux de M. Aubert, les œuvres de quelques autres artistes de talent véri- table. Mais elle a tenu avec raison à conserver à la tentative tout son caractère et toute sa signification, en se réservant la collaboration régulière de l’artiste inventeur, non seulement pour les dessins nouveaux, mais aussi pour la direction de la fabrication. C’était bien le meilleur moyen d’assurer, non pas seulement le succès, mais l’avenir des dentelles polychromes, qui resteront parmi les plus belles idées de l’évolution actuelle.

Emile SEDEYN

4

LA DENTELLE

Tzglantines 6o-\ Diamètre o"'45

7 ris, 5^-v Diamètre o'"48

Félix AUBERT. Dentelles pclychrcmes

LA DENTELLE

Félix AUBERT

"Echarpe denlelle polychrome, dessin i68-\

6 LA DENTELLE

7V° 3y-v

J\° y-v

N 4-v

Félix AUBERT Dentelles polychromes

JV° i8y-v

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LJl DENTELLE

Félix AUBERT

Dentelles polychromes

JV3-v

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JV° J2 0C)-V

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TV° 38-v

Félix

Dentelles

AUBERT

polychromes

L A DEMTELLE

LES SOIES TEJWTES

77 5-v, diamètre o”'5o Mm* ORY-ROB1N

"Eventails en soie teinte

N“ 769-v, diamètre om45

N” 770-v, diamètre o"‘45

LES SOIES TEWTES

j3

8ï-v, diamètre o"'45

N" 3oc>, diamètre om5o

N" 768, diamètre om^5 Mm‘ ORY-ROB1N Eventails en soie teinte

TEINTES

LES

SOIES

Mmc ORY-ROB1N

Ombrelle soie teinte, 784-v

M" ORY-ROB1N'

Ombrelle soie teinte, n j86-\

BATIK

T{éticule, 32 38-v

M" ORY-ROB1N

Ombrelle soie teinte, 77-3-v

Les Batiks, étoffés teintes à la main par des ar ' d'après les procèdes des indiens, fournissent une < ration très nouvelle et des tonalités dont la phcograph peut donner une idée exacte. Les Batiks en soie en veli en laine, en coton, sont employés pour tenturs, cous sacs de bonbons, coffrets, etc.

TOUS LES OBJETS REPRO- DUITS DANS CET OU- VRAGE SONT FAITS SUR LES DESSINS DES AR- TISTES ET EXÉCUTÉS, SOIT DANS NOS PROPRES ATELIERS, SOIT DANS LES MANUFACTURES QUI NOUS ONT ASSOCIÉES, SOUS LA SURVEILLANCE DES AUTEURS.

LA MAISON A DES SUC- CURSALES OU DES AGEN- CES A LONDRES, A BUDA- PEST ET A BERLIN-

Documents \

SUR |

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Au XX Siècle j

Le bulletin justificatif du tirage est joint à tous les exemplaires.

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